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RDC-Rwanda : un voisinage ombrageux

Les relations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sont aussi conflictuelles qu’historiques, engluées depuis près de 30 ans dans le contrecoup du génocide rwandais de 1994.

Le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame se sont tendus entre les deux hommes. La question du M23 divise les deux chefs d’Etat et sont déso à couteaux tirés @Photo Droits tiers

publié le 15 juin 2022 à 20:02:51

Migrations

Avant les indépendances, des milliers de paysans rwandais se sont installés dans les collines fertiles du Kivu ou l’ont été par les colons belges (présents au Congo et au “Ruanda-Urundi”), conduisant à l’implantation d’une communauté rwandophone (les “Banyarwanda”, “Banyamulenge”, “Banyabwisha”). Après, chaque crise à connotation ethnique au Rwanda ou au Burundi provoquait une nouvelle vague de réfugiés. De manière récurrente, pour diverses raisons, ces communautés rwandophones ont vu leur nationalité et leur légitimité à vivre sur ses terres remises en cause, les conduisant à créer des milices d’autodéfense.

Génocide rwandais

D’avril à juillet 1994, le génocide au Rwanda fait selon l’ONU 800.000 morts, membres de la minorité tutsi ou hutu modérés, tués par les Forces armées rwandaises (FAR) et les milices extrémistes hutu Interahamwe. Plus d’un million de Rwandais hutu, dont de nombreux auteurs du génocide, se réfugient dans l’est du Zaïre (actuelle RDC) après la prise de pouvoir en juillet à Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par Paul Kagame et dominé par les Tutsi. Le régime de Kigali déplore par la suite des incursions de miliciens sur son territoire, les camps de réfugiés constituent une menace à ses portes, un problème à régler.

Guerres de 1996-1997 et 1998-2003

En 1996, le régime de Mobutu Sese Seko, au pouvoir à Kinshasa depuis 1965 et soutien de l’ancien régime hutu rwandais, est finissant. Après des affrontements entre l’armée et des Banyamulenge, une rébellion activement soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, l’“Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre” (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila, démantèle les camps de réfugiés rwandais hutu et marche sur Kinshasa. En mai 1997, Mobutu chassé, Kabila se proclame chef de l’Etat.

Rapidement, les relations se détériorent entre Kabila – qui sera assassiné en 2001 – et ses anciens alliés. Une nouvelle rébellion soutenue par le Rwanda commence en 1998 dans le Kivu et dégénère en une guerre meurtrière impliquant plusieurs pays africains et des dizaines de groupes armés. Kinshasa accuse le Rwanda d’“agression”, Kigali justifie son intervention par des raisons de “sécurité nationale”.

Le conflit tourne aussi autour du contrôle des ressources minières de la RDC et va jusqu’à opposer le Rwanda et l’Ouganda qui se disputent violemment en 2000 la ville diamantifère de Kisangani.

Fin 2002, un accord de partage du pouvoir est signé à Kinshasa. Officiellement, il n’y a plus de troupes étrangères en RDC, mais les pays voisins seront régulièrement accusés d’y intervenir par groupes rebelles interposés.

CNDP

En 2004, une insurrection commence dans le Sud-Kivu et s’étendra ensuite au Nord, menée par deux officiers dissidents de l’armée, dont le général Laurent Nkunda, issus de l’ex-rébellion pro-rwandaise du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Kinshasa accuse le Rwanda, qui dément, de soutenir les dissidents.

Deux ans plus tard, Nkunda lance son mouvement, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). En 2008, Kinshasa accuse encore une fois Kigali d’envoyer des troupes pour appuyer le CNDP face à l’armée de RDC. Puis l’année suivante, par le biais d’un surprenant retournement d’alliance, des soldats rwandais entrent en RDC, cette fois avec l’accord de Kinshasa, pour y traquer avec l’armée congolaise les rebelles rwandais hutu des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Nkunda est arrêté durant cette opération.

M23

En 2012 apparait en RDC une nouvelle rébellion tutsi, le M23 (“Mouvement du 23 mars”), né d’une mutinerie d’anciens rebelles du CNDP intégrés au sein de l’armée congolaise. Un rapport de l’ONU accuse le Rwanda d’armer ces rebelles. Après avoir occupé plusieurs villes du Nord-Kivu, dont le chef-lieu Goma durant quelques jours, le M23 est vaincu en 2013 par l’armée congolaise et les Casques bleus de l’ONU.

C’est ce mouvement, reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté un accord sur la réinsertion de ses combattants, qui est réapparu en fin d’année dernière et provoque une nouvelle crise entre le Rwanda et la RDC, alors que les relations entre les deux pays s’étaient apaisées depuis l’arrivée au pouvoir à Kinshasa de Félix Tshisekedi, en janvier 2019.

La RDC accuse de nouveau l’armée rwandaise de soutenir le M23 voire de combattre à ses côtés. Ce que Kigali dément, accusant en retour l’armée de RDC de complicité avec les FDLR.

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