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Boxe : “mon défi, c’est d’être champion du monde” (Patrick Mukala)

Il est sorti de l’ombre et s’est révélé au grand public sud-africain et mondial en 2017 à la suite de sa victoire par KO devant le pugiliste ghanéen, Daniel Lartey. Patrick Mukala est un jeune boxeur congolais venu tout droit de la ville de Mbuji-Mayi dans la province du Kasaï oriental, au centre de la République démocratique du Congo.

Par Dan Kalala Kalambay

Le boxeur professionnel congolais, Patrick Mukala, 5 fois champion WBA intercontinental, évoluant en Afrique du Sud @Photo Droits tiers.

publié le 1 mai 2023 à 19:49:45

Après un début très prometteur en amateur, il est entré dans la cour des grands en 2014. Mukala aligne 15 victoires remportées toutes par KO contre 2 défaites concédées sur 17 combats livrés. C’est un jeune homme calme et réfléchi qui a accordé une interview exclusive à Ouragan.cd le dimanche 30 avril 2023 pour retracer son parcours élogieux.

Ouragan.cd : Patrick Mukala, pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Patrick Mukala : Moi, c’est Patrick Mukala, je suis boxeur professionnel congolais évoluant en Afrique du Sud plus précisément à Johannesburg. J’ai débuté ma carrière chez nous en RDC, à Mbuji-Mayi au Kasaï oriental.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire la boxe ?

Tout a commencé à l’école primaire. J’étais le plus fort. Lorsqu’on jouait au bras de fer, je gagnais presque tous mes collègues de classe. Alors deux d’entre eux sont allés s’inscrire à un club de boxe pour devenir mes challengers. Un jour, j’étais assis devant notre magasin et je les ai vus venir vers 17h avec des équipements de boxe. Du coup, ils m’ont dit “Mukala, tu es le plus fort, viens nous rejoindre dans la boxe comme ça, on va commencer à se battre avec des gants au lieu de faire le combat de la rue”. Après, j’avais demandé l’argent à mon père qui voulait juste que je fasse le karaté. Il m’avait remis à l’époque 20$ et j’étais allé prendre l’inscription au Las Vegas boxing club de Mbuji-Mayi. Et j’avais directement débuté avec les entraînements, et trois mois après, j’avais demandé à mon coach le sparring avec mes deux collègues. Un jour, le coach m’appelle et dit : “Patrick, Deo, gants”. Je l’avais mis KO au deuxième round. Il était par terre. J’étais très content de l’avoir battu puisque les deux avaient débuté la boxe bien avant moi. Mais avec mon assiduité, j’ai pu le vaincre. Le deuxième collègue Cédric Bilomba, lui n’avait pas voulu croiser les gants avec moi au regard de ce que j’avais fait à Deo. Après, ils avaient arrêté la boxe pour faire le football et à un moment ils avaient raccroché les crampons. Mais moi, j’ai continué avec la boxe jusqu’à ce jour. En évoluant, j’ai découvert que la boxe me convient. Mon coach amateur, Bebeledou avait découvert en moi un talent inné. Il m’avait beaucoup encadré avec des leçons mais aussi avec des conseils. Il est décédé il y a plus de 7 ans, que son âme repose en paix. Quand j’ai terminé mes études aux humanités, mon papa avait préféré que je fasse l’université mais moi j’avais dit non. Je lui avais dit que je veux aller continuer avec ma carrière de boxe et après je pourrai faire mes études.

Quand est-ce que vous avez décidé de vous lancer dans la boxe professionnelle ?

Je me suis décidé de me lancer dans la boxe professionnelle lorsque j’ai vu que j’étais champion national en amateur à Mbuji-Mayi. J’avais du talent, c’est-à-dire que mes coups de frappe étaient remarquables. Je me suis décidé de venir en Afrique du Sud en 2014 pour m’améliorer afin d’atteindre une autre dimension, un autre niveau. Je voulais beaucoup apprendre et j’avais entamé directement la boxe professionnelle ici.

Quel moment de votre carrière vous a le plus marqué ?

Le moment de ma carrière qui m’a le plus marqué, c’est lorsque j’avais remporté mon premier titre de World Boxing Association (WBA). C’est en ce moment que ma carrière a pris une autre dimension. Mon titre de WBA, je l’ai défendu à cinq reprises et je suis également cinq fois champion WBA intercontinental. Selon les lois du titre, si tu le défends cinq fois donc il devient totalement pour toi et il faut le déclarer vacant. Donc, je détiens mon titre, j’ai ma ceinture mais le titre est déjà vacant. Et donc, le moment qui a vraiment marqué ma carrière, c’est lorsque j’avais gagné mon premier titre en Afrique du Sud, en battant par KO le Ghanéen Daniel Lartey. Il était en ce moment-là un bon boxeur, fort et imbattable mais je l’avais mis par terre au 8e round, il n’avait pas pu continuer. Et j’étais sacré champion intercontinental WBA.

Quels sont les titres que vous avez gagné dans votre carrière ?

J’ai gagné jusque-là qu’un seul titre, le World Boxing Association (WBA). J’ai été champion d’Afrique WBA cinq fois. J’ai défendu la ceinture à cinq reprises et je les ai remportées toutes. En 2018, j’étais sacré à titre honorifique meilleur boxeur de l’année par le Veteran Boxing en Afrique du Sud.

Que pensez-vous de la boxe en République démocratique du Congo ?

La boxe congolaise a encore beaucoup de défis à relever. En guise de comparaison, il y a un grand écart entre la boxe congolaise et celle d’ici en Afrique du Sud. La boxe est une science d’abord, on l’apprend et on l’étudie. Au Congo, nous avons du talent, malheureusement nous manquons de bons encadreurs ou coachs qui ont la connaissance de cette science de la boxe. Chez nous, il y a de bons boxeurs mais il faut des bons coachs qui doivent épanouir leurs pensées. La boxe, étant un sport, exige à chaque fois de penser, même sur le ring face à son adversaire. Je pourrai aussi amener mes idées, je les garde à présent jusqu’au moment où j’aurai la chance de rencontrer le ministre des Sports et loisirs. Je n’ai jamais eu un soutien du gouvernement mais juste que lors de mon récent combat, notre ambassadeur ici en Afrique du Sud était venu me soutenir. Avec sa présence, j’étais tellement content parce que c’était pour la toute première fois. J’ai inscrit mon nom en grand ici en Afrique du Sud voire partout sur le continent africain. Je suis tellement renommé ici, et un bon nombre de mes compatriotes au Congo reconnaissent mon talent. Mais, je suis inquiet de voir que le gouvernement congolais ne me reconnaît pas. Je ne pense même pas qu’au ministère des Sports, on connaît mon nom, pourtant j’ai fait des grands spectacles prodigieux. Chez nous, le sport, ce n’est pas toujours le football, il y a beaucoup de disciplines. Mais on met toujours l’argent dans le football alors qu’il y a d’autres disciplines telles que la boxe, le karaté … Si le gouvernement peut mettre l’argent dans d’autres disciplines en dehors du football, ce sera vraiment encourageant. Aussi de reconnaître ses filles et fils qui font la fierté du pays partout à travers le monde en organisant des cérémonies ou awards chaque année pour les récompenser, cela va les honorer parce qu’ils font la fierté du grand Congo.

Et vos prochains défis sportifs ?

Mes ambitions, c’est d’atteindre le sommet : devenir champion du monde comme mon frère Junior Ilunga Makabu que je côtoie souvent. Nous parlons chaque fois, il m’encourage d’aller de l’avant pour devenir un jour champion du monde. J’ai une très grande vision et beaucoup d’ambitions à travers ce sport. Le défi, c’est d’atteindre le sommet, ce qui n’est pas facile. Mais avec Dieu, tout est possible. Chaque jour, je me sacrifie pour atteindre le sommet en donnant tout ce qui est possible pour y arriver. Je vais y arriver et je dois arriver au sommet. Je crois en Dieu, il me fera grâce et il tracera le chemin.

Selon vous, quelles sont les valeurs véhiculées par la boxe ?

La boxe est avant tout considérée comme un art noble. C’est une discipline sportive, un boulot pour moi. Grâce à ce sport, je prends soin de ma famille, mes parents et moi-même. Ça me rend fier quand je monte sur le ring avec le drapeau de mon pays. Ça me donne tellement de la joie de représenter mon pays partout au monde. Ça m’honore et j’honore aussi mon pays. Bientôt là, je serai aux États-Unis pour un combat mais il y a beaucoup de choses que je dois parler au nouveau ministre des Sports et loisirs. Je ferai de mon mieux pour le voir dans les prochains jours.

Si vous n’étiez pas boxeur, quel métier auriez-vous fait ?

Si je n’étais pas boxeur, je devais être un entrepreneur. Comme j’ai toujours cette ambition, je serai entrepreneur après ma carrière de boxe.

Il y a des gens qui disent que la boxe est un sport dangereux. Quelle est votre opinion ?

Je ne vois pas ce qui est dangereux-là. Il n’y a pas de boulot sans danger. Donc, si tu as peur du danger, tu ne feras rien dans la vie. Il faut toujours avancer avec les défis et voir aussi le point de chute. Ça fait longtemps que je suis dans la boxe, rien de dangereux ne m’est arrivé. On regarde d’abord le bon côté de chaque boulot.

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