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Génocide à Kishishe : 122 cadavres des civils déjà ramassés et enterrés

Les organisations nationales humanitaires et de développement du Nord-Kivu craignent que l’occupation des territoires par le Rwanda via le M23 n’occasionne des tueries massives susceptibles de provoquer un deuxième génocide en Afrique des Grands lacs. Dans une déclaration signée le 30 novembre dernier, elles dénoncent et condamnent le silence de la communauté internationale.

Par Landry Amisi

Des tueries en série contre les Congolais à Kishishe au Nord-Kivu @Photo Droits tiers

publié le 2 décembre 2022 à 06:15:00

Depuis le déclenchement de la répétitive guerre du M23/Alliés, les communautés congolaises de la province du Nord-Kivu en général et celles des zones occupées par le M23/Alliés se font massacrer dans une indifférence coupable de la communauté internationale, dénoncent les organisations nationales humanitaires du Nord-Kivu. “Combien de morts faut-il pour qu’enfin le monde se réveille sur le drame congolais?”, se demandent-elles. Ces humanitaires locaux affirment que des massacres à grande échelle ont été perpétrés à Kishishe, dans le groupement de Tongo, dans la province du Nord-Kivu : “Que de fosses communes!”.

“Kishishe, localité de la collectivité-chefferie de Bwito, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu pour la seule journée de mardi 29 novembre 2022, un impitoyable carnage”, déclarent ces structures locales à vocation humanitaire. “On recense plus de 100 personnes sauvagement massacrées, hommes, femmes et enfants confondus”, disent-elles. Plusieurs acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains viennent alourdir le nombre de leurs collègues déjà tués ou portés disparus, affirment-ils.

Défenseurs des droits de l’homme ciblés par les troupes rwandaises du M23

Les organisations nationales humanitaires et de développement du Nord-Kivu déplorent le caractère sélectif d’accès à l’information et aux alertes dont bénéficient pourtant leurs collègues des organisations internationales et agences du système des Nations unies.

Les humanitaires locaux déplorent un traitement de deux poids deux mesures qui donne souvent l’opportunité aux seuls internationaux d’évacuer leurs personnels des zones en danger laissant les locaux/nationaux à leur triste sort. “Aujourd’hui, on en déplore des tués et disparus et d’autres qui vivent dans la clandestinité s’ils ne sont pas à la merci de la force d’occupation”, déclarent-ils.

La Coordination du Forum des organisations nationales humanitaires et de développement estime que “la RDC fait face à un groupe terroriste qui ne respecte aucun droit en matière de droit de l’homme et droit humanitaire. Il faut donc rester tous unis et solidaires pour pouvoir apporter de l’aide aux sinistrés, survivants, déplacés et même les otages”, déclare la plateforme.

122 corps retrouvés et identifiés à Kishishe

Le bilan des massacres perpétrés par les troupes rwandaises du M23 est très lourd. Kishishe, entité située dans le groupement de Tongo, n’en a pas fini de compter ses morts. Jusqu’à hier jeudi, il a été dénombré et confirmé 122 cadavres des civils déjà ramassés et enterrés dans une fausse commune sur place à Kishishe. Bilan significativement provisoire, conséquence des affrontements de mardi et mercredi entre les rebelles du M23 et les groupes d’autodéfense populaire à Kishishe, rapportent des sources locales. La situation s’empire et les populations sont en débandade. Toujours mercredi, les terroristes du M23 ont fait des nouveaux captifs parmi les jeunes hommes de la contrée. Ils ont arrêté plus de 20 jeunes garçons et quelques vieux hommes qu’ils achemineraient par force à leur position de Rubare. Une source de la société civile affirme que 7 autres jeunes du quartier Kaleberio de la localité de Rubare en groupement de Kisigari, ont été arrêtés et amenés à une destination inconnue. Il s’agirait de la mise à exécution d’un plan de génocide voulu par Kigali.

Des tueries à grande échelle des Congolais

Face à l’énorme pression qu’il subit de la part de la communauté congolaise, le président rwandais a fini par avouer qu’il est le seul capable d’instiguer un ordre de cessation des hostilités au M23. Ce qui a permis à l’ensemble du peuple congolais de confirmer ses soupçons. Pour preuve, le M23 a violé toutes les résolutions des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, de la CEAC, de la CIRGL et de l’ONU. Le M23 est une entreprise au service des découpeurs de la RDC dont le seul commandant attitré s’appelle Paul Kagame. Face à cette réalité, tout acte posé sur le terrain par le M23 doit être pris comme une action assumée du Rwanda et de son président.

Le M23 avait annoncé son plan d’extermination des Congolais

Larwance Kanyuka, porte-parole du M23, avait déclaré le 14 novembre 2022, qu’il amorçait la phase de l’exécution de son job consistant à commettre des tueries massives dans les localités sous son contrôle. “Le M23 avertit la communauté internationale en général et en particulier, les organisations de défense des droits de l’homme et la communauté des humanitaires que la mise en œuvre des conclusions de ladite réunion provoquera, à coup sûr, une crise humanitaire jamais connue dans la Région des Grands lacs d’Afrique”, indiquait le groupe terroriste M23 faisant allusion à la préparation de grandes offensives contre les Forces armées de la République démocratique du Congo. Le M23 prétendait dénoncer une rencontre de commandement offensif du dimanche 13 novembre 2022 dernier à Kanyaruchinya par des officiers FARDC. D’où la question de savoir pourquoi le M23 avait-il fait allusion à une crise humanitaire “jamais connue” dans la région des Grands lacs. Astuce destinée à préparer ses partenaires occidentaux de l’ampleur du drame humanitaire et de génocide qu’ils s’apprêtaient à mettre en exécution.

La communauté internationale cherche des alibis d’un génocide en RDC

A l’issue de sa visite officielle en République démocratique du Congo du 10 au 13 novembre 2022, la conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, Alice Wairimu Nderitu, s’est dit profondément alarmée par l’escalade de la violence dans la région des Grands lacs où un génocide – le génocide de 1994 contre les tutsis au Rwanda – a eu lieu. “La violence actuelle est un signal d’alarme de la fragilité de la société et la preuve de la présence persistante des conditions qui ont permis à la haine et à la violence à grande échelle d’éclater en un génocide dans le passé”, a-t-elle déclaré. La conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, Alice Wairimu Nderitu a malheureusement fait un diagnostic raté sachant de manière documentée que seul le Rwanda travaille pour réveiller des pratiques génocidaires dans la région. Sa visite fait suite à une mission technique de son Bureau qui a établi que les indicateurs et les déclencheurs contenus dans le Cadre d’analyse des Nations unies pour les crimes d’atrocité étaient présents en RDC, notamment la diffusion de discours de haine et l’absence de mécanismes indépendants pour y répondre, la politisation de l’identité, la prolifération des milices locales et d’autres groupes armés dans le pays, les attaques généralisées et systématiques, y compris les violences sexuelles, contre les Banyamulenge en particulier, en raison de leur appartenance ethnique et de leur allégeance supposée aux pays voisins, et les tensions entre groupes. Une lecture totalement biaisée de la géopolitique des Grands lacs où seule la République démocratique du Congo tolère la coexistence pacifique entre communautés. Ni au Rwanda, ni au Burundi, ni en Ouganda moins encore en Tanzanie ou au Kenya l’on ne retrouve des Congolais intégrés dans les administrations publiques. Or, en République démocratique du Congo, toutes les nationalités y coopèrent. “Le discours de haine que semble craindre Kigali est un alibi pour perpétrer le génocide en RDC”, réagit un leader Maï-Maï de Lubero, dans le Nord-Kivu.

Timide condamnation de l’Union européenne

Jean-Marc Châtaigner, ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo, a réagi jeudi pour condamner les tueries en grand nombre dans la zone. “Rapports très inquiétants d’un grand nombre de civils tués ces derniers jours dans le Rutshuru, au Nord-Kivu. Ces actions pourraient s’apparenter à des crimes de guerre. Appel à l’arrêt immédiat des hostilités et au respect du droit international humanitaire”, a-t-il déclaré sur Twitter. Une réaction qui a suscité de nombreuses interprétations de la population congolaise en général et de l’élite intellectuelle en particulier.

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