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Expobéton 2022 : sévère diagnostic d’une ville de Kinshasa qui se meurt

La sixième édition Expobéton 2022 se clôture samedi à Kinshasa. L’atelier est un cadre d’échanges qui gravite autour de cinq piliers pour rebâtir la ville de Kinshasa à l’horizon 2036. A savoir l’administration, l’éducation et la santé, les transports et la mobilité, l’aménagement urbain et les infrastructures ainsi que les normes et standards.

Par Richard Ntumba

Jean Bamanisa, le président du comité organisateur de l’Expobéton sixième édition, Gentiny Ngobila, le gouverneur aux côtés du chef de l’État, Félix Tshisekedi à l’ouverture des travaux @Photo Droits tiers

publié le 2 décembre 2022 à 13:06:02

“En 2050, Kinshasa sera l’une des villes les plus peuplées d’Afrique. Cependant, sa superposition et le manque d’infrastructures ne repondent pas à sa croissance démographique”, a souligné à l’ouverture des travaux devant le président Félix Tshisekedi, Jean Bamanisa, le président du comité d’organisation du Forum. Bamanisa a expliqué que Kinshasa est une ville, une capitale et au même moment un siège administratif. “La justaposition ou la superposition ne permet pas sa bonne gestion”, a-t-il démontré. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, des bouchons désastreux se vivent au quotidien non seulement à cause de l’incivisme des conducteurs, mais également des infrastructures qui ne répondent pas à la croissance démographique de la ville.

A l’occasion, le gouverneur de l’Ituri a annoncé qu’Expobéton va promouvoir la formation des urbanistes pour résoudre certains problèmes auxquels font face la ville. Bamanisa estime aussi qu’il faut “mettre fin à la superposition des régies financières nationale et provinciale et la défiscalisation des matériaux de production des bétons”.

A la défensive pour sa gestion décriée de la ville, le chef de l’exécutif provincial, Gentiny Ngobila a réprouvé le fait que la ville soit exclue du processus d’acquisition des terres. Pour lui, le désordre foncier que l’on constate dans la ville est l’œuvre de l’exécutif national ou du gouvernement de la République à travers le ministère des Affaires foncières. Il souhaite qu’on implique la ville dans la gestion du foncier. Le Gouv ajoute que “les érosions, inondations, le refoulement des eaux des rivières et du fleuve sont, à ses yeux, la conséquence de l’occupation anarchique des terres telle que pratiquée par le ministère des Affaires foncières”.

Faisant le diagnostic de la capitale congolaise, le caucus des sénateurs de Kinshasa a épinglé la succession sans succès, des plans de l’aménagement urbain de Kinshasa. Rappelant les recommandations de leurs vacances parlementaires, les élus de Kinshasa affirment  que la capitale se défait année après année, sous les yeux des dirigeants qui ne mettent pas en place une  politique de recomposition et de renouvellement urbain en vue d’une reconstruction de la ville de Kinshasa.

“Les plans de l’aménagement urbain de Kinshasa se succèdent sans résultats et laissent Kinshasa aujourd’hui se défaire année après année sous nos yeux. L’ancienne ville de Kinshasa est aujourd’hui un monstre urbain, sans cadastre ni plan de développement. Kinshasa est aujourd’hui devenue le prototype d’une ville en urbanisation anarchique. L’administration a perdu tout contrôle de lotissement, une ville livrée à elle-même, des lotissements anarchiques et clandestins poussent partout. Une ville d’une insalubrité quasi-sauvage, exposant ainsi les lieux de vie des Kinois aux érosions, aux inondations et glissement de terrain que nous vivons tous les jours”, s’est indigné le rapporteur du caucus. Et de poursuivre que “Kinshasa ne peut plus se permettre ce laisser-aller qui couvre toutes les institutions ainsi que les autorités. La population est victime répétitive des inondations et des multiples problèmes sociaux, chaque institution de la République doit prendre ses responsabilités pour changer de manière décisive le destin de la capitale de la République démocratique du Congo”.

Pertinent dans son intervention, Didier Mumengi, le président du caucus des sénateurs de Kinshasa a rappelé que les problèmes auxquels fait face la mégapole aujourd’hui, sont liés au manque de planification urbaine opérationnelle et surtout au laisser-aller des autorités de la ville. Quant à la solution aux problèmes d’embouteillages au centre-ville, il a proposé la construction dans toutes les communes, de bonnes écoles de même type que celles se trouvant à Gombe. Cela pourrait, selon lui, réduire sensiblement le problème des bouchons dans la capitale. En plus, il prône l’instauration de péage aux portes de la Gombe pour décourager l’usage des véhicules individuels, l’installation d’un système de parking payant, la fin du monocentrisme de la ville, la dématérialisation d’accès au carburant ainsi que l’utilisation du transport fluvial avec des bateaux-taxi, bateaux-bus. Dans sa réflexion, Mumengi estime qu’il faut faire de la Fikin, le centre-ville de Kinshasa à cause de sa position géo-stratégique au cœur de la capitale.

A la Chambre haute, on insiste sur des actions concrètes à mener rapidement pour sortir Kinshasa de son image de village. “Il faut maintenant agir et plus vite”. Devant le chef de l’État, le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo a été tranchant. “Il faut revêtir Kinshasa de sa plus belle robe d’antan”. Il a recommandé la prise en compte de différents plans d’aménagement datant de l’ancienne époque jusqu’à ce jour. Le Sénat, a-t-il insisté, a dépassé l’étape de constatation, de dénonciation. Bahati souhaite que des études sérieuses soient menées pour que la ville change rapidement de visage.

Quatre jours durant, plusieurs personnalités de secteurs différents sont au chevet d’une ville frappée par les catastrophes : les constructions anarchiques, les inondations, l’insalubrité et problèmes de drainage d’eau… .

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