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CENI : Kadima plus impopulaire que Nangaa (Sondage/BERCI)

Des chiffres qui traduisent l’état d’esprit général de la population congolaise au sujet de la commission électorale nationale indépendante (CENI). 21 provinces sur 26 n’acceptent pas l’actuelle administration électorale congolaise pilotée par Denis Kadima Kazadi.

Par Kokolo Jean

Denis Kadima est très impopulaire que son prédécesseur, Corneille Nangaa. Très contestée par la population, l’équipe Kadima risque de produire des élections bâclées. @ Photo Droits tiers

publié le 2 septembre 2022 à 18:38:17

Il s’agit de la deuxième enquête d’opinion nationale menée conjointement entre le Bureau d’études, de recherches, et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York. Une première en association avec Ebuteli, partenaire de recherche du GEC en RD-Congo», qui présentent un tableau général des intentions d’appréciation de la gouvernance politique, parlementaire et électorale de la République démocratique du Congo. Les enquêteurs révèlent que “le présent sondage a été réalisé du 25 février au 7 juin 2022 auprès de 5.512 personnes âgées de 18 ans et plus et a concerné 493 sites d’enquêtes répartis dans les 26 provinces du pays”. Pour atteindre les 469 emplacements géographiques différents ciblés, 500 collectivités ou unités d’échantillonnage primaire (UAP) ont été sélectionnées, soit “182 quartiers urbains et 318 collectivités locales ou village, au hasard à l’aide de la méthode PPT”, indique l’enquête. Le taux de réponse a été de 97,5%, disent les enquêteurs. D’après les conclusions dudit sondage, “le fonctionnement actuel des institutions de la République démocratique du Congo ne satisfait pas les Congolais“.

Les Congolais se méfient globalement de la CENI

Comme l’indiquait une note thématique précédant le rapport de sondage et publiée le 10 août, le déficit de confiance à l’égard de la commission électorale (CENI) est alarmant. D’après le Bureau d’études, de recherches, et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York, “seulement 39 % des Congolais sondés affirment avoir confiance dans la CENI pour organiser des électons de manière crédibe, libre et transparente”.

En 2016, lorsque le gouvernement était fortement contesté et le processus électoral compromis par des irrégularités, le chiffre était plus élevé jusqu’à 46,5 %, décrit le sondage. “Aujourd’hui, 12 provinces sur 26 affichent une opinion défavorable envers la CENI; 6 provinces s’abstiennent de tout commentaire et observent des sérieux doutes quant à la crédibilité de l’institution de gestion des élections et 9 provinces seulement donnent moyennement un avis favorable ou accordent une intention positive à la CENI”, note le rapport final du sondage. Ce qui, après analyse, permet de déduire que 21 provinces sur 26 n’acceptent pas l’actuelle administration électorale congolaise pilotée par Denis Kadima Kazadi. Des chiffres qui devraient inquiéter à la fois le président de la République, les deux Chambres du Parlement, la Cour constitutionnelle, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les partis politiques, la société civile et même les confessions religieuses en tant qu’entités les plus concernées par la mise en place et la crédibilité de la CENI.

Contestation de la CENI partout au pays

Si les acteurs politiques défilent à la centrale électorale congolaise en signe de soutien, c’est d’abord puisque la plupart pensent dès à présent à une nouvelle entreprise de distribution irrégulière des résultats électoraux. Beaucoup pensent qu’au regard de la machine à forcer observée tout au long du processus de désignation des animateurs de la CENI, il en sera de même pour l’organisation, la tenue des scrutins et la proclamation des résultats des votes. Ce qui est loin de contenir l’état d’esprit globalement contestataire des citoyens. Après analyse des résultats du sondage du Bureau d’études, de recherches, et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York, “il s’avère que seules deux provinces du Grand Kasaï, le Bas-Uélé, le Haut-Katanga et une partie de l’Équateur, seraient partagées entre le soutien ou l’acceptation de la CENI en tant qu’institution d’appui à la démocratie chargée d’organiser les élections générales en République démocratique du Congo et le recul pour plusieurs évidences”. Le Kasaï central affiche 86,4% d’intentions favorables à la CENI suivi du Bas-Uélé, 84,0%, du Kasaï : 74,0%, du Haut-Katanga: 73,1%, la Tshuapa avec 64,0%, l’Équateur avec 58,1%, la Lomami (46,4%) le Kongo central et Kwango, tous les deux avec 39,0%. Or, “en démocratie électorale, les 10% (pourcent) de voix discordantes contre la centrale électorale sont constitutifs d’une crise électorale susceptible d’entraîner des tensions post-électorale sérieuses”. Ce qui laisse peser de fortes inquiétudes quant à la sérénité qui devrait régner sur l’ensemble du territoire national tout au long du processus électoral.

Le très contesté Corneille Nangaa plus populaire que Denis Kadima

En analysant les résultats du sondage du Bureau d’études, de recherches, et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York, il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi de l’obstination de l’équipe Kadima à vouloir organiser les élections par défi alors que l’opinion générale n’approuve pas sa démarche organisationnelle des élections nationales. Si la province du Haut Lomami présente 68% d’opinion défavorable à la CENI, le Maniema de Matata Ponyo, Ramazani Shadary et Salomon Idi Kalonda vomit cruellement la CENI à hauteur de 66% d’opinion défavorable. Il en est de même du Sankuru avec 60,6%, de la capitale Kinshasa de Martin Fayulu, de Félix Tshisekedi, de Jean-Pierre Bemba – 58,3% des électeurs refusent de coopérer avec l’actuelle CENI, du Kwilu dont 50,3% des personnes se méfient de Kadima et son équipe, du Tanganyika de Zoé Kabila dont 45,9% d’opinion défavorable à la centrale électorale, du Sud-Kivu de Denis Mukwege, Vital Kamerhe et Néhémie Mwilanya qui rejette la CENI à hauteur de 45,4%, du Haut-Uélé de Corneille Nangaa, André Lite et de Geneviève Inagosi présente 42% d’opinion défavorable, le Nord-Ubangi avec 41,5%, l’Ituri avec 38%, le Kwango : 40,6%, Kasaï oriental : 40,5% et la province du Maï-Ndombe : 40,3%. “Un très mauvais signe pour une administration électorale censée corriger les erreurs de 2018 qui collent à la réputation de notre démocratie”, sous le label de la quête de la “vérité des urnes”. Le même sondage évoque des opinions réservées non moins critiques à l’égard de la CENI. “Ce sont des abstentionistes qui se recrutent principalement dans la province de la Tshopo où 78,2% des personnes tournent le dos à la CENI et au processus électoral par manque de clarté organisationnelle”. La Mongala s’abstiendrait à hauteur de 65% d’opinion, le Maï Ndombe : 50%, le Haut-Uélé: 41,4%, l’Ituri : 17% et la province de l’Équateur avec 15,8%. “A une année du délai constitutionnel des élections, rien n’indique que la CENI pourrait remonter la barre des contestations pré-électorales massives qui se présentent à la nation”. D’après le sondage, Denis Kadima, le nouveau président de la CENI, est plus impopulaire avec plus de 42 % d’opinions défavorabes que son prédécesseur Corneille Nangaa (38 %) en 2016.

Un sondage très suivi par les puissances occidentales

À bien observer les organisations qui viennent de réaliser cette précieuse enquête sur les opinions en République démocratique du Congo, il y a lieu de retenir qu’au vu de la crédibilité des données collectées et la pertinence des résultats présentés, cette étude constitue un outil d’évaluation de la période qui précède les grandes échéances électorales de 2023. Le sondage du Bureau d’études, de recherches, et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York, mettent clairement la puce à l’oreille des dirigeants congolais quant à l’urgence de réévaluer le processus électoral, ses débuts tumultueux et très polémiques et les possibilités d’en envisager de meilleures perspectives. “La question fondamentale reste celle de savoir comment articuler l’option du glissement de calendrier électoral dans un contexte de totale méfiance entre la CENI et la population, la CENI et les partis politiques, la CENI et la société civile”. Si la majorité présidentielle s’accroche à faire avancer le processus sans consensus, alors nous assisterons à des élections contestées avant la publication du calendrier électoral.


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