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“20 ans de marche sur les oeufs”, Innocent Olenga immortalise sa plume

Pas que sa belle plume mais aussi sa splendide voix qui nous réveillait chaque matin. Avec son timbre vocal particulier, il officiait les 6h00, 07h00 et 8h00 de la Radio onusienne.

Par Jeanric Umande

Le journaliste Innocent Olenga lors du baptême de son livre “20 ans de marche sur les oeufs” le samedi 23 juillet 2022 à Kinshasa @Photo Ouragan.cd

publié le 28 juillet 2022 à 19:34:01

Grâce à son talent, Olenga s’imposa aux éditions culte. D’ailleurs, c’est sa voix qui annonca aux millions d’auditeurs le 02 juin 2010 aux premières heures, la mort de l’ex-militant des droits de l’homme, Floribert Chebeya. Les médias nationaux et internationaux relayèrent la nouvelle. Un record d’audience. Cette célèbre annonce des titres de son journal parlé est reprise au début du film documentaire “L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ?” du cinéaste belge, Thierry Michel. La séquence (avec la voix d’Olenga), on l’écoutera à jamais parcequ’elle est liée à l’histoire de la marche démocratique du Congo-Kinshasa.

Un livre plein d’anecdotes

20 ans de marche sur les œufs. Le parcours de combattant d’un journaliste congolais », publié aux éditions Edilivre en France et porté sur les fonts baptismaux le samedi 23 juillet 2022, à Kinshasa plonge les lecteurs dans la vie du journaliste Innoncent Olenga Lumbahee. Ses 27 ans de métier, il les raconte dans 336 pages dans cet ouvrage préfacé par Tshivis Tshivuadi, le secrétaire général de l’Ong “Journaliste en Danger (JED). Le livre est un témoignage sur lui-même et sur le métier de journaliste dans son cher pays.

Le titre est aussi évocateur que son contenu accrocheur. Quand on y entre, on ne quitte plus. Les épisodes passionnants s’enchaînent. Olenga relate l’expérience d’un journaliste au parcours atypique. Dans sa peau d’écrivain, il fait revivre aux lecteurs les récits les plus marquants de sa riche carrière. L’auteur retrace de bout en bout son parcours professionnel dans la presse. De la Radio- télévison Kasaï Horizons, en passant par la Radio-télé Kananga-Malandji, la Radio-télé Amazone, le journal L’Observateur, le journal Le Sampeur-pompier et enfin la renommée Radio Okapi. Professionnel tout craché, Olenga a vécu des beaux mais surtout des pires moments de sa carrière. Des brimades, arrestations et intimidations, il les a subies et vécues dans sa chair. Mais jamais, il n’a cédé. Sa force de caractère est inégalée. Il l’a rappelé à haute voix. Ce livre est un “souvenir qu’il lègue aux chercheurs sur la défense et la promotion de la liberté de la presse”, aux passionnés de la lecture pour un plus de savoir sur l’exercice du métier de journaliste en République démocratique du Congo, “mais surtout aux jeunes et futurs journalistes qui embrasseront ce métier qui m’a pris presque la moitié de ma vie, à la date de la dernière touche de sa rédaction”.

Un vrai téméraire

De la recension de cet ouvrage faite par le brillant Bienvenu Bakumanya de l’Agence France-presse, on retient que devant les faits, cet ancien de l’Ifasic n’édulcore rien. A son passage à la KHRT à Kananga, il a eu un courage exceptionnel d’annoncer la relégation de feu Étienne Tshisekedi à Mupompa, son village natal. Pareil courage, il fallait être d’une autre planète, pas vraiment du Congo de Kabila père. Des zelés du régime ont envoyé des malabars le happer au studio. En pleine animation d’une émission de détente musicale, Olenga fit sorti du local ceinturé comme un malfrat. A la question lui demandée sur les motivations de la diffusion de cette sensible information, le journaliste botta en touche. En réalité, il sait que la première sécurité d’un journaliste, c’est d’abord lui-même. Il sait mesurer le risque dans des pays à démocratie expérimentale. Lui-même le dit. Le journaliste a l’obligation de s’éviter la foudre pour ne pas partir en martyr de lors que la société a encore besoin de lui. Intelligent devant ses bourreaux, il s’en sortira indemne. Nulle part après la fouille, par les éléments de la police, le papier sur l’info de Mumpopa n’a été repéré. Toujours prudent et expérimenté, il avait pris soin de le subtiliser avant.

Autre exemple de ce professionnel au courage exceptionnel, c’est son toupet de proposer, défendre et diffuser sur les antennes de la Radio Okapi contre la ligne éditoriale tacite des Nations unies, une information contredisant Mary Robinson (première femme présidente d’Irlande 1990 -1997, Haute commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de 1997 à 2002), l’ancienne envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, sur un rapport documenté des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en RDC. Il l’a jugé tronqué. Personne à la radio, même l’ancien directeur Amadou Ba, n’avait eu cette audace de s’avancer sur ce terrain rocailleux qui pouvait lui attirer les ennuis. Mais tenace, lui l’a fait.

A Kampala, ses deux sons de cloche

Envoyé spécial de Radio Okapi dans la capitale ougandaise lors des négociations gouvernement – M23 ayant abouti à la signature de l’accord cadre d’Addis-Abeba dont la rébellion pro-rwandaise exhume les revendications aujourd’hui, il était le rare, si pas le seul journaliste congolais présent à donner la parole aux rebelles en version croisée avec les délégués du pouvoir. Il l’a fait au nom de l’équilibre de l’information. Mais, c’était à ses risques et périls parce que le chef des renseignements de l’époque, Kalev Mutond n’épargnait aucun journaliste qui tencait le régime même ceux de la Radio Okapi. Pour preuve, il ordonnait parfois la coupure du signal de Radio Okapi bien que parrainée par l’ONU. Olenga ironise dans son récit que “la très célèbre Radio Okapi, présentée comme bien des Nations unies, donc intouchable, a connu des durs moments jusqu’à voir son signal brouillé ou coupé. Il fallait être à l’intérieur de la structure, pour vivre et sentir les pressions exercées par l’ancien patron Kalev Mutond de l’Agence nationale des renseignements sur cette radio, pour s’en rendre compte”. Bref, tous ces exemples démontrent que par sa témérité de fois mesurée, dans son souci de vouloir mieux informer, l’auteur inspire de modèle aujourd’hui aux jeunes journalistes.

Un livre qui inspire

Très impressionné par la richesse de cette œuvre d’esprit, le professeur Emmanuel Kabongo, a, au nom du préfacier, attiré l’attention des jeunes journalistes congolais sur la nécessité d’écrire des ouvrages sur eux-mêmes et sur leur métier. Il a rappelé que “toutes les anecdotes évoquées, les différents récits peuvent aider les jeunes journalistes congolais à ne pas céder à la facilité et/ou aux intimidations. Même parole répétée par Me Nico Lianza, le directeur de cabinet du ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya qui a baptisé le livre. Son message a été une simple interpellation. “Que l’écriture ne reste plus derrière les rédactions, que l’écriture soit la voie de l’expression, de la competence. Que ce livre nous enseigne encore davantage”. Lors du vernissage de son premier bébé “20 ans de marche sur les eoufs. Parcours d’un journaliste congolais”, l’auteur a annoncé déjà un deuxième livre en chantier. Il s’agit de “RDC : Tous les “i” sont-ils chez nous ?”.

Innocent Olenga et Scooprdc.net

Animé par le souci de présenter autrement les faits en dehors de tout diktat hiérarchique, Olenga décide de quitter la Radio Okapi où il touchait 3.000 dollars. De la pure folie pour les uns mais pour lui, c’était la libération, l’affranchissement. Il voulait aller au-delà d’une minute, d’une minute 30 des simples reportages radiophoniques habituels des journaux parlés, pour creuser davantage l’info. Et ce style a accroché. En peu de temps, Scooprdc.net s’est imposé avec cette identité toute particulière. C’est la fouille, le traitement pointilleux de l’info. Le genre journalistique de Scooprdc diffère de la marmaille de médias congolais. Scoop creuse, relève des éléments cachés. Bref, il s’essaie bien dans l’investigation malgré les maigres moyens et le difficile contexte congolais réputé hostile aux enquêtes journalistiques. En fait, les investigations, c’est le point fort d’Olengha, sa marque de fabrique, sa démarcation, pour dire que c’est dans son ADN. Depuis les années Okapi, il se distinguait par le traitement des grands dossiers. Média en ligne d’investigation de par sa vocation, filiale du groupe Groukam, Scooprdc.net a soufflé aussi sur ses cinq bougies. Une belle coïncidence avec le baptême de son ouvrage. Tout un événement. Le boss de cet empire d’entreprises n’est autre qu’un jeune surdoué né Karel Duran Olenga “Kami” pour les intimes, le fils aîné et la fierté de son père (Innocent Olenga) et de la famille. L’histoire de la création de Scooprdc renseigne que c’est bien lui “Karel” qui avait convaincu son père de quitter la radio onusienne pour se consacrer à sa propre œuvre. “Alors que je travaillais à la Radio Okapi, c’est lui qui me demandera de démissionner, estimant que je pouvais faire mieux dans mon propre entrepreneuriat que d’être employé. Dans sa logique, nous devrions travailler dans notre propre entreprise qu’il était en train de créer GROUKAM ( Groupe Kami Multimédias – aujourd’hui un fleuron dans le secteur qui gère plusieurs sites)”, a témoigné le père de son fils.

Créé le 22 juillet 2017, Scoprdc.net est un média d’informations générales, d’analyses et d’opinions. Cinq ans après avoir vu le jour, les admirateurs du journaliste Olengha à Radio Okapi redevenus lecteurs de Scooprdc.net se flattent d’avoir un média qui leur donne toutes les facettes d’une information bien sourcée avec une titraille hors pair. Titraille, c’est l’autre spécialité de ce média en ligne véritablement non aligné. Preuve du travail bien fait, Scooprdc.net pointe dans le top 5 des médias en ligne les plus lus et les plus visités en RDC, selon le classement d’Alexa.com, un site de monitoring d’audience des sites web dans le monde. “Nous faisons de notre mieux pour maintenir le cap en restant dans nos principes d’aller toujours au-delà de l’information”, a-t-il conclu.


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