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Sarkozy, les raisons de se méfier

Surmené par les crises sociales chaque jour débordantes en France et ses marges de manœuvre peu crédibles, Emmanuel Macron passe le relais à l’un de ses prédécesseurs à l’Elysée en la personne de Nicolas Sarkozy. Une personnalité à la réputation dangereuse qui n’a pas hésité en 2019, à soulever l’idée diabolique du « partage des richesses avec le Rwanda ».

Nicolas Sarkozy, ancien président français arrivé mercredi à Kinshasa @Photo Droits tiers.

publié le 24 mars 2023 à 06:15:00

Sarkozy et Macron sont les deux faces d’une même pièce, deux frères siamois où l’on a l’impression de déshabiller Saint Paul pour habiller Saint-Pierre. Ses attaches avec Paul Kagame sont plus vieilles par rapport à Emmanuel Macron. Sarkozy est un gendarme du monde qui conserve la même vision sur la RDC, selon laquelle il faudra récompenser les agresseurs du Congo-Kinshasa, après tant de crimes et massacres inaudibles.

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Déjà, une polémique s’est invitée à l’arrivée de l’ancien chef de l’Etat français à Kinshasa. La porte-parole du président de la République, Tina Salama bondit sur Twitter qu’il n’existe aucun projet de médiation dans l’agression rwandaise qui serait confié à Nicolas Sarkozy. “La venue dans notre pays de l’ancien président français n’est aucunement à l’initiative du président de la RDC”, a-t-elle affirmé. Et de renchérir qu’“il n’existe aucun projet de médiation dans l’agression rwandaise qui serait confié à Nicolas Sarkozy”. « Cela étant », a-t-elle ajouté, le président Tshisekedi “sera ravi de le recevoir lors de sa visite privée à Kinshasa”. Selon une source aéroportuaire, Nicolas Sarkozy est arrivé peu avant 17h à l’aéroport international de Ndjili, à bord d’un vol spécial en provenance de Paris.

Un partenaire imprévisible

C’est sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012) que la France et le Rwanda s’étaient officiellement réconciliés, après les accusations de « complicité » de génocide portées par Kigali à l’encontre de Paris pour son soutien au régime hutu rwandais responsable de la mort en 1994 de 800.000 personnes, essentiellement des Tutsi. Nicolas Sarkozy avait reconnu en 2010 de « graves erreurs d’appréciation » et une « forme d’aveuglement » de la France. Le 16 février 2009, au Palais du Peuple de Kinshasa, l’ex-président Sarkozy va s’embarquer dans une grandiloquence incendiaire. Certains passages de son discours prononcé le 16 janvier, à l’occasion des vœux au corps diplomatique, soulevèrent une vive polémique à Kinshasa lorsqu’il aborda “la question de l’avenir du Rwanda avec lequel la France a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite. Cela pose la question de la République démocratique du Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières”. Sarkozy poursuivra son raisonnement en expliquant qu’“Il faudra bien qu’à un moment ou à un autre, il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel, mais un dialogue structurel” entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. C’est là qu’interviendra cette question de Nicolas Sarkozy : “Comment, dans cette région du monde, on partage l’espace, on partage les richesses”.

Par cette communication ténébreuse, Nicolas Sarkozy avait blessé l’âme congolaise symbolisée par l’unité nationale, la souveraineté de la RDC, son intégrité territoriale et l’intangibilité de ses frontières. À l’époque, l’ancien président français tenta de raccommoder plus malignement ses dires sans vraiment convaincre. C’était le premier échec public du forcing pour plus de territorialité rwandaise en RDC. 14 ans après, la France reprend du service et semble prendre le gouvernail de la stabilisation d’un conflit cinquantenaire.

Macron-Sarkozy, même style, même approche…

Dans ses explications de 2009, l’ancien président français rappelait que la France a toujours été, et “elle restera toujours un allié fidèle de la République démocratique du Congo”. Elle l’a été tout au long des années de transition ; elle l’a été chaque fois que l’unité du Congo a été menacée, avait-il déclaré assurant que l’Hexagone cherche à aider le Congo à sortir de l’instabilité, à retrouver la paix et la stabilité. “Je constate une chose : aujourd’hui, en dépit de tous les efforts accomplis, la paix ne s’est pas encore imposée au Congo et dans la région”, avait-il fait observer. Et les victimes, ce sont toujours les civils innocents des provinces orientales du Congo. “Ces souffrances doivent cesser”, disait l’ancien président français. Pour le Sarkozy de 2009, tous les Congolais ont droit à la paix et à la stabilité. La RDC a besoin de se développer – dans l’est comme dans toutes les provinces du pays -, de faire fructifier les richesses qui lui appartiennent, de prendre son avenir en main plutôt que de subir des guerres injustes et injustifiables. “Le temps est venu de tourner la page de ces quinze dernières années”, haussait-il le ton, comme pour se donner un élan de solutionner la crise. Il y a 14 ans, Sarkozy se posait les mêmes questions que se pose encore Emmanuel Macron de nos jours. Alors je m’interroge, se plaisait-il de déclarer, “faut-il faire plus ? Faut-il faire mieux ? Faut-il faire autrement ?”.

Sarkozy repoussait les polémiques suscitées par son discours officialiser de la balkanisation de la République démocratique du Congo. “Je voudrais souligner quelques idées simples. Il y a des principes sacrés : la souveraineté de la RDC, le respect de son intégrité territoriale, l’intangibilité de ses frontières. La France s’est toujours battue pour ces principes. Ce n’est pas avec moi que cela changera. Il y aussi une évidence : la RDC, c’est le cœur même de l’Afrique, autour duquel le continent s’articule. Ses richesses potentielles sont immenses et pourtant, les Congolais n’en profitent pas, ou pas assez. Je suis désolé de vous le dire, mais quelque chose ne tourne pas rond”, avait-il interpellé, presque en des termes identiques qu’Emmanuel Macron.

Une visite facilitée par Dati et Budimbu

Selon la lettre d’information Africa Intelligence, qui a révélé ce déplacement “censé rester confidentiel”, Félix Tshisekedi aurait sollicité l’ex-président français “pour faciliter une amorce de dialogue” avec le président rwandais Paul Kagame, “dont Nicolas Sarkozy est proche”. Le chef de l’État congolais espère également que l’ancien président français, qui avait lancé le rapprochement entre Paris et Kigali, pourra relayer son message auprès d’Emmanuel Macron. En visite le 4 mars à Kinshasa, dernière étape d’une tournée en Afrique centrale, Macron n’avait pas clairement condamné le Rwanda, comme le lui demandaient les Congolais, mais lancé de fermes mises en garde, y compris à Kigali. Depuis le début de la crise avec Kigali, de nombreuses médiations ont été amorcées par l’Union africaine et l’East African Community (EAC), ainsi que par de nombreuses capitales africaines. La plupart d’entre elles se poursuivent sans résultat concluant, poussant l’exécutif congolais à trouver de nouveaux canaux de diplomatie partielle.

Ce déplacement a été facilité par Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux française et actuelle maire du 7 arrondissement de Paris, et Didier Budimbu, le ministre des Hydrocarbures. Ce dernier avait d’ailleurs rendu visite à Nicolas Sarkozy en septembre 2022. Rachida Dati, qui est également avocate, avait été mandatée par le ministre pour conseiller Kinshasa dans le cadre de l’offensive judiciaire contre le milliardaire israélien Dan Gertler, visé par des sanctions américaines, en vue de récupérer les blocs I et II du lac Albert. Pour préparer la venue de Nicolas Sarkozy, son ancien conseiller diplomatique, Pierre Régent, s’est rendu en éclaireur dans la capitale congolaise 24 heures plus tôt.

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Le chef de l’épiscopat congolais, Mgr Marcel Utembi a suggéré l’introduction d’une prière spéciale pour la paix à la fin de chaque messe à partir du deuxième dimanche de carême. L’initiative vise à mobiliser les fidèles dans une démarche de prière et de réflexion au regard de la situation qui prévaut dans l’est du pays.

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