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Mafia à la SNEL, Kapiamba affirme détenir des preuves

Il faudrait que le train de vie des mandataires de la Société nationale d’électricité (SNEL) soit mis sous haute surveillance. Dans un entretien avec Ouragan.cd, le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) propose que chaque fois qu’il sera constaté un signe d’enrichissement illicite, une enquête approfondie soit déclenchée pour connaître l’origine des moyens employés. Georges Kapiamba exhorte les nouveaux mandataires de la SNEL à corriger le système de gestion interne, à assainir le système de gestion et à promouvoir un climat de transparence dans la conduite de l’entreprise.

Par Jeanric Umande

Me Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice @Photo Ouragan.cd.

publié le 15 novembre 2022 à 07:27:00

Me Georges Kapiamba vous êtes président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice, vous avez mené pendant deux ans une enquête à la SNEL et en conclusion, vous parlez de l’existence d’une mafia. Pourquoi la mafia à la SNEL? Quelles sont les preuves que vous détenez pour arriver à une si grave conclusion ?

Georges Kapiamba : La maffia à la SNEL date de plusieurs années. Elle a prospéré à cause de l’impunité dont les mandataires, auteurs et complices, ont bénéficié durant toutes ces années. Nous détenons plusieurs preuves et les avons déjà partagées avec la justice. Il s’agit principalement des contrats de gré à gré, des correspondances internes de la SNEL et des témoignages fiables.

Votre enquête charge les mandataires sortants pourtant la justice a accordé à l’un d’eux, la liberté provisoire, c’est un message. N’êtes-vous pas sur une mauvaise piste ?

Nous étions surpris d’apprendre cette liberté provisoire scandaleuse, discriminatoire et précipitée; et nous l’avons dénoncée et espérons que le Bureau du Conseil supérieur de la magistrature ne restera pas indifférent vis-à-vis de ces énièmes actes de traîtrise de la part de certains magistrats qui ne travaillent que pour leurs intérêts égoïstes.

On accuse l’IGF de bloquer la gestion de la SNEL en refusant de payer certaines dettes en contrepartie des services bénéficiaires par l’entreprise ?

Ce sont de fausses accusations. A notre connaissance, il s’agit des dettes fantaisistes et montées de toutes pièces pour procurer des avantages indus à un groupe d’individus. Nous soutenons la fermeté de l’IGF.

Et le cas de la société Olive Heath Consulting PTY Limited, société de droit sud-africain à qui la SNEL doit 1.652.569 USD pour les soins médicaux que les cadres et agents ont bénéficié pendant une année. Ne mérite-t-elle pas d’être payée ?

Georges Kapiamba : Nous nous en tenons à la position de l’IGF.

La conséquence est là. Depuis le 8 novembre 2022, tous les comptes de la SNEL sont saisis. Cela ne risque-t-il pas d’aggraver la situation ?

Les nouveaux mandataires de la SNEL doivent mener des démarches qui s’imposent pour faire lever ces saisies. C’est leur devoir et ils devront écarter de ce dossier les personnes qui ont participé au montage de cette dette dont l’IGF conteste le fondement.

Avez-vous versé les preuves de vos enquêtes à la justice pour l’éclairer davantage ?

Bien sûr. L’ACAJ collabore toujours avec la justice dans sa mission de lutte contre la corruption sous toutes ses formes.

Comment arrêter le détournement de fonds au sein de cette entreprise ?

Il faudrait que l’IGF et la Cour des comptes y maintiennent une présence accrue. Que le contrôle de sa gestion financière soit placée sous mode patrouille financière développée par l’IGF.

Avez-vous foi que la SNEL minée par des dettes peut répondre à sa mission vis-à-vis du peuple congolais ?

Si les dirigeants actuels travaillent conformément aux règles de la bonne gouvernance et les organes de contrôle l’IGF et la Cour des comptes y maintiennent des contrôles permanent. En plus de ça, il faudrait que le train de vie de ses mandataires soit placé sous surveillance et que chaque fois qu’il sera constaté un signe d’enrichissement illicite qu’une enquête approfondie soit déclenchée pour connaître l’origine des moyens employés.

Georges Kapiamba, je vous remercie.

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