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Kinshasa projette de doubler son PIB nominal dès l’année prochaine

Le gouvernement a prévu pour l’exercice 2023 un taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 6,7 % et un PIB nominal de 151.553,4 milliards de nos francs, soit plus de deux fois mieux qu’il y a 5 ans, quand Félix Tshisekedi accédait à la magistrature suprême.

Par Nadine Kingombe

La RDC n’en tire pas profit, Le drapeau de la RDC @Photo Droits tiers

publié le 25 novembre 2022 à 10:32:59

Ce qui augurerait une embellie de l’activité économique courant 2023. Mais certains experts sont sceptiques. Ils estiment, en effet, que les prévisions d’accroissement du PIB nominal ne se traduisent pas en termes d’augmentation des recettes, et en dépit de la progression programmée des recettes, 29.520,9 milliards de FC, le volume reste faible par rapport au potentiel fiscal qui serait, au bas mot, de 20 milliards de dollars, selon les estimations, en 2018, d’Augustin Matata Ponyo Mapon, ex-Premier ministre.

Cette faiblesse s’explique en partie par les dépenses fiscales, les exonérations fantaisistes et les faiblesses des administrations et institutions publiques. À propos, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) note que ses contre-performances s’expliquent notamment par la non-renonciation par l’État de la prise en charge de la fiscalité pétrolière, la non-perception du montant du stock de sécurité émargeant dans la structure des prix des produits pétroliers comme droits d’accises, l’accroissement du volume des exonérations.

Autres griefs, la porosité des frontières à la base de la fraude douanière, l’immixtion dans les opérations de dédouanement des services non habilités à prester aux frontières, la récurrente question de la mise à jour du tarif des droits et taxes à l’importation et à l’exportation en vue de l’adapter aux dispositions du nouveau code des accises.

Ratio moyen impôt-PIB

Par ailleurs, la Banque mondiale soutient que la faible mobilisation des recettes intérieures est la conséquence des déficiences structurelles liées à l’inadéquation de la politique fiscale et non-fiscale en place et à la faible capacité de l’administration fiscale. Elle ajoute que le principal défi des politiques fiscales en République démocratique du Congo a trait à la faible élasticité de leur rendement par rapport aux activités économiques sous-jacentes.

Le niveau des recettes publiques de la RDC comparé à une dizaine des pays du continent en voie d’intégrer les États à revenu intermédiaire, reste relativement faible et en dessous du ratio moyen impôt-PIB (pression fiscale) comparé aux pays africains sus-évoqués. Cette faiblesse des recettes ne permet pas de soutenir la mise en œuvre des politiques publiques telles qu’exprimées dans les prévisions budgétaires depuis 2019 et surtout pour les secteurs sensibles. Il s’agit notamment, en matière de dépenses, d’investir dans les secteurs porteurs de croissance, notamment l’énergie et l’agriculture afin de diversifier l’économie, de revoir à la hausse la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État, de rembourser la dette publique ou encore de poursuivre la mise en œuvre des réformes engagées concernant, notamment celle de l’administration (rajeunissement, installation effective des structures à compétences transversales, maîtrise des effectifs et de la masse salariale), et celle liée au basculement vers le budget-programme.

Par ailleurs, si les dépenses courantes sont en progression, celles liées aux investissements sont, par contre, en pratique, en régression autant que celles de transfert et d’intervention de l’État, notamment en faveur des provinces et des entités territoriales décentralisées (ETD). Les dépenses d’équipement n’ont guère été au diapason des prévisions budgétaires tandis que les institutions politiques, notamment la présidence de la République, la primature, etc. se voient doter en prévisions de plus de 80 % des crédits sollicités. Pour mémoire, le Produit intérieur brut (PIB) se compose de la production intérieure brute augmentée de la valeur ajoutée du secteur non marchand et conventionnellement valorisées par les charges du personnel des administrations et des services domestiques. Il s’agit donc de la richesse créée par l’économie au cours de l’année.

Alors que le PIB nominal ou PIB réel (ou en volume ou encore à prix constants) est la valeur du PIB tenant compte des variations de prix, c’est-à-dire de l’inflation. Le PIB réel a l’avantage de ne mesurer que les variations à la hausse et à la baisse dans le volume (les quantités) de la production de biens et de services.

En effet, en observant uniquement le PIB en valeur (ou nominal ou à prix courants), on ne peut déterminer si la hausse de cet indicateur provient d’une hausse des prix, d’une hausse de la production ou dans quelles proportions ces deux variations se combinent.

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