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“Il faut sphyxier économiquement le Rwanda” (Patrick Bala Malemba)

Réagissant aux propos de Vincent Biruta qui a reconnu pour la toute première fois la présence des troupes rwandaises en territoire congolais, le docteur Patrick Bala Malemba, premier coordonnateur et président du Conseil des sages de l’Union sacrée de la nation au Nord-Kivu, recommande au pouvoir central de Kinshasa d’annuler tous les accords avec Kigali, à défaut de lui faire une guerre généralisée d’occupation de son territoire.

Par Dan Kalala Kalambay

Le docteur Patrick Bala Malemba, premier coordonnateur et président du Conseil des sages de l’Union sacrée de la nation dans la province du Nord-Kivu @Photo Droits tiers

publié le 13 août 2022 à 03:01:00

Des réactions sévères fusent depuis la diffusion par RFI de l’interview du ministre rwandais des Affaires étrangères. Le docteur Patrick Bala Malemba, premier coordonnateur provincial, actuellement président du Conseil des sages de l’Union sacrée de la nation au Nord-Kivu, se félicite que Paul Kagame ait reconnu publiquement de manière implicite, “qu’il nous a fait la guerre depuis longtemps et aujourd’hui sous le label du M23, Il a occasionné beaucoup de morts”. L’ayant ainsi reconnu, dit-il, “Paul Kagame doit être reconnu coupable de 12 millions des Congolais morts pendant les guerres initiées et exécutées par lui en République démocratique du Congo”. Il doit être reconnu responsable “du génocide congolais”, souligne Patrick Bala Malemba.

Traduire Kagame en justice, annuler tous les contrats, fermer les frontières

Patrick Bala qui a déjà été enlevé par des services rwandais pour ses opinions anti-Kagame sur les médias, puis libéré sur intervention de Kinshasa en juin dernier, pense que les Congolais doivent s’assumer. “Nous devons nous assumer comme État souverain, indépendant et libre. Changer de fusil d’épaule. Cette fois-ci, il faudrait passer par des sanctions immédiates. Que devons-nous faire immédiatement en tant que pays souverain, exiger le retrait des RDF du sol congolais”, propose-t-il. Au plan économique, le président du comité des sages de l’Union sacrée/Nord-Kivu mène la barre plus haut en suggérant “l’annulation pure et simple de tous les contrats ou les accords avec le Rwanda et la fermeture très rapide des frontières entre la RDC et le Rwanda”, a-t-il soutenu.

Comme mesure supplémentaire destinée à asphyxier le Rwanda, “Patrick Bala Malemba demande à Kinshasa d’activer l’ouverture d’un tribunal pénal international pour juger tous les actes de génocide, crimes de guerre, crimes économiques en République démocratique du Congo”. Des sanctions doivent prioritairement cibler le président du Rwanda, Paul Kagame considéré comme principal commanditaire des crimes graves en République démocratique du Congo. “Il doit être traduit devant les cours et tribunaux, le cas de la CPI, pour crimes de guerre, crimes de génocide et crimes économiques”, insiste sérieusement le haut cadre du régime Tshisekedi.

Le Rwanda a pillé des ressources et détruit les infrastructures congolaises

M. Bala Malemba prend aux mots le ministre rwandais des Affaires étrangères, Vincent Biruta, reconnaissant l’agression de la RDC par son pays, pour exiger des sévères réparations de la part du Rwanda. “Le Rwanda est en train de reconnaître qu’il a détruit plusieurs infrastructures en République démocratique du Congo et il reconnaît implicitement qu’il est l’auteur des pillages des ressources naturelles de la République démocratique du Congo”. Kigali doit payer la facture de ses agressions répétées sur le territoire congolais, estime-t-il. Le haut cadre USN pense que “la RDC doit asphyxier économiquement le Rwanda, car, tonne-t-il, il faut que le Rwanda nous respecte”.

La diplomatie Tshisekedi a permis de faire sortir le Rwanda de ses malignités et de ses cachotteries, ajoute Patrick Bala qui souligne que “c’est nous qui devons l’imposer, soit par des sanctions économiques, soit une guerre de colonisation et d’annexion du Rwanda comme 146ème province de la République démocratique du Congo”. En ce moment là, a-t-il déclaré, on va taire toutes ces polémiques.

Le Rwanda cherche les FDLR, la RDC cherche les criminels cachés au Rwanda, le cas de Nkunda

Bala se veut réaliste. Pour le président du comité des sages de l’Union sacrée/Nord-Kivu, “l’alibi rwandais sur les FDLR est faible. Il est démodé et a déjà expiré”. Car les FDLR, en réalité, n’existent plus. Il soutient que “la plupart des FDLR qui sont rentrés au Rwanda, ont été recyclés par Paul Kagame pour ensuite être reversés chez nous en RDC afin de nous déstabiliser”, révèle-t-il. Les raisons avancées par le Rwanda ne tiennent pas la route, explique-t-il. “La raison de la guerre que nous mène le pays de Kagame, n’est pas la déstabilisation du Rwanda, mais plutôt un problème d’espace, un problème de nos ressources naturelles. “Là qu’on ne nous amène pas sur ce terrain. C’est à nous de pouvoir changer de cap, changer de posture pour pouvoir contraindre monsieur Kagame”, insiste ce cadre influent de la majorité présidentielle. Il rappelle la nécessité pour les Congolais de comprendre que “le M23, le CNDP, plusieurs de ces criminels se trouvent encore au Rwanda. Si Kagame trouve que nous pouvons entrer au Rwanda pour qu’on aille y chercher tous ces criminels du CNDP, tous ces criminels du RCD qui se retrouvent là, cas de Laurent Nkunda, qu’ils acceptent que ça soit alors réciproque. Je pense que c’est dans cette optique que nous devons nous prendre comme Congolais. Nous disons que nous sommes un peuple souverain, qu’on laisse tomber ce que dit Paul Kagame. Kagame c’est qui, le Rwanda c’est quoi ?”, s’insurge encore Patrick Bala Malemba contre les discours internationalement pompeux du gouvernement rwandais.

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