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Barrage de Katende : l’étrange découverte de Jules Alingete à Lubumbashi

L’Inspection générale des finances (IGF) a retrouvé, il y a peu, à Lubumbashi (Haut-Katanga), quelque 65 conteneurs abandonnés depuis plus de 5 ans et remplis d’équipements et divers matériels destinés au projet de barrage hydroélectrique de Katende, dans le Kasaï.

Par Pold Levi Maweja

Jules Alingete Key, l’inspecteur général des finances, chef de service @Photo droits tiers.

publié le 17 mars 2023 à 05:49:00

Menée par le chef de service, en personne, Jules Alingete, la patrouille financière de l’IGF a fait une découverte qui étale toute désinvolture dans la gestion de la chose publique par le précédent régime. Dix-neuf conteneurs remplis des matériels d’équipements ont d’abord été découverts totalement délaissés dans un entrepôt dans la capitale provinciale du Haut-Katanga. De fil en aiguille, les limiers de Jules Alingete, tels les incorruptibles à la recherche de Dilinger, tombent sur 46 autres conteneurs bien garnis d’équipements devant servir au même projet. Selon les informations recueillies par l’IGF, ces caisses moisissent, depuis 2015, au terminal de la Société nationale de chemin de fer (SNCC) de Lubumbashi.

L’IGF s’en remet, après la mise à nu de ces faits, à la justice pour établir les responsabilités et « dénicher les mafieux qui lorgnent derrière la construction du barrage de Katende, car il en va de l’intérêt national ». Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, avait rappelé, lors de sa communication au cours de la 77e réunion du Conseil des ministres, que les travaux de la centrale hydroélectrique de Katende devraient impérativement être relancés sans tarder, et achevés dans un délai raisonnable. La simple volonté du chef de l’État suffira-t-elle ? L’on peut s’imaginer que les 65 conteneurs sont restés à Lubumbashi faute de frais de douane ou ferroutage jusqu’à Katende par la SNCC. En réalité, si du temps de Joseph Kabila, Katende a été délaissé comme la centrale de Tshala (région de Mbuji-Mayi) au profit de Mobayi dans l’Équateur, sous Mobutu, elle a été visiblement débranchée financièrement par les proches de Fatshi.

Six millions $US détournés devant Fatshi

L’opinion se souviendra de l’émoi à haute voix du chef de l’État devant le chantier de Katende, lors de son dernier périple en 2022 chez les siens “Mashi a mumenu”. Mais six millions $US venaient d’être décaissés pour ce projet, s’est écrié Félix Tshisekedi. Exactement. Mais ces six millions ont servi plutôt à entretenir le train de vie de personnes qui se sont subtilisées à la SNEL SA, la société publique, dans le projet Katende.

Selon ce document émanant du ministère du Budget, par titre des crédits de l’exercice 2021, il se trouve qu’une une cellule – non autrement identifiée – de coordination de construction de Katende et de Kakobola (ce projet dans l’ex-Bandundu) a bénéficié d’un financement de près de 3, 5 millions de $US.

La cellule a bénéficié de quatre véhicules tout-terrain Toyota Land Cruiser pour près de 50.000 $US/pièce. D’autres dépenses, la construction d’un camp de vie pour les exploitants de la centrale hydroélectrique de Katende, pour environ 305.000 $US, l’adduction et l’alimentation de l’eau potable dans le camp précité pour un peu plus de 100.000 $US. Les conseillers surdoués et infatués du collège ECOFIN à la présidence de la République ne l’avaient jamais dit au président de la République.

Il n’a donc jamais été question d’acheter ne serait-ce qu’un mètre de câble pour le projet. Quant au reste, plus de 2 millions de $US, les bénéficiaires auront du mal à le justifier sinon se complaire à avancer un justificatif passe-partout, imaginé non sans ironie, du temps du Zaïre : « frais généraux ». Incroyable, mais vrai…

L’Inspection générale des Finances a du pain sur la planche

« Le président de la République a été victime de montages financiers attrape-nigaud », commente un proche du milieu. « Tout ce qui a été fait avec cet argent, c’est juste le désherbage et le remplacement des batteries d’engins roulants », s’est surpris le président tout en s’interrogeant sur l’absence de la SNEL à Katende, visiblement, le président n’aurait pas l’information selon laquelle, le projet Katende, 64 MW, est le fruit d’une coopération entre le Congo et l’Inde. Pourtant en 2018, le ministre indien des Affaires extérieures, Chandra Prakash, en compagnie de Rosette Mossi, l’ambassadrice du Congo à New Delhi, a fait le déplacement de Kinshasa pour manifester la volonté des autorités indiennes de poursuivre les travaux de construction du barrage de Katende avec une société du secteur public indien, LPCC, en remplacement de la firme privée indienne Angelic International. Il est prévu la construction d’au moins deux lignes pour le transport de l’énergie électrique. La première ligne, longue de 130 km, va relier Kananga à Mbuji-Mayi. Longue de 30 km, la seconde ligne reliera Kananga et Bunkonde, une localité du territoire de Dibaya, toujours dans la province du Kasaï central.

Douze ans d’inertie

Selon l’accord de financement signé le 11 juillet 2011, à Kananga, par les gouvernements congolais et indien, le coût initial des travaux est de 280 millions de $US dont 60% apportés par Exim Bank of India. Pour relancer les travaux, le Congo devrait apporter une contrepartie de 10 millions de $US… depuis 2018. Rien n’est venu si ce n’est que Patrice Kitebi Kibol M’Vul, l’alors trop puissant directeur général du FPI, préfère financer le marché de « l’étude des travaux d’érection de la centrale photovoltaïque » à Tshipuka, dans la chefferie de Bakwa Kalonji, dans le territoire de Tshilenge, au Kasaï oriental. Le marché est attribué de gré à gré aux firmes égyptiennes Hassan Alam Construction, HAC, et Power Generation Engineering and Services Company, PGESCO, pour un montant que seul le FPI pourrait, sait-on jamais, déclarer à l’Inspection générale des Finances. Les deux sociétés remportent aussi le marché de construction de ladite centrale pour 19.720.000 de $US sur financement du FPI.

Dans la foulée, de gré à gré, le Fonds de promotion de l’Industrie attribue un autre marché appelé « l’étude des travaux d’érection de la centrale hydroélectrique de Tshibasa » à une entreprise kosovare Grand International Grup LLC, illustre inconnu quand le président a dit sa décision de faire des R-dCongolais des millionnaires.

Nul doute que Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo n’a pas été mis au courant de tous ces projets parallèles à Katende, qui, au bas mot, auront déjà englouti, 50 millions de $US.

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