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50 ans de l’AICA/RDC : un appel à la relève par la jeunesse

L’Association internationale des critiques d’arts/République démocratique du Congo a soufflé sur ses 50 bougies depuis sa création. La cérémonie a eu lieu dans la salle de promotion de l’Académie des beaux-arts à Kinshasa. A l’occasion, le président de cette association scientifique, Bruno Ilunga Musanga a lancé un appel à la jeunesse afin d’assurer la relève pour une critique d’arts plus prolifique.

Par Saint Hervé M’Buy

Hommage aux bâtisseurs de l’AICA @Photo Ouragan.cd

publié le 21 septembre 2022 à 14:10:49

A l’occasion des festivités de 50 ans de l’AICA, différents orateurs ont avancé plusieurs perspectives à Ouragan.cd pour le renforcement de cette institution dans la sphère culturelle congolaise. Le président de l’AICA, Bruno Ilunga a déploré le fait que l’effectif des membres de son association se soit effrité avec le temps. Il est devenu plus que nécessaire à ce niveau de former la jeunesse. “Nous sommes devenus très peu nombreux. Il y a plusieurs avec qui nous avons commencé, d’autres sont malades. Il y a ceux-là qui sont décédés. Et maintenant notre cercle de réflexion, est resté avec très peu de membres qui sont assidus. Nous sommes aujourd’hui à cinq alors qu’à l’époque nous étions nombreux…”, a déploré Bruno Ilunga, avant de renchérir sur la critique elle-même qu’ avec des artistes, la présence de l’AICA est effective. Et que les artistes reconnaissent et sollicitent souvent l’apport des critiques d’arts à l’occasion des vernissages, des formations dans leurs ateliers. L’apport des critiques d’arts se révèle non négligeable dans les productions des supports de communication des artistes en termes d’enrichissements (pro folio, catalogues et dépliants). Et dans les médias, les critiques d’arts s’illustrent par leurs interventions à la grande joie du public. “Les artistes pensent et créent mais ils n’écrivent pas. Il revient à nous, critiques d’arts, d’apporter des notes explicatives. Nous comptons sur la relève de la jeunesse. Nous ne pouvons pas nous éterniser à l’AICA. Que la jeunesse vienne pour que nous puissions la former. Ceux qui ont la sensibilité à parler de l’art, sont les bienvenus dans notre association scientifique”, a martelé le critique d’arts, Bruno Ilunga.

Hommage aux bâtisseurs de l’AICA/RDC

Je suis très fier de ses 50 ans d’existence de l’AICA. L’Académie est ce qu’elle est par l’existence de l’AICA, par l’esprit critique qui l’anime. Bien sûr, il reste beaucoup de choses à faire. C’est une structure qui vous rappelle le mot critique lui-même, ce cours de critique d’arts même dispensé à l’Académie qui vous rappelle qu’on ne doit pas pratiquer l’art sans le recul ; On ne peut pas pratiquer l’art sans se rassurer que nous appliquions les règles qui pourront faire en sorte que les œuvres que nous produisons, soient des vrais terrains de communication. Je suis très heureux et je revois encore beaucoup d’images parce que j’ai connu beaucoup de grands critiques d’arts qui sont des bâtisseurs…, a indiqué le directeur général de l’Académie des beaux-arts, docteur Henri Kalama Alulez.

En termes de témoignages, le sculpteur maître Kamanda Ntumba revient sur l’âge de l’AICA en tant secrétaire général honoraire. “C’est vraiment un témoignage émouvant parce que l’AICA fête ses 50 ans mais dans les 50 ans, moi j’en compte 40. 40 ans de pratique de la culture d’arts ; 40 ans en tant que membre de l’AICA/RDC, ça fait beaucoup de souvenirs. Tout ce monde qui a été cité lors de cette commémoration, qui a été à la base de la création de cette association, les frères Corneille, Musangi Temo, Badibanga, Bamba Ndombasi ont été des gens que j’ai connus, qui m’ont encadré et pour lesquels je garde un grand souvenir…”, a témoigné maitre Kamanda. Il n’a pas manqué sous sa mandature la commémoration du grand jubilé des 50 ans de carrière de maitre Lufwa Mawidi, sans compter la production de plusieurs publications des critique d’arts particulièrement des professeurs Musangi Ntemo et Bamba Ndombasi.

A l’époque, Me Kamanda a contribué dans la publication de plusieurs articles sur les colonnes de la revue “L’œil du critique”. Un outil qui a façonné plusieurs artistes et a permis l’évolution de la littérature critique en RDC. Dans l’AICA/RDC, témoigne Me Kamanda, il y a eu des journalistes critiques d’arts comme Ntumba Kieko, Nzuzi Nzita, N’kieri Ngunia Wawa, Hemedi Mwana Mboyo, Wamushala Kamba et autres. Me Kamanda est installé voici 17 ans à Brazzaville en République du Congo ou il évolue en tant que sculpteur et enseignant à l’Académie des arts du Congo (ex-Académie des beaux-arts de Brazzaville et à l’université Denis Sassou Nguesso). Il a été invité lors de ces festivités de 50 ans de l’AICA à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa.

Le rôle d’un critique d’arts …

D’après Bruno Ilunga,  le rôle d’un critique d’arts, c’est de promouvoir l’œuvre. L’artiste a travaillé mais beaucoup de gens n’ont pas le langage artistique. Le critique d’arts vulgarise. Il apporte un changement dans le travail de l’artiste. Il fait une deuxième lecture de l’œuvre de l’artiste. Si on ne parle pas de l’artiste. Il ne se renouvèle pas…le critique booste l’artiste à travailler davantage. Et quant au professeur Henri Kalama, en tant qu’artiste peintre, il a témoigné qu’il a le cours de critique d’arts par le professeur Musangi Ntemo. “Un pratiquant des techniques artisanales sans le critique n’est qu’un artisan. Parce qu’être artiste suppose avoir une dose de critique, notamment dans le choix des éléments, donc des indices phénoménologiques, pour savoir quel est le message qu’on voudrait passer. Il n’y a qu’une personne qui vous aide à organiser votre pensée. Il vous pose la question pourquoi vous peignez ? Pourquoi vous faites cette sculpture ? Déjà si vous pouvez répondre à ces questions. Vous êtes déjà dans une démarche artistique. Pourquoi cette orientation ? Pourquoi telle thématique ? Les artistes sont supposés avoir toutes ces dispositions avant de s’engager dans une création”, a démontré le professeur Henri Kalama.

Le Dg de l’ABA estime que les 50 ans de l’AICA ont beaucoup contribué à légitimer son institution, à lui donner ce visage scientifique et la crédibilité actuelle. L’orateur a conclu par des perspectives entre autres de créer au sein de son institution, un cadre pour former les jeunes, un département des études curatoriales pour quitter le terrain laudatif et entrer dans le fond du problème. “Il ne suffit pas de se contenter de présenter l’œuvre de l’artiste mais surtout de détecter la valeur scientifique, esthétique et artistique de l’œuvre”, a indiqué le Dg de l’ABA, Henri Kalama.

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