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Blinken ou l’échec des USA en Afrique centrale (Kabasele Tshimanga)

La République démocratique du Congo se sent flouée par le pays de l’Oncle Sam sur trois questions importantes, à savoir l’embargo sur les armes, le départ de la Monusco et l’agression ouverte dont elle est victime de la part du Rwanda sous la couverture des terroristes du M23. La tribune du cadre de l’Union sacrée, Crispin Kabasele Tshimanga est sévère à l’égard de la troisième personnalité des États-Unis d’Amérique.

Par Kokolo Jean

Antony Blinken, le secrétaire d’État américain lors de sa tournée dans la région des Grands lacs @Photo Droits tiers.

publié le 14 août 2022 à 20:13:10

Après avoir amadoué le régime Tshisekedi Tshilombo pour couvrir sa position initiale à l’annonce des résultats électoraux de décembre 2018, le gouvernement américain est resté égal à lui-même c’est-à-dire très distant de notre pays, mieux, moins engagé à nos côtés, estime Crispin Kabasele Tshimanga, coordonnateur national du Groupe des partis indépendants (GPI). Il soutient que “la diplomatie américaine a toujours joué des mauvais tours au pays de Patrice-Emery Lumumba. Oui, les Américains ne sont pas nos amis. Ils se servent de nous comme du papier Kleenex”, déclare-t-il. Annoncée avec pompe à partir de Washington DC par les puissants médias américains, “la visite que vient d’effectuer, du 7 au 12 août 2022 dernier, le secrétaire d’État, Antony J. Blinken, numéro trois du gouvernement Biden, en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo et au Rwanda s’est soldée par un échec cuisant pour les deux premiers pays cités et un succès en demi-teinte pour le troisième et dernier”, analyse Crispin Kabasele Tshimanga.

L’ancien journaliste n’y va pas du dos de la cuillère pour rappeler que “déjà à l’aube de notre indépendance, les États-Unis d’Amérique ont trahi les espoirs du peuple congolais. Ils ont donné leur accord pour l’assassinat du Premier ministre démocratiquement élu, Patrice-Emery Lumumba. Ils ne se sont pas arrêtés là ! Cinq ans plus tard, ils ont parrainé le coup d’État du général Joseph Mobutu, agent de la sûreté belge”, exprime-t-il lourdement sa déception. En trente-deux ans du règne du président Mobutu, les Américains n’ont pratiquement pas investi dans notre pays, s’étonne Kabasele Tshimanga. Quand on compare les dollars régulièrement déversés en Arabie saoudite ou en Corée du Sud, “la République démocratique du Congo a été mal servie et mal récompensée par rapport aux sales besognes maintes fois lui confiées”, s’écrie l’homme politique qui énumère quelques exemples : la guerre contre le MPLA en Angola, la déstabilisation des pays voisins, l’assassinat de certains leaders révolutionnaires africains comme le président Samora Machel, l’appui des organisations fantoches combattant les intérêts des nationalistes africains.

Les Américains ont liquidé Mzee Laurent-Désiré Kabila

Crispin Kabasele Tshimanga revient chaleureusement sur l’histoire récente de la République démocratique du Congo et rappelle en toute liberté que “les États-Unis d’Amérique qui ont financé la rébellion de l’AFDL pour chasser le président Mobutu, leur création, ont aussi retourné leurs armes contre son chef historique M’Zee Laurent-Désiré Kabila qu’ils ont froidement liquidé. Quand il s’agit de justifier leurs réserves congénitales à l’égard de notre pays malgré d’énormes services leur rendus par des marionnettes congolaises, les Américains brandissent la corruption, la violation des droits de l’homme, le niveau faible de la démocratie, etc”. Or, la corruption est plus importante en Arabie saoudite comme les droits de l’homme qui n’y sont pas respectés, dénonce le coordonnateur national du Groupe des partis indépendants (GPI). Il ajoute que “les Américains ferment complètement leurs yeux sur de nombreux abus constatés en Côte-d’Ivoire, au Rwanda, en Egypte et ailleurs. Mais, concernant notre pays, c’est un autre traitement qui nous est infligé. Quelle méchanceté ! Quelle injustice!”, s’insurge l’ancien cadre du RCD d’Azarias Ruberwa.

Les trois derniers dossiers récoltants sur la position des USA

Crispin Kabasele Tshimanga affirme qu’il y a trois récents dossiers qui ont révolte les Congolais quant à la position des Américains. “L’embargo sur les armes qui date de plus d’une décennie, est toujours maintenu contre pays”, dit-il. Ici, les Américains n’ont pas pesé de tout leur poids sur la balance pour qu’il soit levé par le Conseil de sécurité qui est souvent à leur service. Ils ont voté pour son maintien. Et de conclure que “sans armes modernes et sophistiquées, notre pays sera toujours à la merci de ses voisins, des groupes armés nationaux et étrangers ainsi que des convoitises de tous les aventuriers qui sillonnent le monde”, s’exprime Kabasele Tshimanga. La Monusco est le deuxième dossier révoltant, écrit-il. Comme l’Onuc vers les années 1960, la Monuc qui changera d’appellation plus tard en Monusco, ces deux missions ont été mises en place à la demande des États-Unis d’Amérique et avec leur totale implication. Si l’Onuc porte la responsabilité de l’assassinat des nationalistes congolais dont le plus célèbre est Patrice-Emery Lumumba, la Monusco (ex-Monuc) s’est révélée incapable d’assister notre armée et de protéger les civils congolais. “En 22 ans de présence sur le sol congolais, cette mission a lamentablement échoué”, gronde Kabasele Tshimanga. Là encore, la position américaine sur son départ est floue. Bien au contraire, “les Américains sont visiblement pour le maintien de la présence de la Monusco en République démocratique du Congo. Ils nous ont appris de tenir compte de l’opinion publique sur tous les dossiers. Pourquoi refusent-ils d’écouter la voix de notre peuple qui exige le départ de la Monusco ?”, se demande-t-il. Et le troisième dossier c’est la récente agression de notre pays par le Rwanda à travers le mouvement terroriste du M23. “C’est une goûte d’eau qui a fait déborder le vase”, souligne l’acteur politique congolais.

Que se passe-t-il entre les USA et le Rwanda ?

A voir comment les Américains nient publiquement cette agression, “nous devons nous poser de nombreuses questions sur ce qui se passe entre les Américains et le Rwanda”, avertit Crispin Kabasele Tshimanga. Il signale que “leur discours est confus et trahit ainsi leur complicité avec ce pays et le M23”, avant de se demander : “Qu’ont fait les Congolais pour subir un tel affront?” En rapport avec la guerre par procuration que nous livre le Rwanda, Crispin Kabasele Tshimanga considère que les Américains n’ont pas défendu le récent rapport du Groupe d’experts de l’ONU qui cite nommément le Rwanda.

“Ils ne font rien pour que ce rapport soit validé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Sinon, il devient un torchon bon pour la poubelle”, écrit-il. Dans le cas de cette nouvelle agression terroriste rwandaise, “les Américains surprennent le peuple congolais en lui opposant une vieille recette démodée qui a pour nom les FDLR. A notre connaissance, les FDLR n’existent pratiquement plus dans notre pays. La centaine résiduelle qui erre dans les collines orientales congolaises est incapable de déstabiliser le régime rwandais”, affirme Kabasele. Il soutient mordicus que “les FDLR sont devenues un fond de commerce pour le président Kagame, les Américains se rangent sans froid aux yeux derrière le Rwanda pour accuser la République démocratique du Congo d’entretenir ces Rwandais devenus apatrides avec la bénédiction des Américains”, s’insurge le coordonnateur du groupe des partis indépendants (GPI). Là aussi, dit-il, le moment est arrivé de condamner cette politique de deux poids deux mesures choisie par les Américains. S’agissant des terroristes congolais du M23, il estime que “les Américains veulent nous imposer le dialogue. Mais, pour les FDLR, des Rwandais, la diplomatie américaine n’a jamais osé exiger un quelconque dialogue entre elles et le régime rwandais. Oser parler du dialogue inter-rwandais avec la participation des FDLR est un crime pour le pouvoir rwandais et les Américains. Quel parti pris américain!”, fait-il constater. Une complaisance américaine, face à laquelle “il est grand temps que le peuple congolais se prenne lui-même en charge”. Car, il ne doit plus confier son destin entre les mains d’autres nations, tranche Kabasele Tshimanga.

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