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Médicaments, l’État accusé de privilégier la quantité business à la qualité

De petits clous dans les gélules, de la farine en lieu et place de vraies molécules, des vidéos alertant sur des médicaments contrefaits inondent, ces derniers jours, les réseaux sociaux sans que les pharmacies dont les produits sont incriminés ne disent mot, encore moins le ministère de la Santé publique.

Par Kokolo Jean

Samuel Kamba, le ministre de la Santé publique @Photo Droits tiers.

publié le 21 juin 2024 à 03:55:00

En RDC, la lutte contre les médicaments falsifiés revient plutôt au ministère de la Recherche scientifique et Innovation technologique qui dispose, en effet, d’un service dénommé Centre d’Excellence (COE). Pour 2024, l’État n’a prévu que 300 000 000 FC soit 120 000 $US au taux budgétaire de 2518.3FC/$- 107 142,86 $US au taux actuel du marché – comme contrepartie dans la lutte contre les médicaments falsifiés. Le gros du budget est attendu des partenaires extérieurs à l’image du budget de la Santé publique dont 1 406 391 871,86 $US sur 2 078 039 329,34$US, soit 67,7% dépendent des partenaires extérieurs.

Pour des experts du secteur, la RDC n’accorderait guère d’intérêts à la lutte contre les faux médicaments au regard non seulement des dépenses que l’État effectue, en procédure d’urgence, dans des domaines moins importants que la santé de la population mais surtout du fait que le pays n’a pas été représenté, à quelque niveau que ce soit, au dernier sommet des chefs d’État d’Afrique de l’ouest et du centre sur le trafic des faux médicaments qui s’est tenu récemment à Lomé, au Togo. Pourtant, la RDC a un grand défi à relever en matière d’assainissement du secteur pharmaceutique. Le pays se retrouve, par conséquent, en rade de grandes décisions levées par les États-parties, à savoir le Togo, le Congo d’en face, le Niger, le Sénégal, la Gambie, l’Ouganda et le Ghana, lesquels se sont engagés à lutter contre le trafic et la commercialisation des faux médicaments. Les États-parties ont également levé l’option de créer une organisation censée élaborer des lois communes pour éradiquer ce phénomène et criminaliser les différentes formes de trafic. Un accord entre les parties prenantes devrait normalement définir un cadre légal et imposer des sanctions pénales.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les faux médicaments représentent 60% des produits pharmaceutiques en circulation sur le continent africain et sont à la base d’environ 100 000 cas de décès. Il y a 5 ans, l’actuelle rapporteur de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), Patricia N’seya alors élue UDPS, avait déploré du haut de la tribune de la Chambre basse, le désintérêt du programme quinquennal de l’ex-1er ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, pour la lutte contre les faux médicaments. Dans ses précédentes livraisons, Ouragan est déjà revenu sur une enquête du journal français Le Monde selon laquelle, en RDC circulent des médicaments sans principe actif, ou avec d’autres molécules que celles attendues, sous dosés ou dégradés, avec des graves conséquences sur la santé des populations qui les consomment. Pour des spécialistes, l’absence de contrôle efficace dans le secteur serait aussi profitable aux vendeurs de la mort qui en profitent pour développer calmement leurs circuits des faux médicaments.

– Les médicaments, c’est du business –

La norme en RDC exige, en effet, qu’un produit soit retiré des rayons trois mois avant la date de péremption, ce qui n’est jamais respecté. Ce qui préoccupe en premier les autorités congolaises, particulièrement le ministère de la Santé publique, paraît bien être le volet espèces sonnantes et trébuchantes dans la pharmacie. En RDC, le secteur pharmaceutique est tombé dans l’escarcelle des indo-pakistanais juste comme le commerce des surgelés. Chaque fois que l’une ou l’autre usine est fermée sur décision du ministre de tutelle au motif de malpropreté, la réouverture est conditionnée, renseignent des pharmaciens congolais, par le paiement des amendes dont la traçabilité au Trésor n’est guère perceptible. Ces derniers regrettent l’abandon par l’État, l’option de faire contrôler tout médicament par le laboratoire de l’université de Kinshasa décidée du temps de (feu) Mashako Mamba.

– Monopole à l’Indo-Pharmacie, La quantité l’emporte sur la qualité –

Il y a un peu plus d’un mois, dans les grenouillages de la formation du gouvernement Judith Suminwa, le ministre de la Santé publique, Samuel Kamba, qui s’est succédé à lui-même, a pris un arrêté (N°1250/CAB/MIN/SPHP/010/CJ/OBK/2024), en date du 6 mai 2024, interdisant l’importation de certaines molécules “à quelque titre que ce soit …sauf dérogation expresse le cas échéant (…) pendant une durée de 36 mois sur toute l’étendue du territoire national”. Voir liste des médicaments ciblés en encadré. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.

Cependant, le ministre de la Santé rappelle que “les médicaments sélectionnés sont à produire exclusivement par l’industrie pharmaceutique locale”. Samuel Kamba estime que “non pas la qualité” mais “le volume de production locale de certains médicaments correspond au besoin national et que toute importation desdits médicaments a pour conséquence de déséquilibrer le marché pharmaceutique dans un contexte légal de la stabilisation et de la surveillance dudit marché dans le cadre du système de la couverture santé universelle”. Très discutable ! Nul doute, le ministre de la Santé mérite une question orale avec débat dans l’une ou l’autre Chambre parlementaire.

Liste des médicaments interdits d’importation

  1. Amoxicilline gélule
  2. Amoxicilline poudre pour suspension
  3. Azithromycine comprimé
  4. Azithromycine suspension
  5. Ciprofloxacine comprimé
  6. Clindamycine gélule
  7. Cloxacilline gélule
  8. Cotrimoxazole (Sulfaméthoxazole +triméthoprime) comprimé
  9. Cotrimoxazole (Sulfamethoxazole +trimethoprime) suspension
  10. Doxycilline gélule
  11. Erythromycine comprimé
  12. Erythromycine suspension
  13. Griséofulvine comprimé
  14. Métronidazole comprimé
  15. Métronidazole suspension
  16. Multi micronutriments pour enfants en poudre 1 gr
  17. Multivitamine sirop
  18. Papavérine comprimé
  19. Paracétamol + Ibuprofène + Caféine gélule
  20. Paracétamol comprimé
  21. Phenoxymethylpenycilline potassium comprimé
  22. Prométhazine sirop
  23. Quinine comprimé
  24. Quinine gouttes
  25. Quinine sirop
  26. Solutés massif (Dextroses, sérum mixte, sérum ringer lactate et sérum physiologique)
  27. Tétracyline gélule
  28. Tramadol gélule
  29. Vitamine B1, B6 et B12 isolé ou en association comprimé
  30. Vitamine B1, B6 et B12 isolé ou en association sirop
  31. Vitamine C sirop

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