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Israël Tshipamba : “le théâtre pour nous, c’est cette expérimentation éternelle d’être autre”

Le Tarmac des Auteurs est un théâtre atypique pensé et mis en place par Israël Tshipamba. On y entend les bruits des enfants qui jouent dehors, des Églises… lors des répétitions ou des représentations. Installé en pleine commune de Kintambo à Kinshasa, ce théâtre se veut être plus proche des Kinois. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du festival de théâtre “Ça se passe à Kin” que Tarmac organise.

Par Grady Mugisho

Israël Tshipamba, directeur artistique du Tarmac des Auteurs @Photo Droits tiers.

publié le 7 juin 2024 à 01:54:00

Chaque deux ans, au début du mois de juin, cet événement propose des spectacles, des rencontres, des ateliers autour du théâtre. Cette année, du 5 au 12 juin, le festival va réunir 40 artistes, dont 20 internationaux. Israël Tshipamba est fier de cette 11e édition puisqu’elle présente plusieurs particularités. A Ouragan, il en a énuméré trois, à savoir la mise en lumière des artistes émergents, la forte présence des femmes artistes et les ateliers avec les élèves.

Ouragan : c’est la 11e édition du festival, c’est-à-dire 11 ans que organise jour pour jour ce rendez-vous culturel. Quelle expérience pouvez-vous partager avec nous ?

Israël Tshipamba : Il y a plusieurs expériences à partager. D’abord, l’enjeu a toujours été de proposer au public de Kintambo un théâtre exigeant, professionnel, mais populaire. C’est-à-dire qui reste accessible aux habitants de cette ville. Depuis 11 ans, nous avons vu défiler plusieurs artistes, à savoir des Béninois, Burkinabé, Français, Canadiens, Belges… On a vu aussi énormément de publics passer par ici : les habitants de Kinshasa, des touristes. Ils étaient curieux de voir dans ce lieu improbable un théâtre de qualité. Pendant 11 ans, nous avons tenu plusieurs ateliers de formation, sur la mise en scène, la dramaturgie, le jeu d’acteur… On peut dire que ça a été 11 éditions de fêtes et de défis à relever sur le plan administratif et logistique. Ici, il faut se battre pour trouver des matériels de qualité. Il faut se battre pour trouver des moyens afin d’organiser le festival. Ici, ce n’est pas comme dans d’autres pays où, lorsque vous organisez ce genre d’activités, vous avez le soutien de la mairie… C’était des années de combat. Mais on n’a pas baissé les bras.

Le festival vise quel objectif ?

Mon projet de festival vise à investir des lieux improbables pour sortir la parole de «la boîte noire» (l’enceinte du théâtre), et aller à la rencontre de ce public là où il se trouve, hors des lieux de diffusion conventionnels. Une semaine durant, les gens peuvent avoir accès à une culture contemporaine du théâtre.

Selon le programme, cette édition a plusieurs particularités : il y a une forte présence des femmes, les ateliers avec les élèves et le dispositif Émergence théâtrale. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Je vais commencer par Émergence théâtrale. Nous avons lancé ce projet parce que nous avons une école d’arts ici. Il y a énormément de jeunes qui veulent entamer une carrière professionnelle mais qui ne savent pas comment s’y prendre. Ce programme s’adresse à eux, à tous ces jeunes qui veulent rendre visible leur création dans un cadre professionnel et professionnalisant. Nous les avons accompagnés sur la dramaturgie, la scénographie… grâce aux metteuses en scène belges Laetitia Ajanohun et Céline Beigbeder. Nous avons mis aussi à leur disposition des moyens financiers pour pouvoir créer leurs spectacles. Nous espérons que le public va accueillir ces créations avec beaucoup de joie. D’ailleurs, Véronique Leroy, responsable de Factory, une association belge qui accompagne aussi le dispositif, est déjà là pour voir les résultats lors du festival. Vous m’avez dit aussi qu’il y a une forte présence des femmes artistes. Oui. Mais ça s’est construit tout seul. Elles ne sont pas là par opportunisme. Ce sont des gens que j’ai vus. J’ai aimé leur travail. En ce qui concerne les ateliers, il est hyper important de préparer le public de demain. C’est pourquoi, dans le programme, il y a des ateliers avec les élèves. Vous savez, on apprend à aller au théâtre quand on est jeune. Et le public, ça se forme, ça s’éduque.

Le festival aura lieu au Tarmac des Auteurs, un lieu atypique où on entend les bruits des enfants, des Églises lorsqu’il y a des répétitions ou des spectacles… Pourquoi avoir planté un théâtre au milieu d’un tel quartier ?

Si nous ne faisons pas ce travail d’éducation culturelle, on ne sait pas qui va le faire. Le théâtre est dans ce quartier pour sensibiliser le public local à découvrir le théâtre, aimer le théâtre. Sinon les gens vont penser que le théâtre ne se fait qu’à Gombe pour les élites. Il est ici pour les habitants de ce quartier, de cette commune. Parce que la plupart des gens, qui habitent ici, pensent que Gombe est inaccessible…

Tarmac a une autre particularité. Il donne des formations sur l’écriture, le jeu d’acteur… Pouvez-vous nous énumérer les résultats qui ont découlé de ces formations ?

Ce ne sont pas du tout des formations qualifiantes, mais professionnalisantes. Il y a beaucoup de pratiques. Et les résultats vous allez les voir lors du festival. Par rapport aux années antérieures, il y a eu plusieurs artistes qui sont passés par ici. Il y a par exemple le célèbre écrivain Fiston Mwanza, le dramaturge David-Minor Ilunga… Nos formations les ont aidés dans leurs parcours.

Pour fonder ce théâtre, vous avez d’abord quitté l’Écurie Maloba. Est-ce que vous vous disiez que Tarmac serait une grande référence de théâtre à Kinshasa ?

Bien sûr ! Je n’ai jamais eu aucun doute. Je ne suis pas parti par aventure. J’avais un projet et je savais ce que je voulais faire. La différence est là : vous avez un projet ou pas. D’ailleurs, quand j’ai créé Tarmac, on n’avait pas ce lieu. On organisait des activités par-ci par-là. Ce lieu existe seulement depuis 2007. Mais Tarmac existe depuis 2004. Vous voyez que c’était un projet bien élaboré. La vision n’a pas du tout changé. Pour tenir un tel lieu, il faut être motivé par l’amour.

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