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SEP vs RDC, dix ans de menace de divorce!

L’État congolais, certains services et entreprises publiques doivent au Service des entreprises pétrolières (SEP) 132 millions de dollars. Mais pour autant, cela ne peut pas constituer une raison de rupture sans préavis des produits pétroliers dans les stations-service, fulmine Didier Budimbu.

Par Pold Levi Maweja

Les gros citernes de SEP Congo sur l’avenue des Poids Lourds à Kinshasa @Photo Droits tiers.

publié le 7 mai 2024 à 04:40:00

SEP, selon le ministre des Hydrocarbures, n’a pas intérêt à engager un bras de fer avec l’État. Bidimbu croit ferme que l’entreprise pétrolière se pliera à sa recommandation écrite de rétablir les ravitaillements afin que dès lundi soir, la situation redevienne normale. La société estime pourtant que ses camions-citernes nécessitent des entretiens pour reprendre du service. Elle envisagerait même de renouveler son charroi mais manque cruellement de moyens car l’État congolais ne sait pas honorer ses engagements. Ce à quoi le ministre sortant des Hydrocarbures a déclaré qu’il se concerterait avec le ministre des Finances qu’il n’a pas nommé pour verser 2 millions de dollars à SEP.

Depuis pratiquement dix ans, le rapport entre l’État et SEP est en dents de scie si bien que la RDC qui dispose de 36% des parts détenues par Sonahydroc SA ex-Cohydro- dans SEP, a déjà envisagé de se désengager. Le sort de cet établissement a, en effet, été décidé lors du 1er séminaire de réflexion sur son avenir (8- 9 juin 2017) à Kinshasa.

– Game is over! –

Pourtant, les experts du ministère du Portefeuille sont d’avis que SEP Congo est sur une pente raide depuis pratiquement une vingtaine d’années.Et l’État a, pratiquement, scellé le sort d’une firme qui conserve les stigmates de la colonisation. Le gouvernement a maintes fois manifesté sa préoccupation sur la situation des infrastructures de transport et de stockage des produits pétroliers autant que sur la gestion des SEP Congo et FINALOG, entreprises dont la RDC est copropriétaire avec des firmes privées, dont Total et Engen.

Dans une note datée du 10 octobre 2013, adressée au 1ER Ministre de l’époque, Augustin Matata Ponyo, dans un style épistolaire de plus rocailleux, l’alors ministre du Portefeuille, Munga Mesozi rappelle que « (…) la partie privée a invoqué l’insuffisance des moyens financiers… Explication que je considère comme un prétexte… ». Et en réaction, elle proposa plutôt la tenue, en toute urgence, d’une concertation entre experts (Primature, Budget, Économie, Commerce, Hydrocarbures, Finances et Portefeuille) en vue de remettre l’État dans ses droits. En d’autres termes, les doléances exprimées par l’actuel ADG de SEP, Joseph Kouame Kouame ne sont que de sempiternelles jérémiades.

La ministre du Portefeuille, à l’époque Louise Munga Mesozi, avait d’ailleurs préconisé la création d’une nouvelle entreprise devant être opérationnelle, entre 2016 et 2017. Et à partir de COBIL, l’Etat crée une autre entreprise en 2012 qui devient opérationnelle en 2016, à savoir, SPSA non autrement identifiée. SPSA/COBIL opère dans le stockage des produits pétroliers avec un réservoir de 26.000 m3, et se vante d’avoir conquis le marché ouest de la RDC dont Kinshasa, la capitale qui absorbe 60% des importations des produits pétroliers de la RDC. La fourniture du carburant et des lubrifiants à la société de transport public routier TRANSCO constitue l’un des plus gros marchés de COBIL. Ses factures sont prises en charge directement par le gouvernement.

L’autre réalité est que l’État est désormais en concurrence frontale avec SEP Congo qui dispose des capacités logistiques couvrant tout le pays. Avec un actionnariat composé de l’ex-COHYDRO (représentant l’État avec 36,6 %), ARISTEA (36,6 %), Engen (13 %, Cobil (7,6 %) et SCP (6 %), SEP n’a jamais eu à sa tête un directeur général congolais. Les seuls postes majeurs de commandement laissés à la RDC sont ceux de président du conseil d’administration et de directeur général adjoint. Actuellement, l’ADGA se nomme Joseph Tshimenga Bukasa. Qui n’a en réalité aucun pouvoir. SEP, né de cendres de SOCOPETROLE, est, en pratique, opérationnel depuis plus 110 ans au Congo. Il y a dix ans, les experts du gouvernement s’étaient, en effet, penchés, entre autres, sur l’impact du loyer mensuel versé par SEP Congo à FINALOG fixé à 622 666 dollars à l’époque ou encore sur les retombées du bail emphytéotique sur les rentrées financières de l’État.

Il sied, en effet, de rappeler que la Société des entreprises pétrolières loue à FINALOG les deux pipelines de 6 pouces qui vont d’Ango-Ango au sortir de Matadi, sur quelque 339 km. Leur capacité cumulée est de 1 400 000 m3/an. Elles se ramifient à trois autres pipelines au niveau de Kinshasa (Masina/centre-ville et Masina-aéroport) qui sont propriété de SEP Congo. Les voies d’approvisionnement qui partent d’Ango-Ango font l’objet d’un contrat de cession de terre qui date de 1910, dont la propriété aurait dû revenir à l’État en 1960. Patrice-Emery Lumumba s’y employa sans succès.

Les experts belges entrainèrent les Congolais dans un contrat attrape-nigaud, celui du système de régénération du pipeline. Ce qui a, pour effet, de repousser la rétrocession au-delà de 2025 ! L’État a fait part de “la nécessité d’examiner les solutions possibles pour améliorer le rendement de ces infrastructures au regard des contraintes liées à leur saturation face à l’augmentation de la consommation des produits pétroliers consécutive à la croissance économique et industrielle de la RDC. ».

Selon nos sources, Total qui est co-actionnaire dans SEP Congo et FINALOG, a mené une démarche solitaire en recourant à l’expertise de la société Foster Wheeler, en vue de l’amélioration de la capacité actuelle des infrastructures existantes par des travaux techniques de manière à optimiser leur rendement. Foster aurait offert d’augmenter les capacités du pipeline existant sur près de 140 km pour près de 28 millions d’euros. Montant récusé par le ministère du Portefeuille. Du temps de Matata, le gouvernement avait envisagé de faire auditer SEP. Rien ne s’est réalisé.

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