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Les principaux défis de Kamerhe

C’est le graal pour Kamerhe. Le leader de l’UNC a touché le dôme. 15 ans après, il retrouve le perchoir de l’Assemblée nationale, poste qu’il avait cédé malgré lui, après de très fortes divergences avec l’ex-président Joseph Kabila, lequel avait autorisé l’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais sans aviser la Chambre basse. Aujourd’hui, c’est un autre Kamerhe, 65 ans, qui reprend les rênes du temple de la démocratie. L’élu du Sud-Kivu s’est tissé l’étoffe des héros après l’attaque visant sa résidence. Seulement, sa mandature risque d’être secouée si le régime décide de changer la Constitution pour offrir à Tshisekedi un troisième voire un quatrième mandat.

Par Landry Amisi

Vital Kamerhe est le nouveau président de l’Assemblée nationale @Photo Droits tiers.

publié le 24 mai 2024 à 04:30:00

Désormais, l’hémicycle va revivre les années Kamerhe. A l’époque, le débat était réellement démocratique. Majorité et opposition s’empoignaient, le contrôle parlementaire était rigoureux, bref les élus jouaient leur rôle. Aujourd’hui, l’Assemblée nationale a perdu de son prestige. A la limite, elle est devenue une caisse de résonance du gouvernement, prête à tout gober. Voilà le premier défi que se lance Kamerhe : “Réhabiliter le pouvoir des élus”.

– Ses engagements –

La paix rien que la paix. Pour le gouvernement congolais, soutient Kamerhe, la recherche de la paix ne souffre d’aucun doute. “La guerre nous est imposée. Le temps de restaurer la paix et la sécurité et de stopper définitivement cette guerre injuste, que nous subissons ainsi que toutes les atrocités qui s’ensuivent, s’imposent”. “Plus elle dure, insiste le nouveau speaker, plus elle cause de dégâts humains et matériels chez nous. N’oublions pas que la guerre se déroule sur le sol congolais”.

En plus de sa volonté de rendre le débat contradictoire, VK s’est engagé à restaurer l’image ternie de la Chambre basse du Parlement en tant que véritable temple de la démocratie. Ainsi, le successeur de Christophe Mboso a promis de réhabiliter d’abord le député national dans son honneur et dans sa dignité. “Le député, en tant qu’élu du peuple, mérite respect et considération”, dit-il. Pour cela, “chers collègues, vous pouvez compter sur moi collectivement mais aussi individuellement, pour qu’ensemble nous rendions à l’Assemblée nationale ses lettres de noblesse, et faisions d’elle un véritable temple d’expression démocratique où le débat démocratique aura bel et bien lieu : Majorité très significative et Opposition, malgré sa dimension. “Que de ce débat puisse jaillir la lumière qui va baliser le chemin de la réalisation du rêve du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de restaurer notre pays dans son rôle de moteur du décollage de l’Afrique subsaharienne”.

La méthode Kamerhe séduit. Le leader de l’UNC n’étouffe pas la liberté d’expression, au contraire, il encourage les représentants du peuple à dénoncer les failles qui gangrènent la société. La finalité, c’est d’adresser des recommandations à l’exécutif ou soit d’interpeller le gouvernement pour le pousser à rectifier le tir. Avec Kamerhe, les ministres ne s’aventureront pas. Ils savent qu’au moindre dérapage, l’Assemblée nationale s’assumera. C’est un chef de la Chambre qui rétablit aussi la peur du gendarme parlementaire.

– Production législative –

Pour son premier discours au perchoir après sa brillante élection, Kamerhe a émis le vœu de voir cette législature être celle de la stabilité institutionnelle, celle des réformes pertinentes et courageuses, celle de la compétence dans le contrôle parlementaire mais aussi celle de l’équité et de la justice. “Nous ne pourrons y parvenir qu’en travaillant en équipe et dans la discipline, en respectant l’heure de travail, en ayant une régularité dans le contrôle parlementaire et dans la production législative. C’est au prix de cette discipline, qui n’aliénera ni votre liberté ni votre esprit initiatique, que nous serons en mesure d’assurer la cohérence du travail parlementaire et d’aborder sainement les défis de cette législature”, a-t-il rappelé.

Quand Kamerhe était président en 2006, la Chambre basse avait brillé par une abondante production législative. Pour un pays aux multiples urgences, l’Assemblée nationale doit multiplier les propositions de loi pour combler le déficit législatif. Beaucoup de secteurs ne sont pas encore régulés, d’autres textes sont déjà dépassés, il faut vite les mettre à jour. Ce challenge, VK le sait. L’avantage qu’il a, c’est la maîtrise de l’hémicycle et surtout il sait où toucher pour faire bouger les lignes. “Nous allons ensemble, dans l’union des intelligences, transformer ce qui apparaît actuellement comme une malédiction… en un véritable atout qui va placer la République démocratique du Congo au cœur de la transition énergétique à laquelle l’humanité est contrainte suite aux effets néfastes du changement climatique. Dans cette mission, la RDC sera non seulement pourvoyeuse de la paix et du développement pour ses voisins mais pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. C’est ce Congo-là, rêve de Kimbangu et de Lumumba, que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo veut concrétiser sous forme d’héritage aux générations futures”, a-t-il promis.

– Une ascension fulgurante –

VK s’impose désormais comme la plaque tournante de l’hémicycle. Il s’est forgé une posture de grand. Avant même le challenge, on le pressentait promis à des grands destins. A plusieurs reprises, le président Tshisekedi l’a rappelé. Bien qu’en prison, il le voyait jouer un grand rôle. Normal que les élus aient porté leur dévolu sur lui. Lors des primaires, des écarts entre lui, Mboso et Bahati faisaient déjà dire à sa garde rapprochée que l’unanimité se dégageait autour de sa candidature. Malgré les manigances, il était difficile de l’éloigner du podium. Aujourd’hui, c’est la consécration d’un homme tenace après un parcours jalonné d’épines, lequel permet le retour du tribun au perchoir. D’ailleurs, sa réputation a débordé le Congo.

Mais, le seul couac qui peut ternir son mandat, c’est le changement de la Constitution, la ligne rouge tracée par l’opposition et la société civile. La révision des articles non verrouillés ne posera pas problème mais le changement de la loi fondamentale appellera à des grandes mobilisations de rue. En 2015 avec Kabila, lui-même Kamerhe était parmi les principaux meneurs de la contestation. Les opposants avaient assiégé la rue, Kinshasa avait brûlé, avant que Kabila ne rétropédale, abandonnant son schéma de troisième mandat. Bien que le contexte soit différent mais oser toucher aux articles intangibles provoquera des émeutes.

Animal politique réputé, Kamerhe jouera-t-il le jeu de son fidèle allié pour qui il jure, à chaque occasion fidélité et loyauté ? Voilà la grande inconnue. Mais ceux qui ont côtoyé l’homme savent que le meilleur élu de Bukavu fait toujours les choses dans l’intérêt supérieur de la population et non pour plaire au guide suprême. A l’époque de Kabila, il avait affronté le groupe de Katumba, Boshab et les autres. Les extrémistes ne supportaient pas les nombreux vétos de Kamerhe sur les déviations du régime. Plus d’une décennie après, l’homme semble n’avoir pas sacrifié ses convictions pour ce pays juste qu’il défend, pour la cause de la population et l’Etat. Les intérêts de la communauté passent avant ceux de quelques individus. Peut-être que ça lui coûtera sa tête ou la foudre de ceux qui se battent avec hargne pour la conservation du pouvoir.

Au début de cette semaine, l’attaque visant sa résidence est interprétée par plusieurs observateurs comme un avertissement s’il serait tenté de jouer au dur, de bloquer certains intérêts ou carrément de s’opposer à passer certaines réformes. Le maintien de Mboso au bureau, lui qui est connu pour son obsession à vouloir à tout prix allonger la durée de Tshisekedi au pouvoir, est une véritable indication.

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