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Guerre mondiale du Niobium à 30 km de Goma

Même du temps de Mobutu qui a d’ailleurs fait don d’une centrale hydroélectrique au Rwanda, le niobium de Lweshe (ou Lueshe), à 30 km de Goma, était exporté via Kigali. Plus de 30 ans après, le niobium n’est point repris ni aux Mines, moins encore à la BCC sur la liste des produits miniers exportés par la RDC.

Par Popol Rabuni

Une mine du niobium à Lueshe au Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo @Photo Droits tiers.

publié le 1 mai 2024 à 02:49:00

Et pourtant le volume du marché du niobium est estimé à 106,85 kilotonnes en 2024 et devrait atteindre 171,49 kilotonnes d’ici 2029, avec une croissance de 9,92 % au cours de la période de prévision (2024-2029). L’industrie de la construction est devenue le plus grand consommateur de niobium au monde. Le secteur de la construction, poursuit Oxford Economics, devrait croître de 4500 milliards de dollars d’ici à 2030 pour atteindre 15 200 milliards de dollars. Aux USA, grâce au niobium, la valeur des nouvelles constructions s’élevait à 1792,9 milliards de dollars en décembre 2022, et le secteur non résidentiel était évalué, en mars 2023, à 997,14 milliards de dollars, selon The US census Bureau. En Europe, le Fonds de la relance de l’UE investit énormément dans la construction qui enregistre depuis 2022, une croissance annuelle d’au moins 25% depuis 2022. Pour Bruxelles, “le Rwanda est un acteur majeur dans le secteur de l’extraction de tantale au niveau mondial. Outre le tantale, il produit également de l’étain, du tungstène, de l’or et du niobium. Le pays dispose de réserves de lithium et de terres rares”, peut-on lire dans le protocole d’accord signé récemment entre Kigali et Bruxelles.

Le régime de Paul Kagame n’a pourtant jamais produit la carte physique du Rwanda avec des mines et/ou des carrières des ressources naturelles précitées. Mais le commerce extérieur rwandais reprend régulièrement les exportations en nombre des minerais comme le coltan dont il est devenu premier exportateur mondial ainsi que le niobium. En RDC, en revanche, le niobium n’a jamais figuré dans la nomenclature des produits miniers du ministère des Mines, selon l’expert Léonide Mupepele. Et pourtant, le niobium, connu également sous le nom de colombium, se retrouve à profusion dans la région du Kivu, et dans certaines proportions dans le Nord-Katanga, sous deux formes : la colombo-tantalite, dite coltan, et le pyrochlore. Le coltan est par conséquent, fait comprendre Léonide Mupepele, un minerai mixte de niobium et de tantale.

Il y a 5 ans, cet expert en mines déplorait déjà que la colombite (niobite) était donnée en bonus à l’acheteur du coltan pour la simple raison que le prix de la tantalite contenue dans le coltan était très élevé. Donc, s’indignait M.Mupepele, l’acheteur et le vendeur s’accordent volontiers à passer le niobium sous silence. Quant au pyrochlore, poursuit Mupepele, l’essentiel des réserves connues, au moins 270 mille tonnes de colombite, est renfermé par le gisement de Lueshe dans le Nord-Kivu. Ces réserves font de la Rd-Congo, le deuxième réservoir de columbium (niobium) au monde, loin derrière le Brésil (6,6 millions de tonnes) et avant le Canada, 200 mille tonnes.

– Somikivu, alliance Moscou et Berlin sur le niobium –

Avis d’experts, les harcèlements des troupes régulières rwandaises camouflées dans le M23 autour de Goma ne serait que distraction pour soustraire la région de Lueshe des regards de la communauté internationale. D’ailleurs en décembre 2022, le massacre des civils perpétré par le M23 à Kishishe visait, selon des analystes, à jeter la torpeur dans la population et la pousser à s’éloigner du site de la Société minière du Kivu. Le niobium de Lweshe, de part ses particularités, a été dénommé Lueshite quand il a été découvert en 1959 par Alexandre Safiannikoff, un géologue belge d’origine russe, qui travaillait pour la Compagnie minière belge des Grands-Lacs.

La joint-venture Société minière de Lueshe (SOMINLU), fondée par Somikubi et Union Carbide, a été créée en 1960 pour prospecter le site. La mine a été fondée dans les années 1980 en tant que coentreprise, Société minière du Kivu (Somikivu), détenue à 70 % par la Gesellschaft für Elektrometallurgie (GfE), basée en Allemagne, puis filiale à 100 % de la Metalurg Incorporated basée à New York. , 20% par le gouvernement de la RDC (connu à l’époque sous le nom de Zaïre) et 10% par la Société minière et industrielle du Kivu. En 1993, GfM a publiquement déclaré la force majeure et la production a été interrompue et imputée à la guerre civile rwandaise. Les opérations étant arrêtées, le gouvernement congolais a demandé à plusieurs reprises que les opérations reprennent et a finalement exproprié la mine en 1999.

En 2000, la participation majoritaire de la mine a été officiellement transférée à Krall Métal Congo, propriété de l’Autrichien Michael Krall. Cependant, le contrôle de facto de la mine était conservé par un ancien cadre du GfE, Karl Heinz Albers, qui entretenait des relations amicales avec la faction rebelle du Rassemblement pour la démocratie congolaise (RCD). Albers a été accusé par le groupe d’experts de l‘ONU d’être une façade pour financer le RCD et son successeur, le Rassemblement pour la démocratie congolaise-Goma, avec la mine protégée par des soldats rebelles. Pendant la seconde guerre du Congo, Lueshe était la seule mine industrielle en activité sur le territoire du RCD, produisant 270 tonnes de niobium semi-traité par mois pour le vendre à GfE. Entre juillet 2000 et septembre 2004, lorsque la mine a été fermée, elle produit 3 365,1 tonnes de concentré, qui ont été exportées vers le marché mondial via une autre société gérée par Albers, Niobium Mining Company (NMC) au Rwanda. Alors que les opérations d’Albers étaient initialement réussies financièrement et exonérées des taxes du RCD, des difficultés financières telles que des demandes de paiements au RCD ont forcé Albers à abandonner le contrôle de Somikivu en avril 2004.

Somikivu a rapidement été reprise par l’homme d’affaires Mode Makabuza, basé à Goma devenu son président du conseil d’administration. Les opérations ont cessé, mais l’entreprise continue d’exporter environ 20 tonnes de pyrochlore. À partir de 2006, GfE entreprenait des négociations pour vendre sa participation dans la coentreprise Somikivu. En décembre 2005, les soldats de Laurent Nkunda ont été chassés de la mine de Lueshe par l’ex-colonel Maï Maï She Kasikila et la 5e brigade des FARDC, démantelant le contrôle du RCD dans la région, pour la première fois depuis 1998. L’année suivante, en décembre 2006, Nkunda fonde le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Le général insoumis lance une offensive contre les troupes de l’armée congolaise à Lueshe pour prendre la mine, Modeste Makabuza étant apparemment un financier important du CNDP.

En 2007, la société métallurgique russe Rosspetssplav annonce la création de Midural Inc et affirme avoir relancé la production du niobium au Congo. De 2008 à septembre 2009, la mine a été exploitée par Krall Métal Congo, mais a reçu l’ordre de fermer en raison du conflit de propriété avec Somikivu. Lueshe représentait la totalité de la production de pyrochlore de la RDC en 2009, et Sominkivu exportait la totalité de cette production vers la Russie .

En 2010 et 2011, la mine a changé de mains à plusieurs reprises, avec d’anciens soldats des FARDC du Congrès national pour la défense du peuple (dont Bosco Ntaganda) soutenant les revendications de Krall en combattant d’autres militaires de l’armée congolaise qui soutenaient celle de Somikivu. En 2014, MidUral avait acquis une participation dans Somikivu et nommé son directeur Igor Yatsenko à la tête de la coentreprise russo-allemande-congolaise, et espérait que la production reprendrait en 2015.

En septembre 2016, le gouvernement congolais a décidé d’annuler le permis minier de Somikivu. Des analystes ont soulevé des questions sur les liens possibles entre les querelles au sujet de Lueshe et la présence de ressortissants géorgiens qui se trouvaient à bord d’un hélicoptère Mil Mi-24 des FARDC qui s’est écrasé près de Rutshuru en janvier 2017. Dès février 2022, la société hongkongaise Ximei Resources était en discussion pour reprendre les opérations de Lueshe. Mais Kigali a installé un dispositif militaire très dissuasif autour de la région.

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Grâce au protocole d’accord signé entre l’Agence pour le développement et la promotion du projet grand Inga (ADPI-RDC) et la société natural oilfield service limited (NOFLS), il sera construit, dans les mois à venir, un barrage d’une capacité minimale de 7000 MW sur un potentiel de 42000 MW.


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Une décision est attendue sur la situation de la sous-traitance au sein du groupe ERG. Le CEO de Eurasian Ressources Group ERG et le directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb, ont eu des échanges fructueux autour de la situation de la sous-traitance au sein de cette entreprise minière multinationale.

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