Le Direct
Radio

Christian Malanga, l’illusion de l’exploit

Il se croyait dans un film hollywoodien où la finalité est d’engrager les gains et non périr de vrai. Malheureusement, Christian Malanga, 41 ans, y a laissé sa peau après une folle aventure de putsch. Avec sa bande, le leader du Nouveau Zaïre a tenté son coup, son rêve d’enfance mais il a été maîtrisé mieux neutralisé alors que ses hommes avaient conquis pour quelques minutes- le temps de se faire des selfies- le Palais de la Nation, le bureau du chef de l’Etat, le symbole même du pouvoir congolais.

Par Landry Amisi

publié le 21 mai 2024 à 05:00:00

Aux premières heures de dimanche, le quartier huppé de la Gombe au cœur de Kinshasa, s’est réveillé sous les détonations d’armes lourdes et légères. Personne ne connaissait ni l’identité des assaillants, moins encore les mobiles de leur attaque. La résidence de l’ex-VPM de l’Économie, Vital Kamerhe a été ciblée. A peine débarqués, les insoumis ont surpris la garde en ouvrant le feu. La résistance s’est vite organisée. Les braves policiers se replient dans l’enclos et répliquent. L’opération qui semblait être facile pour Malanga et ses hommes s’est corsée. Une heure d’échanges intenses de tirs. Malgré les drones et autres moyens utilisés, les apprentis putschistes ne sont pas parvenus à prendre l’ascendant et surtout à pénétrer à l’intérieur de la maison pour tuer VK.

Dans les crépitements de balles, l’acteur politique, cité par sa femme, appelle les secours mais qui arrivent un peu tard. Mais la vaillance de sa garde rapprochée a dû contraindre les criminels à détaler laissant un de leurs sur le carreau. Deux policiers de garde perdent aussi la vie. Frôlant la mort, le couple Kamerhe a vécu l’horreur alors dans sa chair. “Pendant près d’une heure, mon mari et moi sommes restés seuls à l’intérieur, entourés par l’horreur”, raconte Mme Kamerhe.

Le récit d’Hamida Shatur, l’épouse du futur président de l’Assemblée nationale presqu’en larmes sur X, a touché les bonnes consciences. “Mon mari m’a réveillée en sursaut à 4h du matin pour m’annoncer que notre maison était encerclée par plusieurs militaires et que ça faisait un long moment qu’il entendait des tirs à l’arme lourde venant de l’extérieur. Les assaillants ont réussi à pénétrer dans notre parcelle, tirant sans relâche sur tout ce qui bougeait. Dans leur fureur, ils ont abattu deux de nos gardes. Un de nos hommes a tout de même réussi à neutraliser l’un des leurs, mais cela n’a fait qu’attiser leur violence. Ils ont même introduit un drone pour repérer nos positions avant de lancer l’assaut”, a-t-elle raconté.

– Kamerhe était la cible principale –

Hamida explique que pendant le chaos, son mari a réussi à joindre un de leurs gardes par téléphone, qui lui a dit d’une voix tremblante : “Mokonzi, bazo luka nde yo, batuni oza wapi baza plus de 40 éléments lourdement armés”. Moment que l’épouse de VK a compris que leur fin était proche. “Les tirs se sont intensifiés dehors, transformant notre maison en un véritable champ de bataille”, a-t-elle ajouté.

Les renforts sont finalement arrivés à 5h, mettant fin au calvaire de la famille Kamerhe. “Ils nous ont informés qu’après l’assaut chez nous, les assaillants s’étaient dirigés vers le Palais de la Nation. Le Seigneur nous a sauvés d’une attaque meurtrière où mon mari était la cible principale. En sortant de la maison, j’ai découvert avec effroi que notre parcelle ressemblait à un champ de tirs : des centaines de douilles jonchaient le sol, et les murs étaient criblés d’impacts de balles”, a décrit Hamida Shatur.

– Le périple meurtrier s’est poursuivi jusqu’au Palais de la Nation –

Dans le brouillard où personne ne pouvait s’imaginer que Christian Malanga, un ancien officier de l’armée congolaise passionné des armes et aux accents guerriers, pouvait mener une telle opération, les clichés publiés sur les réseaux au lever du soleil dévoilent les visages des assaillants. Repliés au Palais de la Nation, les putschistes ont pris réellement le contrôle du site. Bâtiment quadrillé, les miliciens arborent le drapeau du Zaïre. Ils se pavanent de manière triomphale. Leur chef de file crie à la victoire et entonne “Tshisekedi dégage”. Le refrain est repris par la bande. Coiffé d’un béret rouge et en treillis militaire, le président du Parti congolais uni (UCP), une modeste formation politique ayant ses tentacules aux États-Unis, en Europe et en Afrique du Sud, embraye un discours de misère espérant toucher la corde sensible des Congolais. “Trop, c’est trop. Les enfants de militaires souffrent. La misère est excessive, nous voulons le changement. Plus de de Kamerhe et de Tshisekedi dans ce pays”, crie le seigneur de guerre en Lingala et français. Bizarrement, on entend quelques étrangers parler Anglais. Les photos et vidéos inondent les réseaux sociaux. Inconnu du grand public, cet homme n’a pas éveillé le soupçon des services de sécurité. En peu de temps, Malanga est devenu célèbre sur la Toile mais dans le mal. Ses anciennes vidéos sont déterrées. Il s’est toujours bourré l’idée depuis l’époque de Kabila qu’il prendrait le pouvoir par la force. A un moment, Malanga s’est même fait passer au pays pour un homme d’affaires. L’entrepreneur avait amené des investisseurs à Kinshasa sans pourtant renoncer à son obsession de diriger un jour le pays. En 2011, le meneur des assaillants était en course aux législatives nationales pour le compte de l’opposition. Mais deux jours avant le scrutin, Malanga fut arrêté. Libéré plusieurs semaines après, il retourna aux États-Unis.

– L’assaut des loyalistes –

Les forces de défense ont vite dégainé pour mâter les hors-la-loi. Les assaillants ont été neutralisés, ceux qui ont tenté de fuir, rattrapés. Le cerveau moteur voulant s’échapper a été tué dans les marécages juste après l’enclos du Palais de la Nation en allant vers le fleuve. Les autres se seraient noyés. Le fils du chef rebelle et un prétendu citoyen américain ont été sortis comme des rats dans les étangs où ils se terraient. Une autre vague de vidéos montre les insoumis apeurés placardés au sol après leur arrestation. “Ils ont feint en enlevant des tenues mais tous ont été repérés et arrêtés”, se targue un loyaliste heureux d’avoir réussi l’opération. L’un des assaillants témoigne dans une courte vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux qu’ils ciblaient aussi les résidences du vice-Premier ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba et de la nouvelle cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka.

Dans la journée, la stupeur et la consternation se lisaient sur les visages de Kinois. A la télévision publique, l’armée annonce qu’une tentative de coup d’État a été déjouée. Une quarantaine d’assaillants ont été arrêtés tandis que quatre autres, dont leur chef, “un certain Christian Malanga, un Congolais naturalisé américain”, ont été “neutralisés par les forces de sécurité”. Le porte-parole des FARDC, le général de brigade, Sylvain Ekenge appelle ainsi la population au calme et à vaquer librement à ses occupations, assurant que la situation est sous contrôle.

– Des réactions fusent –

Dans un communiqué, le gouvernement congolais a dénoncé le coup de force mené par les forces du mal hostiles à la paix, prévenant avoir renforcé les dispositifs sécuritaires auprès des institutions, des dirigeants et de la ville de Kinshasa. Le ministre Patrick Muyaya a prié la population à dénoncer tout mouvement suspect.

De son côté, le parti de Kamerhe a réprouvé en des termes durs l’attaque ayant visé la résidence de son leader. A la permanence de l’UNC à Barumbu, le secrétaire général, Billy Kambale, a parlé d’une action qui ciblait personnellement Vital Kamerhe. “L’UNC demande aux autorités compétentes de diligenter une enquête pour déterminer les auteurs. L’UNC félicite les Forces armées de la République démocratique du Congo pour la promptitude avec laquelle elles ont pu neutraliser les assaillants qui, après la résidence du président national, ont tenté de déstabiliser les institutions de la République au Palais de la Nation », a déclaré Kambale.

A Addis-Abeba, l’Union africaine a dénoncé “fermement” la tentative de putsch. Le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a condamné la “tentative de coup d’État” que l’armée a dit avoir déjouée. “Le diplomate se réjouit que l’ensemble des responsables des institutions républicaines soient sains et saufs” et condamne “tout recours à la force pour changer l’ordre constitutionnel dans tout État africain quel qu’il soit”, selon un communiqué consulté par Ouragan.

L’ambassade des États-Unis à Kinshasa vilipendée à tort sur les réseaux sociaux pour la présence supposée d’un citoyen américain dans les rangs des putschistes a promis de collaborer avec les autorités congolaises sur le dossier.
Lucy Tamlyn, la cheffe de la mission diplomatique américaine à Kinshasa, a rassuré que Washington tient pour responsable tout citoyen américain impliqué dans ce genre d’actes. “Nous notons par ailleurs que ces événements ont occasionné des cas de désinformation ciblant l’ambassade sur les réseaux sociaux. Nous encourageons la presse à considérer la crédibilité des sources, à recouper et examiner toute information relative aux événements précités , a-t-elle interpellé. Une manière pour l’administration Biden de se désolidariser de ses citoyens qui se livrent à de telles aventures criminelles.

A Limete, les combattants du parti présidentiel en furie se sont déployés autour de la résidence de la mère du chef de l’Etat, Marthe Kasalu pour, disent-ils, la sécuriser. Sur les réseaux sociaux, ils ont maudi les autorités politico-militaires incapables, selon eux, de protéger le chef de l’État, Félix Tshisekedi et le pouvoir de l’Udps, obtenu de longue lutte.

Nos tags

Élection
Ceni
Politique
GUERRE
Agression
Culture
Économie

La Première ministre Judith Suminwa a exprimé vendredi son ferme engagement à faire exécuter le programme d’actions du gouvernement calqué sur les six engagements du président de la République repris dans son son discours d’investiture, après sa réélection pour un second quinquennat.


Nation

Lors de la première réunion du gouvernement Suminwa vendredi à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le président de la République, Félix Tshisekedi, a invité les nouveaux ministres à se mettre résolument au travail pour répondre aux attentes du peuple congolais.

Taux de change

DeviseCDF
1 Dollar Usa2,803.00 CDF
1 Euro3,044.90 CDF
1 Yuan384,59 CDF
1 FCFA 4,64 15686 CDF

Appel d'offres

Sélection des fournisseurs des équipements médicaux en faveur des projets du FCP III – Phase transitoire en Ituri et au Sud Kivu


offres d'emploi

logo

2022© Ouragan.cd Tous droits réservés.

Ouragan cd




2022© Ouragan.cd Tous droits réservés.