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ARSP-FEC, la détente après les égarements du patronat

L’heure est à la détente entre la FEC et l’ARSP après des rounds des convergences de vue sous la facilitation du ministère en charge de l’Entrepreneuriat. La sempiternelle question de prête-noms demeure en suspens, de l’avis des analystes. A la FEC, de rectifier le tir et de s’aligner pour de bon.

Par Ouragan Avec RFI.fr

Le directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb et les délégués du patronat congolais @Photo Droits tiers.

publié le 14 mai 2024 à 01:06:00

Le DG de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Katemb, a, maintes fois, manifesté sa détermination à mettre terme au système de « prête-nom », consistant à enregistrer des entreprises avec des identités des nationaux alors que le capital réel est détenu par d’autres personnes.

Miguel Katemb a singulièrement ciblé le secteur minier. « Nous voulons annoncer à tous les sous-traitants congolais et à toutes les sociétés de sous-traitance en République démocratique du Congo que le système de prête-nom doit être considéré comme du passé. Dans notre contrôle, nous n’allons plus tolérer le système de prête-nom. Le chef de l’État veut créer une classe moyenne véritablement congolaise », a-t-il déclaré, au sortir d’un entretien avec la ministre des Mines, Antoinette N’samba Kalambay.

Et d’ajouter : « Il y aura un protocole d’accord qui sera signé entre le ministère national des Mines et l’ARSP. Ça sera un protocole d’échange d’informations. Le ministère nous a rassuré de son accompagnement ». Plus d’une année après, le principal patronat congolais, la Fédération des entreprises publiques (FEC) accuse plutôt les sous-traitants et des firmes multinationales de recourir à des prête-noms.

Ce procédé utilisé par les grandes entreprises est un goulot d’étranglement du secteur de la sous-traitance en RDC. Selon l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, 80% du marché sont détenus par des étrangers. Les entrepreneurs congolais dénoncent des pratiques de corruption qui favorisent la fraude dans le secteur. Ils exigent des sanctions vis-à-vis des multinationales qui ne respectent pas la loi.

« Nous avons des fiches de vidange. Chaque fois que nous allons vidanger chez un abonné, il y a une signature de certification ». Patrick Wamanganda est le directeur de la Générale d’assainissement, une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets qu’il a montée il y a plus cinq ans à Kolwezi. Avec ses 20 employés, Patrick travaille avec des particuliers, car le marché de la sous-traitance dans le secteur minier par exemple, est verrouillé.

Selon lui, les expatriés, gérants d’entreprises vont jusqu’à soudoyer des Congolais pour qu’ils prêtent des noms à leurs sociétés afin d’échapper au contrôle de l’État. « Celui qui décide, c’est un expatrié, il sait que ce marché va produire deux, trois, quatre, cinq millions. Il préfère faire venir ses frères. Ils utilisent un nom congolais ou ils passent par une entreprise congolaise qui a le marché, explique Patrick Wamanganda. Vous qui n’avez même pas un marché d’à peine 10 000 dollars, quand on vous propose 15 000 dollars ou 20 000 dollars, vous ne pouvez qu’accepter. »

Le secteur privé n’est pas le seul accusé de confisquer le marché de la sous-traitance, il y a également le secteur public. Germain Pungwe, président du patronat à Kolwezi l’a dénoncé fin septembre lors du forum Expo Béton. « La FEC Lualaba pense que les marchés publics doivent être une occasion pour promouvoir l’entrepreneuriat en créant des marchés destinés aux nationaux, indique-t-il. Aussi, il a été noté la présence de plusieurs entreprises créées par des décideurs, des donneurs d’ordres qui, au détriment des entreprises traditionnelles du secteur de la sous-traitance, prennent tous les marchés. »

– Campagne de contrôle –

Dans le secteur de la sous-traitance, 8 milliards de dollars échappent chaque année à l’économie du pays, a déclaré pour sa part le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance. Pour tenter de remettre de l’ordre, l’État a lancé au début de ce mois d’octobre une campagne de contrôle dans le secteur minier. Le souci est de voir les nationaux accéder aux 51% des parts dans les sociétés de sous-traitance.

Le Congo est au niveau de la sous-traitance, mais les autres pays sur le continent, c’est sur les activités principales que les nationaux doivent détenir des parts sociales, considère Miguel Katemb, le directeur général de l’autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé. À titre statif, à Dubaï, c’est 50% pour un ressortissant du pays. En Afrique du Sud, c’est 26% des parts dans les sociétés principales pour un sud-africain.

– FEC et ARSP regardent désormais dans la même direction –

Les discussions ont abouti à un nouvel accord qui lie les deux parties, les engageant à travailler ensemble pour concrétiser la vision du chef de l’Etat. La FEC, représentée par son président Robert Malumba Kalombo, et l’ARSP, agissant via son directeur général (DG), Michel Kashal Katemb, se sont engagées à regarder dans la même direction pour promouvoir le développement économique de la République démocratique du Congo. Ce partenariat renforcé est un signal positif pour les acteurs économiques du pays, qui pourront désormais bénéficier d’un environnement propice à la croissance et à l’innovation.

Au-delà du règlement du différend, le ministre Désiré M’Zinga a promis de jeter les bases d’une coopération mutuellement avantageuse entre toutes les parties.

Il y avait des divergences entre l’ARSP et la FEC. Les experts de nos institutions ont travaillé et nous ont amené les résultats qui ont été acceptés par tous. Après le travail, nous avons enterré la hache de guerre, a déclaré le président de la FEC, résolument tourné vers un avenir radieux.

Pour sa part, le DG de l’ARSP a évoqué l’urgence autant pour son établissement public que ses partenaires dont le patronat de travailler pour la réalisation de la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Notre pays a connu des problèmes graves avec son économie et le président de la République est en train de corriger ces erreurs. Actuellement, nous voyons l’intérêt du pays et nous allons atteindre les attentes de la population congolaise selon la vision du chef de l’État. Le président de la République s’investit pour l’entrepreneuriat et le développement de la chaîne de valeur congolaise. La FEC et l’ARSP sont donc liées afin de relever ce défi, a soutenu, plein d’enthousiasme, Miguel Kashal.

Cette année, le nombre des sociétés à capitaux congolais est passé de 4 000 à 15 000. Toutes veulent avoir accès au marché de la sous-traitance afin de relever l’économie du pays.

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