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Surproduction des jus, limonades et eaux de table, un accroissement des recettes de l’État attendu

La barre symbolique de 10 000 000 hl de jus et limonades made in DRC pourrait être atteinte fin 2024, selon les données fournies à la DGDA par Bracongo, Bralima, Brassimba, Sogakor et Hyperpsaro. Les projections minimales de production sont, en effet, de 9 118 606 hl sur lesquels le service de douanes compte capter 91 716 986 930 FC.

Par Pold Levi Maweja

Une marque de l’eau en bouteille vendue dans les supermarchés de Kinshasa @Photo Droits tiers.

publié le 23 avril 2024 à 01:43:00

Par contre, la Direction générale des douanes et accises table plutôt sur une production minimale de hl des eaux de table et 766 494 hl des limonades et jus pour lesquelles elle (DGDA) compte percevoir 7,51 milliards de francs des droits d’accises. La production locale d’eaux minérales de table a, en effet, chuté de 2 112 232 hl en 2020 contre une prévision de 766 494 hl en 2024.

Selon la DGDA, les droits d’accises sur les eaux minérales importées devraient rapporter moins de 300 millions de FC et plus de 5,41 milliards de FC pour les jus et limonades importés. De par leurs étiquettes, des eaux de table et des jus vendus sur le marché local rappellent le Canada, les États-Unis, l’Egypte, etc. Et pourtant, tous ces produits ou presque sont fabriqués à Kingabwa, le quartier industriel de la commune de Limete ou encore des produits des petites et moyennes entreprises (PME) installées dans le Kongo central, aux bordures de la nationale n°1, axe Matadi-Kinshasa.

– Les étrangers contrôlent l’eau de la RDC –

Il y a 5 ans, la DGDA avait plutôt perçu plus de 12,7 milliards de francs sur des assignations de 21 milliards de francs contre un petit milliard de francs sur les eaux de table, jus et limonades importés. La production locale a rapporté à la douane 12.6 milliards de francs et 13,3 milliards de francs en 2014, il y a donc 10 ans. Par ailleurs, le ministère chargé des Ressources hydrauliques chiffrait à près de 2.5 milliards de francs, environ 2 millions de dollars, la redevance sur les auto-producteurs des eaux naturelles, minérales et thermales. Rien n’est prévu pour 2024. Rien n’a été perçu en 2023, même si en 2022, les opérateurs du secteur ont versé 129 115 097 FC. En 2015, la redevance qui est, en pratique, perçue par la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD), a été captée à plus de 2 961 %, soit plus de 1.3 milliard de francs sur des attentes d’environ 46 millions.

L’industrie des eaux de table et produits connexes reste concentrée entre les mains des expatriés (Aqua Cool, Aqua rim, Abeer, Canadian, American, Alpina…) généralement indopokistanais et libanais. Certains nationaux financés par le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), se sont aussi lancés dans l’aventure.
C’est le cas de l’eau de table estampillée « Ma vie » produite au Kongo central. Son promoteur aurait reçu, sans appel d’offre officiel, la distribution exclusive dans les institutions publiques dont la Primature. Ce contrôleur de la DGRAD fait aussi remarquer que les eaux de table produites par des Indopakistanais, par exemple, ne sont distribuées que dans des magasins et restaurants tenus par leur communauté, il en est de même pour des Libanais.

« Vous ne verrez jamais Aqua cool servi dans un resto des Libanais. Ou encore Canadian dans un restaurant pakistanais ou indien. Il en est de même des jus », poursuit-il. Le ministère chargé des Ressources hydrauliques a, par ailleurs, élagué de son répertoire des actes générateurs des recettes, la redevance sur les eaux minérales et minéralisées, commercialisées ainsi que les eaux thermales.

Selon le ministère de l’Industrie, des eaux de table se distinguent, en effet, de par leurs sources. Ainsi, pour l’exercice 2024, l’autorisation d’exploitation des eaux naturelles de surface ou souterraines devrait rapporter au bas mot, 556 544 300 FC. Ce qui représente une chute des recettes de 76,5% par rapport aux prévisions de 2023. En 2015, la redevance avait rapporté 128,3 millions de francs alors que l’autorisation de recherche des eaux naturelles, minérales et thermales, n’a donné que quelque 9.3 millions. Cependant, pour des observateurs avertis, nombre de fabricants d’eaux de table ne recourent qu’à l’eau distribuée par la REGIDESO à laquelle ils ajoutent des purifiants d’eau. Et le tour est joué.

– Plus rien ne rassure –

Les eaux minérales sont censées être des eaux qui possèdent des caractéristiques chimiques stables de nature à apporter leurs propriétés favorables à la santé. Mais de l’avis des experts de l’Association pour un contrat mondial de l’eau (ACME), les opérations de marketing priment sur les normes EDCH (Eaux destinées à la consommation humaine). Les eaux de table, d’après l’ACME, sont généralement beaucoup trop minéralisées pour être consommées à longueur de journée ou même obtenir l’appellation « Eau potable ». D’après l’ACME, l’eau en bouteille n’est pas plus protégée de la pollution que l’eau du robinet. Membre de l’ACME, Jean-Luc Tanly parle du “mythe de la pureté de l’eau en bouteille!”. Et l’Association pour un contrat mondial de l’eau, « boire une eau minérale à sa source, et boire la même eau stockée en bouteille, présentent autant de différences qu’admirer un animal sauvage, évoluant librement dans son milieu naturel, et même, empaillée dans une vitrine du Muséum d’Histoire Naturelle ». Pour l’ACME, une eau minérale en bouteille n’apporte rien de ce qui faisait la valeur originelle de la source mais au contraire entartre l’organisme au niveau des articulations et des muscles.

L’organisme n’a, en effet, besoin de minéraux et d’oligoéléments qu’en très petite quantité et une consommation d’eau minérale toute la journée l’obligera à puiser dans ses réserves énergétiques pour éliminer le surplus, avec un risque d’épuisement des organes filtres (reins notamment). « Utilisées à dose journalière comme eaux de table, les eaux minérales conduisent à des sulfatages des milieux intérieurs et préparent le terrain d’affections lourdes », atteste l’ACME. Et de poursuivre : « Boire ces eaux-là, c’est aller dans le sens contraire de la vie, se laisser glisser sur les terrains des maladies et de dégénérescence […] c’est l’abaissement insidieux et silencieux des énergies cellulaires micro-vibratoires ».

Selon le site Bioddict.fr, une enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), juge 22 % des eaux minérales non conformes aux teneurs indiquées ou aux normes en vigueur. Des concentrations anormales de baryum, manganèse… ont été répertoriées parmi ces eaux embouteillées en France et dans l’Union européenne. L’enquête note aussi des déficits en minéraux par rapport aux teneurs indiquées. Sur 21 eaux minérales testées par le magazine Que Choisir en juillet 2014, seules 5 étaient inférieures à la limite des 1500 mg /l évoquée par le corps médical comme étant la limite à ne pas dépasser (alors que les naturopathes évoquent plutôt la limite des 200 mg/l et les bio électroniciens 50 mg/l!)).

Dix ans après, les mêmes inquiétudes demeurent : des eaux minérales contenant des traces d’excréments humains ont été repérées dans des rayons des supermarchés en France. Enfin, une récente enquête menée aux États-Unis a révélé que certaines marques d’eau embouteillée renferment les mêmes contaminants que l’eau du robinet (Environmental Working Group, Drinking Water – Bottled Water Quality Investigation : 10 Major Brands, 38 Pollutants). Et pour cause : 40 % de l’eau distribuée en bouteille dans le monde serait en fait de l’eau du robinet à laquelle ont été rajoutés des minéraux!

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