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Le forcing éhonté de Mboso

Avec le rétropédalage d’Augustin Kabuya, le vieux routier se retrouve au bas-côté de la route. Mboso, mieux son entourage, s’est hasardé à afficher dans les journaux, des portraits de campagne de manière précipitée, associant son image à celle du secrétaire général de l’Udps, prétendant que c’est le ticket Union sacrée. Faux et archifaux.

Par Landry Amisi

Christophe Mboso, président d’y bureau provisoire de l’Assemblée nationale @Photo Droits tiers.

publié le 12 avril 2024 à 03:04:00

Un camouflet pour Mboso. Le patriarche qui refuse d’aller en retraite bien que croulant sous le poids de l’âge, vient de recevoir la gifle. Il s’est lancé dans une pré-campagne se collant à Kabuya, le prétendu gardien du temple. Mais le renoncement du SG du parti présidentiel au poste de premier vice-président, laisse le speaker sortant sur le carreau. Depuis plusieurs semaines, l’élu de Kwango impose une certaine lenteur aux travaux de la Chambre basse. Il conditionne la tenue des plénières au paiement des émoluments des élus. Une belle excuse même si tout le monde sait que l’argument avancé est un prétexte fallacieux pour allonger son séjour au perchoir. En réalité, il manigance avant de publier le calendrier pour l’élection du bureau définitif. Le successeur de Mabunda à la législature passée confond malheureusement d’époque. Là, il n’est qu’un simple président du bureau provisoire et non le chef du bureau définitif. Mais, sa conduite de la Chambre, pendant cette courte période de transition, exaspère plus d’un. Ses délires laissent entrevoir une continuité tacite. Il tourne en rond et ne se hâte pas à terminer sa mission, pour permettre à l’Assemblée nationale d’entrer dans le vif de son travail. Mboso oublie que seul son âge lui a donné, au regard de la loi fondamentale, ce privilège de reprendre la direction du perchoir jusqu’à l’installation du bureau définitif. Point barre.

– Mboso conspué –

Lors du huis clos qui a suivi la plénière de validation des pouvoirs des élus repêchés par la Cour constitutionnelle après la forfaiture de Denis Kadima, le président du bureau d’âge se fait conspuer. Des huées ont été entendues dans toutes les travées de l’hémicycle. Il a été arrêté dans sa comédie par ses collègues fatigués de son leadership décadent. Lui qui a osé même orienter le choix des élus. Il a appris à ses dépens surtout quand la salle criait “Kamerhe, Kamerhe”, son pire cauchemar qu’il considère comme une barricade hérissée pour arrêter son “projet de perchoir à vie”.

La clameur des élus contre sa personne est un signe de désaveu. Un message pour lui dire “pas toi”. Mais pour se faire bonne conscience, il s’improvise en donneur des leçons. A voir ses agissements, il ne s’épanche jamais sur sa situation délicate. Toute honte bue, il mène, par contre, une campagne de charme vendant monts et merveilles à un électorat totalement opposé à son style de gestion.

En privé, nombreux responsables de groupes parlementaires ont déjà promis de lui infliger une raclée s’il ose se représenter. Les élus de la dernière législature reprochent à l’ancien mobuto-kabiliste sa manière théâtrale de gérer les questions sensibles du pays et surtout d’être habité par un esprit kamikaze. Ce jusqu’au-boutisme qui peut conduire le pays dans le gouffre pour autant qu’il plaise au chef, est rejeté presqu’à l’unanimité. Il recourt aujourd’hui aux mêmes méthodes de flatterie utilisées sous Mobutu et Kabila pour embarquer les esprits faibles. “Ça ne passera pas”, tranche un pro-Bahati dont le chef de file attend le bon moment pour rebondir. De bouche en bouche, la consigne passe déjà. La Chambre basse de 2023 mérite mieux que le folklore de la législature passée.

– Le vieux loup ne veut rien lâcher –

Dans son forcing, Christophe Mboso refuse de voir la vérité en face. Il se cramponne et force désormais la main du chef de l’État, espérant sans poids politique réel, dribbler tout le monde. Le contexte qui avait penché en sa faveur après l’éviction du bureau Mabunda n’est plus le même aujourd’hui. L’attribution des postes au bureau de la Chambre basse doit refléter le poids réel des partis et regroupements politiques de la mouvance au pouvoir. Or sur ce terrain-là, le vieux briscard est non partant. Sa formation politique et toutes ses mosaïques pointent au bas du tableau. Par rapport à Kamerhe, Tony Kanku, Bahati, Sama ou même Paluku, Mboso est très loin derrière le peloton de tête. Il ne pèse pas et son regroupement politique n’est pas dans le top 10 en termes de nombre d’élus des principales forces de la majorité.

Pour contourner la logique démocratique, l’homme avance désormais des critères subjectifs. Loyauté, obéissance au guide et enfin il se vante d’avoir le profil pour faire passer des réformes. Lesquelles ? Son entourage ne pipe mot. Il couvre un mystère qui le met, semble-t-il, en position d’avoir la bénédiction du chef de l’État pour rempiler. Ainsi, il accuse à haute voix ceux qu’il estime le challenger pour prendre les rênes de la Chambre, de ne pas rouler pour le chef de l’Etat. Pour lui, les autres présumés candidats vont trahir car aspirant au fauteuil présidentiel alors que lui défend la continuité de Félix Tshisekedi même après son deuxième et dernier mandat.

De soutiens de Mboso, la rhétorique est bien connue. Il faut permettre au président de s’éterniser au pouvoir pourvu que leur mentor garde son poste. Une subjectivité criante qui a provoqué l’ire d’un élu Udps qui a appelé à stopper vite cette dérive.

– La dure bataille –

Présentement, l’ancien speaker ne s’est pas encore rendu compte qu’il est déjà conjugué au passé. Quand il sera informé des derniers arbitrages faits en haut lieu, Mboso tombera de haut. Pas normal que l’octogénaire se préoccupe encore à jouer les premiers rôles, au lieu de passer la main ou de rester à l’écart du jeu en prodiguant des sages conseils à la jeune génération. Voilà le mal congolais qu’il faut nommer et condamner, souligne un ancien élu Lamuka. S’il s’entête à compétir, il mesurera la dureté de l’adversité, ajoute un autre député du pouvoir rebuté à l’idée de voir Mboso revenir à la tête de l’Assemblée nationale.

“Son bilan de la législature passée a été totalement médiocre. Lui donner un nouveau mandat, c’est niveler la Chambre vers le bas”, a-t-il fustigé. Même les assistants parlementaires de la législature passée sont descendus dans la rue pour exiger son départ à cause de sa mauvaise gestion de la Chambre. Depuis plusieurs mois, ils sont impayés. Le coupable, c’est toujours Mboso, réputé pour son insouciance au malheur des autres. Bien que violentés par la police, ils sont déterminés à accentuer la pression jusqu’à ce que le patriarche va capituler en épongeant tous leurs arriérés de salaires.

En attendant l’annonce officielle de l’option levée par Tshisekedi, Mboso ne s’interdit pas de s’exhiber comme le choix du chef. Une pâle image d’un pays qui aspire à reprendre son leadership au niveau du continent. Pour atteindre le sommet et inverser les rapports actuels de force dans la région, le Congo-Kinshasa se doit d’aligner ses meilleurs pions au sommet des institutions. Des cadres compétents qui pourront réellement œuvrer pour le bien-être du peuple congolais et sauront surtout faire entendre la voix du pays à l’international.

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