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Exclusif – le site de la décharge publique de Mpasa (Raskin) spolié et loti de force

La Régie d’assainissement de Kinshasa (Raskin) accuse une dame qui se prévaut tante du président de la République de s’être accaparée du principal centre d’enfouissement des déchets de la capitale, à Mpasa, dans la commune de la N’sele, partie est de Kinshasa, à près de 45 Km du centre-ville.

Par Popol Rabuni

Le site de RASKIN de Mpasa laissé à la ville par l’Union européenne pour le recyclage des déchets. @ Photo Droits tiers.

publié le 19 avril 2024 à 04:59:00

Le site aux dernières nouvelles est cerné par des éléments identifiés comme ceux de la Garde républicaine. Tous les travailleurs de Raskin ont été chassés. Le site est en plein lotissement, selon M. Benjamin Kuketuka, auditeur à la Raskin.
Dans le projet initial de l’assainissement de la ville de Kinshasa, plus de 15 millions d’âmes et des dizaines d’entreprises, chacun de 4 districts de la capitale (Tshangu, Funa, Mont-Amba et Lukunga) devrait disposer d’un centre de traitement final des déchets, hélas, regrette l’auditeur de la Régie d’assainissement de Kinshasa, l’unique que le siège des institutions publiques possède est sur le point d’être ravi par une dame qui se déclare tante du chef de l’État, Félix Tshisekedi. « Avec la complicité d’un juge, elle dispose d’un document qui lui octroierait la propriété du site que l’Union européenne a pourtant légué à la ville de Kinshasa ». Le Centre d’enfouissement technique de Mpasa a été construit en 2010, sous financement du Fonds européen de développement et occupe une superficie de 130 hectares, d’après les données disponibles à l’Hôtel de ville. Selon les experts, il faut attendre au moins 25 ans pour que le site d’une décharge publique ne soit exploité derechef à d’autres fins. Auteur de “Kinshasa, urbanisation et enjeux écologiques durables », paru en janvier 2020 chez l’Harmattan, Holy Holenu Mangenda estime que la gestion des déchets urbains est l’un des enjeux écologiques majeurs de la ville-province de Kinshasa.

La capitale de la RDC, qui produit près de 10 000 tonnes de déchets par jour, (estimation 2019) ne dispose que d’un seul centre d’enfouissement, dont la dimension est selon lui de 50 000 m2, est plus ou moins à l’abandon, avec les conséquences sanitaires et environnementales catastrophiques à court terme si l’on ne met en place, en toute urgence, une gestion efficace qui viserait non seulement à collecter ces déchets mais également à les valoriser et à les recycler.

Les 10 000 tonnes de déchets produits au quotidien par Kinshasa, sont, en majorité, constitués d’ordures ménagères qui sont des restes alimentaires, c’est-à-dire des matières putrescibles, qui représentent plus de 50 % de la production des déchets, des plastiques de toutes sortes (20%), des papiers cartons, des sachets, des métaux, des verres, des textiles ainsi que des déchets biomédicaux et industriels dont il est difficile d’estimer les volumes, car les enquêtes dans les usines sont compliquées à mener, note Holy Holenu Mangenda. Une étude réalisée dans les centres de santé de la capitale, poursuit-il, a mis en évidence que les principales maladies sont celles « des mains sales » et le paludisme (malaria) qui est l’une des principales causes de mortalité dans la ville de Kinshasa. Ces maladies sont dues en grande partie à l’insalubrité, consécutive à l’omniprésence des ordures dans la ville. Ainsi, l’anophèle femelle, le moustique qui transmet le paludisme, trouve dans ce milieu malsain une niche où elle peut se développer.

L’Hôtel de ville a résolu, en violation des textes, selon l’auditeur de Raskin, de confier des missions dévolues à la Raskin à des privés qui ont monté, de bric et de broc, des Ong. Les autorités urbaines signent des contrats avec des ONG sans jamais associer l’organe technique qui est la Raskin. « La Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) aurait dû nous rétrocéder des recettes découlant des actes générateurs du secteur de l’environnement qu’elle perçoit, hélas, rien ne se fait », s’offusque Benjamin Kuketuka. Et de poursuivre dans un entretien en Lingala avec Top Congo, « J’étais très vexé d’attendre dire par une autorité de la ville que la Raskin fonctionne avec ses propres moyens. C’est faux ». Raskin accusait, à fin mars 2024, dix mois d’arriérés des salaires. D’ailleurs, la dernière paie s’est réalisée en lambeaux. Des techniciens éboueurs n’ont touché que 39 dollars…saucissonnés.

« Nous vivons des forfaits. (…) C’est comme si nous vivotons des aumônes de l’Hôtel de ville. Raskin n’a même été associé dans le projet Kin Bopeto ». Les actifs de la Régie d’assainissement de la capitale ont même fait l’objet d’une vente publique “restreinte”. « Nous avons été surpris de la vente de la dizaine des camions d’assainissement de Raskin. Et les acquéreurs se sont révélés être les membres du comité de gestion nommés dernièrement par Gentiny Ngobila », confie l’auditeur de Régie. Les trois derniers camions ont été cédés à une firme turque. Raskin a hérité du projet Parau piloté par l’Union européenne, de 61 stations de transfert des déchets au centre-ville, il n’en reste qu’une quinzaine en état de délabrement continu. La ville a vendu la plupart de ces stations aujourd’hui muées aujourd’hui en briqueterie, stations d’essence, etc.,

Selon l’auditeur de Raskin, Kinshasa a besoin de 12 millions de dollars, au bas mot, le mois, outre les camions et autres moyens logistiques, pour son assainissement. Mais sans son centre d’enfouissement de Mpasa, ce ne serait que cautère sur jambe de bois.

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