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Bienvenu Mulwa : “la RDC dérive dans la gouvernance de ses rivières”

La République démocratique du Congo regorge d’importantes potentialités en ressources en eau et en écosystèmes aquatiques dont la gestion, la protection et la mise en valeur sont soumises à de nouveaux défis qu’imposent le développement durable, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique.

Bienvenu Mulwa Gasuga, chef de bureau ressources bassins et sous-bassins à la direction des ressources en eau, du ministère de l’Environnement et développement durable et aussi ingénieur agronome de formation en orientation eau et sol @Photo Droits tiers.

publié le 12 avril 2024 à 01:10:00

L’accès de la population à l’eau demeure un défi à relever. Le pays dispose depuis décembre 2015 de la loi n°15/026 relative à l’eau dans le but de mieux protéger le secteur. Malheureusement, ce texte souffre d’application. A Kinshasa, la gestion des rivières pose un sérieux problème. Elle expose la ville à d’énormes risques permanents dont les inondations observées dans plusieurs quartiers à la suite des pluies diluviennes.

Aussi, il est observé l’absence de curage permanent des rivières, les constructions anarchiques à proximité qui rétrécissent leur bassin naturel. Lors d’un entretien à Ouragan, l’ingénieur Bienvenu Mulwa a indiqué que la non-application des textes dans ce secteur est à la base de la mauvaise gouvernance des rivières dans la ville.

Ouragan : Ingénieur Bienvenu Mulwa, le monde entier a célébré le 14 mars 2024 dernier, la Journée mondiale de l’action pour les rivières. Quel est votre regard sur la gestion des rivières à Kinshasa ?

Bienvenu Mulwa : Merci pour la question, d’emblée avant d’y répondre, je suis Bienvenu Mulwa Gasuga, chef de bureau ressources bassins et sous-bassins à la direction des ressources en eau au ministère de l’Environnement et développement durable. Également ingénieur agronome de formation en orientation eau et sol et j’ai une maîtrise en irrigation et drainage. Pour revenir à votre question, la gestion des rivières dans notre pays en général et dans la ville de Kinshasa est catastrophique du fait du non-respect de l’application des lois y relatives. Ceci ne favorise pas justement le maintien et la protection de la qualité des eaux de nos rivières en général et à Kinshasa en particulier.

Y-a-t-il une réglementation régissant les rivières dans notre pays ?

Oui, il existe bel et bien une réglementation, mais elle n’est pas appliquée. Il y a des lois en la matière. D’abord, nous avons la Constitution qui, dans son article 53, stipule que : “Toute personne a droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral. Elle a le devoir de le défendre. L’État veille à la protection de l’environnement et à la santé de la population”. Ensuite, la loi N°11/009 portant principes fondamentaux sur la protection de l’environnement et enfin la loi n°15/026 relative à l’eau. En effet, par rapport à cette dernière, les articles 40,41,46,47,48,49 et 50 montrent comment les cours d’eau ainsi que leurs zones de servitude doivent être protégés.

A titre indicatif, l’article 46 stipule que “des aires de protection sont établies autour des sources, cours d’eau ou parties de cours d’eau, des retenues de barrage, des lacs, des mares, zones de captage d’eau souterraine et d’une manière générale, des étendues d’eau destinées au moins partiellement, à la consommation humaine ou animale”. Ces aires sont également instituées pour protéger des zones de recharge des nappes souterraines. Pour besoin de captage d’eau de consommation, des périmètres de protection en tant que mesure de salubrité publique sont obligatoires.

Aussi, je vous donne une autre disposition de l’article 49 qui stipule que : sont interdits à l’intérieur des périmètres de protection rapprochée, tout dépôt, installation ou activité de nature à nuire directement ou indirectement à la qualité de l’eau ou à la rendre impropre à la consommation. L’interdiction porte, notamment sur le forage des puits d’exploitation, l’extraction de substances minérales et le dépôt ou l’épandage de toute substance présentant des risques de toxicité, tels les produits chimiques, des pesticides et engrais, des ordures, des immondices, des détritus, des fumiers et des hydrocarbures. A cela, je puis aussi faire allusion à l’article 48 qui dispose que le périmètre de protection immédiate correspond à l’environnement proche de l’endroit où s’effectue le captage. Il a pour fonction principale d’empêcher la détérioration des ouvrages et d’éviter tout déversement de substances polluantes à proximité immédiate du captage.

Quels sont les services qui s’occupent de la gestion des rivières ?

A cette question, nous pouvons dire que parmi les services qui s’occupent de la gestion des rivières, nous avons la direction des ressources en eau. Celle-ci travaille en collaboration avec les services ayant en charge les titres fonciers et/ou l’aménagement du territoire.

A quoi attribuez-vous l’état actuel des rivières de la ville de Kinshasa ?

Nous pouvons dire que cette situation est due à la mauvaise gouvernance du secteur. Aussi, allons-nous ajouter que les services de l’hôtel de ville sont défaillants dans la gestion. Cependant, il se pose un problème d’équipements pour mieux faire le travail. Or ces services, semblent-ils, ne sont pas équipés. A notre humble avis, le pouvoir public doit intervenir pour y faire face.

Selon vous, la ville de Kinshasa compte combien de rivières ?

Là, il y a besoin d’un travail d’inventaire qui doit être fait. Mais, je peux vous dire que le réseau hydrographique de la ville province de Kinshasa est relativement dense.

A partir du regard que vous venez de porter à ce sujet, comment pensez-vous voir les rivières être gérées durablement selon les normes dans la capitale ?

Je pense qu’il faut mener de réformes importantes comme celle de la gouvernance des services censés gérer les ressources en eau d’une part et d’autre part élaborer des mesures qui devraient accompagner la loi relative à l’eau, promulguée depuis le 15 décembre 2015 par le chef de l’État ; et surtout l’approche GIRE qui doit être adoptée à tous les niveaux pour une bonne gestion des ressources en eau dont dispose notre pays.

Je saisis cette occasion pour remercier Ouragan pour cet entretien et nous vous assurons de notre disponibilité pour d’autres questions intéressant notre secteur.

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