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[Tribune] – Moïse Katumbi ne doit pas refuser la main tendue de Fatshi

Lors de son discours d’investiture le 20 janvier, le président Félix Tshisekedi avait promis de tout faire pour combler le poste de porte-parole de l’Opposition. C’est pour la première fois qu’une telle volonté est clairement et officiellement exprimée par le pouvoir. D’où la nécessité pour l’opposition de saisir cette main tendue.

Moïse Moni Della, leader de CONADE et Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour la République. @ Photo Droits tiers.

publié le 5 février 2024 à 12:51:56

Le porte-parolat de l’opposition revient de droit à Moïse Katumbi et ses alliés conformément à la Constitution et à la loi organique portant organisation de l’opposition. Cette réalité vient d’être confortée par les scores de dernières législatives faisant d’Ensemble pour la République la première force politique de l’opposition. Quoi que ces élections, émaillées de pires irrégularités, ont généralement produit des résultats irréalistes.

Au regard de cette nouvelle configuration politique, Moïse Katumbi a ainsi l’obligation de briguer le poste de porte-parole de l’opposition. Ne pas le faire serait dérober à ses responsabilités républicaines.

Refuser ce statut constitutionnel sous prétexte d’éviter de légitimer l’élection de Felix Tshisekedi serait passé à côté de la realpolitik. Quoi que chaotiques, les résultats de ces élections ont été légitimés malgré tout par la célèbre et respectable Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- qui a promis d’accompagner le chef de l’État réélu tout au long de son second et dernier mandat. Que dire de l’incontournable communauté internationale ? Elle a pris acte des résultats de la présidentielle.

Depuis que le leader de l’opposition, Moïse Katumbi a demandé au peuple d’appliquer l’article 64 de la Constitution, quel est le résultat sur l’étendue de la République ? Qu’est-ce qu’on lui propose pour conquérir le pouvoir si ce n’est que les rancœurs et les aigreurs ? L’expérience, vielle de 40 ans, que je dispose suite à mon engagement précoce en politique auprès de treize parlementaires de l’UDPS et plus particulièrement auprès d’Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire, mon père politique, me donne la latitude d’analyser les choses avec autorité et une bonne distance, comme le disait le président français, François Mitterrand.

Tout ce qui se passe aujourd’hui dans l’opposition a été expérimenté hier par l’UDPS : le boycott du processus électoral, la demande au peuple d’appliquer l’article 64, la résidence surveillée, la recherche de l’imperium, la transhumance politique…

En toute humilité, ceux qui proclament la politique de la chaise vide doivent apprendre du passé. Pour l’intérêt du peuple, nous avons fait de l’opposition toute une carrière. Mon compagnon de lutte et directeur de cabinet de l’emblématique Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Albert Moleka est encore vivant pour témoigner. En 2011, après une réunion de l’opposition avec le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur à l’époque, Adolphe Lumanu autour de la sécurité d’Étienne Tshisekedi et l’évaluation du processus électoral, il était mis en place une commission mixte opposition-pouvoir. Du côté de l’Opposition, on avait choisi Albert Moleka, Daniel Aselo et votre humble serviteur Moïse Moni Della. Du côté du pouvoir de l’époque, il y avait Kalev, le directeur de l’ANR, Mr Essambo, l’actuel conseiller spécial du chef de l’État qui était alors le conseiller d’Adolphe Lumanu et le divisionnaire de la police M. Bisengimana. J’ai fait également partie de la délégation restreinte de l’opposition qui est allée voir le président Tshisekedi dans sa résidence rue Pétunias à Limete, au lendemain des élections de 2011 que non seulement nous, une bonne partie du peuple avait considéré que Tshisekedi wa Mulumba et ses candidats avaient largement gagné ces élections. Cette délégation était composée de Martin Fayulu, Samy Badibanga, Jean-Claude Vuemba, Jean-Pierre Lisanga Bonganga et Moïse Moni Della. Le président Étienne Tshisekedi avait réaffirmé son rejet catégorique de ces résultats et que sa seule obsession était de conquérir l’imperium. Il avait, par ailleurs, interdit à ses députés de siéger à l’Assemblée nationale. Quand l’un de nous, membre de la délégation voulait convaincre le vieux animal politique du bien-fondé pour les députés de l’UDPS et alliés de siéger, notre hôte a piqué une crise de colère et mis fin à l’audience. À la sortie, tout près de la grande porte, la respectable, Marthe Kasalu qui suivait un peu de loin mais attentivement cette audience, nous a aussi sermonnés en disant : «Il faut penser au peuple, pas seulement à vos intérêts ». La suite, on la connaît : la majorité de députés UDPS n’avait pas suivi le mot d’ordre de boycott et l’imperium n’a jamais été recouvré et le vieux était assigné dans une sorte de résidence surveillée qui ne disait pas son nom.

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Toute cette parenthèse, c’est pour dire au président Moïse Katumbi qu’il était bien inspiré en demandant à son éminent collaborateur de dire sur «RFI» qu’il ne fera pas la politique de la chaise vide. Dans la même logique, il ne doit pas laisser vide la chaise du porte-parole de l’opposition. Ce n’est pas une faveur de son frère Félix Tshisekedi, mais plutôt un droit. Au nom de la même logique de refuser la politique de la chaise vide et du réalisme politique, il ne doit pas interdire les députés nationaux et provinciaux de son parti et de ses alliés de siéger. Un tel mot d’ordre contribuerait plus à l’affaiblir qu’à le renforcer politiquement.

Il y a pourtant quelques raisons qui doivent pousser Moïse Katumbi à accepter le poste de porte-parole de l’opposition :

  1. Il va accréditer sa légitimité populaire, par une reconnaissance légale à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ;
  2. Il sera tenu informé de certaines affaires de l’Etat, par son statut de chef de file de l’opposition, conformément à la Constitution et à la loi organique ;
  3. L’opposition à travers lui bénéficiera officiellement des moyens financiers de l’État ;
  4. Son acceptation à ce poste va baisser la tension perceptible dans le pays après la fraude électorale à grande échelle et renforcer la cohésion nationale ;
  5. L’opposition divisée, malmenée, ridiculisée, humiliée, maltraitée, dispersée, discréditée, émiettée parlera désormais d’une voix forte, audible, crédible et respectable ;
  6. Une position de chef de file de l’opposition lui permettra de rassembler et organiser celle-ci face aux enjeux futurs.

Moïse Moni Della Idi

Porte-parole du peuple et Co-fondateur historique et authentique de l’UDPS

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