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“Le bourreau des femmes seules”, un roman plat

L’écrivain congolais, Valérien Mulangu raconte, avec platitude, dans son nouveau roman « Le bourreau des femmes seules » publié aux éditions Le lys bleu, les aventures amoureuses de Mario qui habite en France.

Par Grady Mugisho

Valérien Mulangu a publié aux éditions Le lys bleu le roman “Le bourreau des femmes seules”. @Photo Droits tiers.

publié le 20 février 2024 à 04:48:00

D’abord, l’imposture réside dans le titre accrocheur : « Le bourreau des femmes seules ». On croirait, en le lisant, qu’on découvrirait quelque chose d’assez vif, accrochant, à la manière d’un thriller dans le livre. En tout cas, un truc de ce genre. Mais hélas ! le bouquin nous tombe des mains lorsqu’on parcourt quelques pages. Très vite, on se sent pris au piège, en étau. On s’impatiente et on râle durant le trajet de la lecture. L’inconfortable est fait prisonnier ici. Ensuite, la platitude et le manque de saveur nous accompagnera tout au long du récit, comme si l’auteur n’avait pas mesuré l’enjeu de s’être lancé dans une telle entreprise : écrire un roman. Bon, assez disserté ! Considérons le texte de plus près. De quoi s’agit-il ?

– Mario comme Mario de Franco Luambo –

Le livre parle d’un Congolais vivant en France depuis 2013 et qui bénéficie des allocations chômage. Depuis quelque temps, il a une préférence pour les femmes africaines d’un certain âge, mûres, délaissées ou en manque d’affection. Ses deux conquêtes avec lesquelles il jongle jusqu’à présent sont Mony et Tatiana. « L’homme profitait donc de ces dames lorsque son compte bancaire virait au rouge ». Un peu plus tard, le narrateur ajoute : « Il recevait pratiquement de ses dames la somme de six cents euros mensuellement ».

Il a trente-sept ans et s’appelle Mario. Sa situation de vie nous rappelle la chanson de Franco Luambo intitulée “Mario” dans laquelle le musicien congolais parle d’un gigolo qui vit aux crochets d’une femme et qui la brutalise malgré qu’il est entretenu par elle. Par contre, le Mario du livre de Valérien ne maltraite pas ses amours. Il les amadoue par son phrasé qui manque de relief, par sa tendresse forcée et par la sexualité. En tout cas, l’auteur a le mérite de nous embarquer à travers les scènes de sexe. Mais après on s’en lassera, puisque ça deviendra monotone.

– Pour ne pas souffrir encore –

Si Mario préfère les femmes mûres, délaissées, ce n’est pas pour rien. C’est à cause d’une douloureuse séparation avec une jeune fille. “Il s’était juré de ne plus s’enticher de jeunes filles… La jeune Cathy lui brisa tellement le cœur qu’il prit un temps fou avant de se remettre”. Qu’est-ce qui s’est passé? L’auteur n’en dit mot, ce qui donne à cette précision une dimension superficielle. Pourtant, s’il avait essayé d’approfondir cette partie, on aurait peut-être de la compassion pour ce personnage qui n’épatera pas le lecteur, puisqu’il n’est pas attachant, comme d’ailleurs tous les autres personnages qui défileront tout au long des pages.

– L’eau amère –

En jonglant avec ses deux conquêtes citées là-haut, Mario se considère jusqu’à présent comme le maître des lieux jusqu’à ce qu’une rencontre vienne mettre fin à son statut. Là aussi, on s’attendait à une surprise, à quelque chose de sensationnel. Loin s’en faut ! L’auteur nous offre sur le plateau une histoire manquant de rebondissements, dont la fin est amère, c’est-à-dire prévisible. Mais le récit fournit du moins l’opportunité de courts développements sur le divorce, la solitude, le désir de réussir à tout prix pour tout Africain qui quitte son pays d’origine pour mieux vivre ailleurs. “On avait jamais entendu ou vécu pareille histoire, qu’un expatrié en Europe, aux USA rentre bredouille. Cette personne serait la risée de tous”.

« Le bourreau des femmes seules » de Valérien Mulangu, Ed. Le lys bleu, 165 p. 19,7 €.

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