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Kinshasa : le “salongo” réduit à un simple recouvrement d’argent

Le travail manuel communément appelé “salongo” initié par la mairie de Kinshasa dans le cadre de l’opération Kin-bopeto chaque samedi avant-midi afin de lutter contre l’insalubrité dans la capitale, est aujourd’hui réduit à un recouvrement pur et simple d’argent.

Par Alexis Emba

Une vue des caniveaux bouchés par des ordures à Kinshasa. @ Photo Droits tiers.

publié le 20 février 2024 à 04:55:00

Saluée par des Kinois, l’opération avait connu un début rigoureux et obligatoire. Des personnalités de haut rang, des autorités politico-administratives (bourgmestres, chefs de quartiers…) n’hésitaient à faire le salongo. Les vendeurs rendaient régulièrement leurs lieux d’activités propres en les nettoyant chaque samedi avant-midi. Le long de grandes artères de la ville, toute activité qui pouvait rendre salir la chaussée était interdite.

– Le salongo n’est plus qu’un vieux slogan –

Depuis un temps, le travail de propreté ne se fait plus comme par le passé. Dans une mini-enquête menée par Ouragan, les faits démontrent que le véritable salongo a disparu. Il est réduit, selon plusieurs personnes interrogées, à un recouvrement d’argent par les agents de l’ordre pourtant censés contrôler et mettre en application son bon déroulement.

Fiston Kabongo, un cambiste exerçant sur l’avenue Luambo-Makiadi, ex-Bokassa, s’est exprimé en ces termes : “C’est nous-mêmes qui avons proposé aux policiers de l’argent en échange pour qu’ils nous laissent exercer notre activité en nous exemptant du salongo”, a-t-il dit, ajoutant que cela est devenu une habitude comme on peut observer un peu partout dans la capitale.

Une vendeuse des pains a renchéri que le salongo aujourd’hui est en réalité, réduit à une collecte d’argent des agents de l’ordre auprès des vendeurs. Par contre, un jeune détenteur d’une cabine publique sur la grande allée du quartier Funa, dans la commune de Kinshasa, rappelle pour sa part que ce phénomène ne peut être imputé aux seuls agents de l’ordre mais aux Kinois en général qui n’aiment pas travailler et rendre leur environnement propre.

“C’est nous-mêmes qui encourageons la corruption au lieu de la combattre. Au lieu de respecter les instructions, les ordres des autorités, nous, nous cherchons toujours des moyens pour les contourner”, a-t-il déploré. Et d’ajouter : “nous sommes les premiers à proposer la corruption et aussi les premiers à nous plaindre de la même corruption”.

Non loin de là sur l’avenue Dima dans la même commune, Mme Dodo, vendeuse des pains, pense que “balayer devant chez soi pendant quelques bonnes minutes, ne coûte rien du tout surtout que cela nous épargne de certaines maladies provoquées par de saleté”.

M. Mbala, tailleur sur l’avenue Kasaï, dans la commune de Barumbu, déplore que les autorités municipales mettent en avant les sanctions que d’inciter la population à travailler. “Ici, nous faisons l’effort de respecter le salongo en arrangeant notre milieu avant d’ouvrir après 10heures comme prévue. Malheureusement, ces agents passent toujours pour réclamer l’argent sans pour autant s’intéresser au travail qui est fait. C’est donc quelque chose qu’ils ont créé eux-mêmes “, a-t-il fait savoir.

Une jeune fille qui tresse les cheveux au marché Zigida, dans la commune de Kinshasa, pense que le salongo doit concerner tout le monde car la propreté est l’affaire de tous. “Je suis étonnée de constater que chaque samedi avant-midi, on demande à tous ceux qui exercent une activité de commerce de ne pas ouvrir avant 10 heures et d’assainir leurs milieux. Mais jamais, j’ai vu les gens qui vivent dans le quartier faire aussi le salongo. C’est comme si ils ne sont pas soumis a cette décision. C’est grave parce que la propreté est l’affaire de tout le monde. Il faut aussi interpeller la population. Elle doit s’impliquer dans l’assainissement de la ville”.

Malgré le raté de Kin-bopeto, certaines personnes soutiennent que le travail manuel se fait quand-même. Il est question que chacun prenne conscience de rendre propre là où il exerce son activité pour attirer la clientèle. Des voix s’élèvent pour demander aux autorités de sanctionner sévèrement les récalcitrants.

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