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Baba Tshikama : “J’essaie de ramener l’être humain à vouloir apprendre”

Le peintre congolais, Baba Tshikama a un style particulier qui est fait avec la peinture acrylique, la chromatique vive, mais aussi avec les coups de pinceaux verticaux qui mêlent l’art abstrait et l’art figuratif. Licencié en arts plastiques, détenteur d’un master en peinture, cet artiste bourré de talents exploite le thème de l’apprentissage d’une manière particulière, c’est-à-dire à travers les écoliers.

Baba Tshikama est un peintre congolais. Il véhicule le thème de l’apprentissage à travers la plupart de ses tableaux @Photo Droits tiers.

publié le 26 janvier 2024 à 05:00:00

Sur ses tableaux, les silhouettes des élèves et toutes les iconographiques riment avec l’apprentissage. C’est une manière pour cet ancien de l’Académie des Beaux-Arts “de ramener l’être humain à vouloir apprendre”. En effet, le rôle de l’art, pour l’artiste, au-delà de la beauté, c’est aussi de véhiculer un message. À Ouragan, Baba Tshikama, de son vrai nom Tshikama Kalamba Alfred, a parlé aussi de ceux qui ont façonné sa façon de travailler.

Ouragan : Comment peut-on vous présenter à nos lecteurs ?

Baba Tshikama : Je m’appelle Tshikama Kalamba Alfred. Je suis plus connu sous le nom de Baba Tshikama. J’ai un bac +5 en arts plastiques. Je suis détenteur d’un master en peinture. J’ai aussi un diplôme en ingénierie de la culture. Au-delà de la pratique de l’art, j’ai préféré me spécialiser dans l’enseignement, dans la pédagogie de l’art. Cette dernière m’a amené à développer une thématique, à peindre la promotion de l’apprentissage.

Vous savez bien que la plupart des Congolais n’aiment pas vraiment la peinture, peut-être parce qu’ils ne connaissent pas son utilité. L’art sert à quoi précisément ?

L’art sert à véhiculer un message pour les initiés. Il sert aussi à faire ressortir la beauté, à apporter du plaisir dans l’âme. Mais avant tout, l’art sert à véhiculer un message parce que la beauté est relative, c’est-à-dire ce que je peux trouver beau ne l’est pas pour vous. Donc ce qui importe plus, c’est le message. Mais attention, en parlant de la fonctionnalité de l’art, il y a à boire et à manger. Dans certaines œuvres, on n’a pas besoin de connaître le message, mais elles vous plaisent tout simplement. Par exemple, je ne parle pas le mandarin. Mais en écoutant la musique dans cette langue, je peux ignorer le message et me laisser emporter par le rythme, la musicalité. C’est pareil aussi avec la peinture. Je peux ignorer le message, en voyant les couleurs, les chromatiques, cela peut me séduire.

Quand est-ce que cette envie de peindre est venue ?

Très belle question. Je suis fils d’un artiste plasticien, mais pas forcément peintre. Mon père fut enseignant à l’institution qui forme des artistes, ici, au Congo, l’Académie des Beaux-Arts. Il était artiste de métal battu. Lorsqu’on parle de ça, on voit la technique repoussée, c’est-à-dire faire des dessins sur le cuivre. Il a formé plusieurs personnes qui sont devenues aujourd’hui des artistes et enseignants. Moi en grandissant, je rêvais de devenir magistrat, journaliste. Mais quand mon père est décédé, je me suis dit pourquoi ne pas aller faire les arts. Je suis dans l’art maintenant, ça me va bien. Mais aussi, étant gamin, je dessinais bien, c’est peut-être ça aussi qui a joué quelque chose dans ma décision.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en tant qu’artiste ?

J’ai un très mauvais souvenir. Après avoir terminé les études, il y a un moment dans la carrière où mon atelier a pris feu. J’ai perdu une vingtaine d’œuvres d’art, mes peintures, mes livres, mes matériels. Vous savez, quand on perd une œuvre, c’est un peu difficile de la reproduire. Ça, c’est vraiment la grande difficulté que j’ai connue. C’était vraiment un moment sombre de ma vie. Mais sinon, tout ce qui arrive, j’essaie de le surmonter. Bientôt là, j’aurai vingt ans comme artiste actif, ce qui veut dire que je tiens toujours debout. J’ai commencé à pratiquer la peinture, comme profession, depuis 2005.

En regardant vos tableaux, vous avez un style particulier qui est fait avec la peinture acrylique, la chromatique vive, mais aussi avec les coups de pinceaux verticaux qui donnent une profondeur hors pair dans vos tableaux. C’est quoi votre secret ?

Dans ce domaine des arts plastiques, j’ai la chance d’avoir deux maîtres. Le style que j’ai aujourd’hui, c’est grâce à l’artiste peintre Henri Kalama, qui est actuellement le directeur général de l’Académie des Beaux-Arts. J’étais encore son étudiant classique et je le fréquentais dans son atelier. De l’autre côté, c’est grâce à l’artiste Didi Songela. Je peins comme ça, parce que je suis passé entre les mains de grands artistes. Et de loin, j’ai apprécié beaucoup d’artistes, comme le feu Roger Mutembe.

Il y a encore quelque chose d’intéressant dans vos tableaux. En les regardant, on voit que vous vous situez entre l’art abstrait et l’art figuratif. Expliquez à nos lecteurs de quoi s’agit-il ?

En regardant mes tableaux à première vue, ce n’est pas du réel, ce n’est pas du naturalisme, comme c’est le cas avec les tableaux de Léonard De Vinci. Je salue l’âme du docteur Théodore Mudiji qui a qualifié d’ailleurs ma peinture comme étant translucide dans sa qualité de philosophe de l’art. Il m’a dit que ta peinture ressemble à une vitre. Vous voyez, quand on peut voir à travers une vitre, l’impression que ça donne. Donc vous avez l’impression que vous n’êtes pas là, parce qu’il y a une barrière devant vous.

Il y a un thème récurrent dans vos tableaux : les écoliers. Pourquoi ?

Lorsque vous parlez des écoliers, vous essayez de réduire la sentence ou bien l’impact de mes tableaux. Le terme que vous, vous appelez “Les écoliers”, traduit la réalité, l’apprentissage. À travers mes tableaux, cet apprentissage est abordé sous plusieurs facettes. Donc, c’est un apprentissage de la vie courante parce que, on est mieux, on évolue que quand on apprend. Et apprendre, ce n’est pas forcément à l’école. On peut apprendre des erreurs des autres… À travers mes peintures, j’essaie de ramener l’être humain à vouloir apprendre. C’est en se découvrant qu’on va avancer. Ce ne sont pas les tableaux où il faut seulement voir les enfants. Les silhouettes des élèves et toutes les iconographiques riment avec l’apprentissage. Voilà un peu comment je peux résumer le fond de mes tableaux. Souvent, les gens me posent cette question. Je leur dis que je peins l’apprentissage. Et c’est très intéressant que les gens posent des questions devant une œuvre d’art. Ça montre que ça les intéresse. Si c’est le contraire, ce n’est pas un bon signe. C’est lorsque les gens posent des questions qu’on reconnaît l’existence d’un tableau.

Est-ce que tout artiste doit être engagé ?

Oui, oui. Mais le problème d’engagement dépend de la conviction d’une personne à une autre. Il n’y a pas une unité de mesure pour savoir que tel artiste ou tel autre est engagé. C’est peut-être par rapport à sa façon de vivre, à sa façon de faire. Mais pour faire ce métier, il faut être quelqu’un qui est engagé, parce que c’est un métier qui exige vraiment du courage. Sans cette qualité, vous n’irez nulle part.

Quels sont les artistes que vous appréciez ?

J’apprécie beaucoup le peintre français Paul César. J’ai tant observé sa manière d’appliquer. Henri Kalama et Didi Songele m’ont façonné. Par exemple, en regardant les tableaux d’Henri Kalama, j’aime l’engagement qu’il fait dégager à travers ses peintures. Il a aussi une passion exceptionnelle qui m’impressionne. Ce sont ces gens-là qui m’ont mis sur le chemin et je continue à admirer leur travail.

Propos recueillis par Grady Mugisho

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