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Après la CPI, Bemba récidive

Il n’a jamais appris de ses erreurs. Bemba revient toujours sur ses vieilles habitudes. Sa longue détention à la CPI ne lui a pas servi de leçon. Aujourd’hui, l’ex-chef rebelle touche la corde sensible qu’est la nationalité. Un sujet qui risque de plonger le pays dans la violence même si un autre membre du gouvernement avait qualifié ses arrière-grands-parents d’étrangers.

Par Patricia Ngalula

publié le 8 décembre 2023 à 04:09:00

Pour plaire à Félix Tshisekedi dont il soutient la candidature à la présidentielle, le leader du MLC, nommé vice-Premier ministre de la Défense, est prêt même à toucher la queue du diable. Tout homme d’État qu’il est, Jean-Pierre Bemba s’est permis de se questionner sur la nationalité congolaise de Katumbi. Sans s’arrêter là, il a même demandé au candidat n°3 de se déterminer s’il est Congolais ou Zambien. Ridicule. Lui-même n’a jamais pipé mot quand Jean-Lucien Bussa avait appelé la population de sa contrée ( Sud-Ubangi) de ne pas voter les gens dont les grands-parents ou arrière-grands-parents seraient étrangers. “Une manière polie de bannir Bemba de la scène dont les grands-parents seraient des Portugais”, explique un leader de la Lucha. Qu’à cela ne tienne. Sur base de quels documents le tout puissant vice-Premier ministre de la Défense fonde-t-il son argumentaire pour avancer de telles monstruosités. Du sable. Il s’agit tout simplement de la haine, de la jalousie de voir Katumbi lui voler la vedette même sur ses terres à Gemena au Sud-Ubangi où le leader d’Ensemble a été accueilli plus que le président de la République.

Depuis le passage de Katumbi dans le grand Équateur, l’homme s’agite se sentant perdre le contrôle de son fief. Avec un bilan zéro à l’actif du régime honni, la population l’a vomi comme aussi son candidat, rappelle Makangila Dieudonné. L’accueil triomphal réservé à Katumbi dans le grand Équateur traduit l’échec de Bemba et son patron, Félix Tshisekedi dont le quinquennat n’a été qu’un fiasco. Ainsi, l’ancien partenaire de Museveni lors de la guerre de six jours à Kisangani fait tout pour éviter le vrai débat sur le bilan de son régime dont il est le plus grand défenseur, en se réfugiant derrière le dossier de la nationalité qui peut le retourner à tout moment à la CPI en cas de violences pré ou post-électorales.

– Bussa s’était attaqué à la Congolité de Bemba –

Au cours d’un rassemblement populaire en janvier dernier à Budjala dans le Sud-Ubangi, Jean-Lucien Bussa s’était attaqué à l’ancien vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba Gombo. Bussa avait agité le syndrome de la “Congolité”. De l’avis des observateurs, il cherchait à stigmatiser le leader du Mouvement de libération du Congo (Mlc). Des propos xénophobes qui frisaient un appel à la haine envers Bemba. Voilà qui avait soulevé la colère des populations de Budjala, de Gemena, mais aussi de l’ensemble du Sud-Ubangi. Le ministre du Commerce extérieur avait été même d’être déclaré “persona non grata” dans la province par des notables locaux. Ironie de l’histoire. C’est le même Bemba, victime hier de la nationalité, qui se fait passer pour le bourreau, s’étonne un diplomate qui s’était apitoyé de son cas. Des politiciens véreux recourent de plus en plus au concept dangereux de la Congolité pour espérer éliminer leurs adversaires politiques. “Celui dont le père n’est pas Congolais est notre ennemi”, avait bredouillé Jean-Lucien Bussa devant sa base. Sans pour autant citer les mots “etranger” ou “Congolité”, il a appelé à voter les candidats dont les arrière-grands-pères étaient de vrais Congolais. Le message bien que subtile a été décodé. Tout le monde a compris qu’il faisait allusion à feu Bemba Saolona dont l’un des parents serait Portugais. Le père du leader du Mlc était un notable mythique de l’ex-grand Équateur que personne ne peut désacraliser dans la province. “Il a beaucoup fait pour l’Équateur et Jean-Lucien Bussa ne peut pas cracher sur sa mémoire”, avait prévenu un cadre Mlc.

– Bemba risque gros sur le dossier des pygmées –

Jean-Pierre Bemba a passé 10 ans en prison à la Cour pénale internationale pour les crimes commis en République centrafricaine. L’ancien chef de guerre a été acquitté par la CPI des accusations de meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003. Il avait toutefois été condamné pour subornation de témoins dans le cadre de son procès. Mais Bemba n’a jamais répondu de ses crimes en République démocratique du Congo. Des sources judiciaires françaises, il serait le prochain sur la liste après Roger Lumbala du RCD-N, qu’il l’aurait cité dans ses dépositions.

Arrêté samedi 2 janvier 2021 en France dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en décembre 2016 par le pôle Crimes contre l’humanité du parquet de Paris, le Congolais Roger Lumbala est mis en examen pour «participation à un groupement formé en vue de la préparation de crimes contre l’humanité » et «complicité de crimes contre l’humanité».

Les faits lui reprochés datent de 2000 lorsqu’il dirigeait à l’époque le Rassemblement congolais pour la démocratie nationale (RCD-N). Ce groupe armé, fondé en 1998, a été accusé dans plusieurs rapports des Nations unies de viols, d’exécutions sommaires, d’enlèvements, de mutilations et de cannibalisme dans l’Ituri, principalement contre les ethnies Nande et Pygmées.

D’après une source proche du dossier, depuis qu’il est entendu, Roger Lumbala a pu démontrer preuves à l’appui qu’il n’a jamais disposé d’éléments armés et que tous ceux qui étaient dans cette opération, étaient des éléments déployés par Jean-Pierre Bemba, alors chef de guerre. Et comme pour confirmer cela, Roger Lumbala aurait détaillé que même dans le cadre de 1+4, la formule de partage du pouvoir intervenue après le dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du Sud, les composantes et entités s’étaient partagées des postes, notamment dans des régions militaires, au niveau de l’état-major général, des renseignements militaires, des bataillons, des brigades, mais lui Lumbala n’avait désigné personne, tous les militaires étaient désignés par Bemba. La preuve que ces militaires là répondaient du commandement de l’Armée de libération du Congo (ALC) dont Bemba était le chef.

La source de Scooprdc.net prévient que l’on ne soit pas surpris que dans les tout prochains jours que la France puisse demander la collaboration avec la justice congolaise pour que Jean-Pierre Bemba soit écouté. Si Lumbala peut s’en sortir, soutient la source du média en ligne, cela ne sera pas facile pour Jean-Pierre Bemba. C’est dans le cadre de la nouvelle doctrine de la responsabilité de supérieur hiérarchique telle que développée depuis un moment par le Droit pénal international moderne, déclare-t-elle.

– Rappel des faits –

Pendant la rébellion déclenchée contre le régime de Mzee Laurent-Désiré Kabila en 1998, la grande Orientale était contrôlée par trois fractions. Une partie par le RCD/Goma d’Azarias Ruberwa, une autre par le MLC de Jean-Pierre Bemba et une dernière enfin par le RCD/KML d’Antipas Mbusa Nyamwisi. Ce dernier régnait sur Isiro avec sa capitale à Beni. Jean-Pierre qui avait sa capitale à Gbadolite, outre le grand Équateur, il contrôlait l’actuelle province du Bas-Uele en contigu avec le Haut-Uele contrôlé par l’Armée du peuple congolais (APC), la branche armée de Mbusa Nyamwisi.

À un moment il y a eu des escarmouches entre l’APC et l’ALC (Armée de Libération du Congo), branche armée du Mouvement de Libération du Congo de Jean-Pierre Bemba. Si bien qu’un jour ce dernier décida de déloger Mbusa Nyamwisi d’Isiro. Les affrontements vont commencer vers le Bas-Uele et vont se poursuivre jusqu’à Isiro et par la suite les éléments de Bemba vont continuer à repousser ceux de Mbusa jusqu’à Mambasa en Ituri. Et cette opération était baptisée « Effacer le tableau ». Elle était commandée par deux officiers, le général Ndima Constant, l’actuel gouverneur du Nord-Kivu nommé dans le cadre d’état d’urgence, et feu général Widi Divioka.

Ces opérations étaient caractérisées par des violations graves des droits de l’homme. Et les prêtres du Sacré-Cœur basés à Mambasa qui avaient vécu dans leur chair ces violences, ont suffisamment contribué à documenter ce qui s’était passé à Mambasa et dans les environs, notamment des exactions extrajudiciaires, des tortures et même le cannibalisme. C’est au regard de ces crimes graves que Roger Lumbala a été interpellé et est en train d’être jugé en France.

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