“Les armes”, l’option de la RDC pour se défendre face à l’agression rwandaise. Devant l’inaction des Nations unies sur la situation dans l’est, Tshisekedi annonce que son gouvernement a décidé d’utiliser ses propres moyens pour défendre sa population, notamment par les armes.
Félix Tshisekedi, commandant suprême des Forces armées congolaises et de la police. @Photo Droits tiers.
Réagissant à la crainte du secrétaire général de l’ONU sur les affrontements directs entre la RDC et le Rwanda, le chef de l’État congolais demande à la communauté internationale de regarder plutôt dans la direction des coupables et non des victimes. “Les craintes sont là mais à qui la faute. Nous sommes des victimes, on n’a pas à regarder dans notre direction, il faut regarder dans la direction de ceux qui sont coupables de cette situation et moi je n’exclus aucun scénario”, a-t-il éclairé.
Puisque les Nations unies n’ont pas toujours sanctionné le Rwanda, signale Félix Tshisekedi, le Congo-Kinshasa n’exclut aucun scénario malgré la crainte d’Antonio Guterres. “Nous nous disons qu’après avoir appelé plusieurs fois la communauté internationale à intervenir par des sanctions contre le Rwanda, si cela tarde à venir, nous allons nous protéger nous-mêmes”.
Combien de soldats rwandais sont sur le sol congolais ? Tshisekedi répond : des milliers. Et il confirme que c’est Kagame qui est le véritable chef des rebelles du M23. Toutefois, le président sortant affirme qu’en dépit des avancées de ces terroristes, la ville de Goma ne sera pas occupée. “Ils ne prendront pas Goma, retenez-le : ils ne prendront pas Goma parce qu’il y aura une réplique de notre part”, lâche-t-il.
D’ailleurs pour Tshisekedi, le M23 n’est qu’une coquille vide, mais par contre c’est l’armée rwandaise qui se bat sur le sol congolais et les preuves existent. “Aujourd’hui avec la technologie que nous avons, nous les voyons, nous avons des images, je ne parle pas en l’air. Je parle sur base des faits avérés. Les images sont là, les images de leurs cadavres et même lorsqu’ils s’amoncellent pour porter leurs attaques. Nous avons tout et pas que nous, l’ONU, les Nations unies ont aussi les mêmes images. N’oubliez pas que la mission de la MONUSCO est encore dans l’est du pays, à Goma”, a-t-il démontré.
Néanmoins, Félix Tshisekedi a reconnu en partie l’échec des Wazalendo – ces héros, tout en précisant que ce ne sont que des civils qui ont décidé de défendre leur territoire.