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Idriss Mangala, le gouverneur aux mains ensanglantées

Inimaginable, le cortège de Moïse Katumbi a été attaqué à Kindu par des hommes armés. Munis de fusils, machettes et pierres, les criminels d’Idriss Mangala, le tout puissant gouverneur, ont accompli leur sale besogne, en tuant Me Dido Kakisingi, le coordonnateur provincial adjoint de la Ligue des jeunes d’Ensemble pour la République.

Par Kokolo Jean

Idriss Mangala, le gouverneur impuni du Maniema qui fait vivre l’enfer aux opposants. @Photo Droits tiers.

publié le 29 novembre 2023 à 07:28:55

Proche collaborateur de Salomon Kalonda, prisonnier politique du régime Tshisekedi, Me Dido Kakisingi a été froidement abattu mardi par la soldatesque du gouverneur Udps, Idriss Mangala. Le “Néron” congolais qui dirige la province de main de fer, avait prédit le cauchemar à Katumbi après le fiasco de son candidat. Des sources de la société civile locale renseignent que tout avait planifié pour contrer Katumbi à réculer mais ils n’ont pas pu. “Malheureusement, son complot a tourné au drame”, hurle un notable local.

– Des tirs d’armes automatiques et une campagne dans le sang –

Maître Dido Kakisingi, responsable adjoint de la Ligue des jeunes d’Ensemble pour la République au Maniema tué par balle mardi à Kindu coordonnait les foules immenses mobilisées lors de l’accueil triomphal du candidat numéro 3, Moïse Katumbi Chapwe dans la capitale du Maniema. Cette intolérance injustifiée a été condamnée par son parti, Ensemble pour la République et ses alliés qui exigent l’arrestation du gouverneur Idrissa Mangala, soupçonné d’avoir commandité le meurtre. L’homme n’est pas à son premier forfait. Lors de l’enroulement de Salomon Kalonda à Kindu, le même gouverneur avait lancé une fatwa pour contre le bras droit de Katumbi. Des jeunes drogués avaient pris violemment à partie la délégation du coordonnateur de Katumbi dans le grand Kivu. Au finish, c’était la tragédie. Un jeune garçon répondant au nom “Nyokalongo” de avait perdu la vie mais aussi il avait été enregistré de nombreux blessés.

Alors que la procession avait emballé le leader et son peuple, l’imposant cortège de Moïse Katumbi a été subitement la cible des tirs d’armes automatiques de la part des policiers localisés dans les environs de la résidence officielle du gouverneur Idrissa Afani Mangala. Un drame qui a jeté une grande colère au sein de la population qui soutient massivement le candidat numéro 3. Malgré cet assassinat crapuleux, rien n’a ébranlé la détermination des centaines de milliers de militants qui ont occupé la grande avenue Joseph Kabila de Kindu. Profondément peiné par cette attaque et surtout le décès d’un éminent cadre de son parti, Moïse Katumbi, cœur déchiré, a tenu, tout de même son meeting à Kindu. Une minute de silence a été observée en mémoire d’un grand défenseur de la liberté, qu’était Maître Dido Kakisingi, avocat au barreau de Kindu et coordonnateur provincial adjoint de la Ligue des jeunes d’Ensemble pour la République lâchemrnt abattu. « Nous condamnons ce crime odieux pendant que nous sommes tous en campagne. Pourquoi ont-ils choisi de tuer un citoyen qui se battait pour le changement dans son pays », a dénoncé Katumbi. Le leader candidat président de la République a salué la détermination du peuple de Kindu, qui a décidé de l’accompagner en dépit de tirs nourris et la pluie de pierres, une opération bien montée contre lui et ses soutiens. « Ils nous ont refusés la tribune que le Premier ministre Matata avait construit. Cette route ici, n’est ce pas une œuvre de Matata ? Ont-ils construit quelque chose après lui? », Non, crie la foule. Le candidat n°3 a expliqué que sa mission est de reconstruire le Congo et faire du Maniema un grand moteur de développement. Katumbi a partagé aux habitants de Kindu révoltés, son programme de reconstruction des routes provinciales et nationales. Kindu sera relié au reste du pays avec plusieurs opportunités de désenclavement direct. Son conseiller spécial, Salomon Kalonda, aujourd’hui en prison, avait déjà donné le ton en rehibiltant à ses frais la route Kindu-Kibombo, preuve qu’avec les moyens de l’Etat, Katumbi fera plus.

– Ensemble exige la suspension du gouverneur –

Dans une déclaration faite mardi soir à Kinshasa, le porte-parole d’Ensemble pour la République en solidarité avec les représentants des personnalités ayant rejoint Moïse Katumbi dont Matata, Kikuni, Diongo et Vuemba, a exigé la suspension immédiate du gouverneur du Maniema, Idrissa Afani. «Nous exigeons des autorités nationales, si elles ont encore le sens de la neutralité de l’Etat, la suspension immédiate du multirécidiviste et intolérant gouverneur Idrissa Mangala et sa mise à la disposition de la justice », a déclaré Maître Hervé Diakese. Il a rappelé que Maître Dido Kakisingi était un avocat au barreau de Kindu et père de six enfants.

Le corps de l’illustre disparu est gardé à la morgue de l’hôpital Mapon où affluent de plus en plus de blessés graves. Parmi ces blessés, on relève le directeur de campagne adjoint de l’ex-Premier ministre, Matata Ponyo, Godard Bilenge qui a fait l’objet de six points de sutures après les pierres lui administrés.

– Une résidence officielle, repère des voyous-

Des sources concordantes attestent que des assaillants ont lapidé le cortège depuis l’enceinte de la résidence officielle du gouverneur Idrissa Mangala. «Des tirs d’armes à feu ont été entendus de manière régulière pendant cette opération. Cette agression manifestement préméditée, est la suite logique de la décision arbitraire dudit gouverneur d’interdire d’abord l’accès à la tribune de manifestations après que le candidat Tshisekedi Félix-Antoine de son obédience politique y ait tenu sa campagne en alléguant le lisible motif de démarrage des travaux d’entretien », a précisé Hervé Diakese. Dans la nuit de lundi à mardi, M. Mangala a instrumentalisé les éléments de la police nationale congolaise et de l’armée pour démenteler le podium pourtant en érection à la place Mapon, lieu qui avait été choisi comme solution alternative à ces atteintes délibérées à l’accès à l’espace du meeting, a précisé le porte-parole de Ensemble pour la République.

– Que d’agressions et meurtres contre Katumbi –

L’opinion se souviendra déjà de l’agression dont avait été victime Salomon Idi Kalonda Della, le «prisonnier politique du pouvoir Udps» lors de son enrôlement, selon le même modus operandi, de la part des mêmes autorités de la famille politique du président Tshisekedi, souligne Maître Diakese. «En dépit de l’assassinat ignominieux de Chérubin Okende et l’arrestation arbitraire du député Mike Mukebayi Nkoso, de la mise en clandestinité de Daniel Nsafu Butiemuni et de toutes les provocations, notamment l’interdiction décrétée par les services, des avions de campagne cloués au sol en Afrique du Sud, dont nous réclamons encore la libération pour rejoindre l’équipe de campagne du candidat n°3, Moïse Katumbi et sa famille politique demeurent attachés aux valeurs de paix, de démocratie, de liberté et de vivre-ensemble inscrites dans notre Constitution», a rappelé le porte-parole d’Ensemble. Sans aucun esprit de victimisation, dit-il, son parti et ses alliés demeurent factuels et précis sur toutes les atteintes portées aux droits de Moïse Katumbi Chapwe. Le climat d’intolérance, l’utilisation abusive des services de l’Etat au profit du candidat Félix Tshisekedi et les discours de haine reflètent, selon lui, «le désarroi d’un camp politique qui a raté lamentablement le début de sa campagne électorale, exposé à la débâcle et au rejet de notre peuple face à la vacuité abissale de son bilan», a insisté Maître Diakese.

– Sanctions internationales sollicitées –

«Nous en appelons aux autorités nationales à revenir à la raison en assurant leur mission constitutionnelle de neutralité qui consiste notamment : à garantir le libre accès à l’espace public et à assurer l’égalité entre tous les candidats», a poursuivi le porte-voix du parti de Katumbi qui en appelle aux observateurs tant nationaux qu’internationaux, à toutes les organisations de défense de droits humains, de mener des investigations sérieuses sur les attaques de Kindu. «Nous en appelons à nos partenaires attachés aux valeurs démocratiques d’activer instamment le régime de sanctions contre les responsables qui s’emploient à empêcher la tenue des élections libres et démocratiques dont les résultats refléteront la volonté du peuple congolais», a souligné Me Hervé Diakese. Il a appelé les militants de son parti, les millions de soutiens de Katumbi et l’ensemble du peuple congolais, au calme et à la vigilance. Car, dit-il, la non-violence n’est pas une faiblesse. «Nul n’a le monopole de la violence. Ne cédons pas à cette arme des faibles. Elle constitue aujourd’hui le dernier recours d’un régime aux abois et sans bilan, en proie à la peur de voir le peuple lui reprendre le pouvoir», fin de citation.

– Des condamnations fusent de partout –

L’attaque contre le cortège de campagne de Moïse Katumbi Chapwe a indigné l’opinion tant nationale qu’internationale. Adrien Seyes note une scène dramatique très condamnable. «Des hommes armés de machettes et de pierres ont attaqué le cortège de l’opposant qui tient ce 28/11 un meeting dans le chef-lieu du Maniema. Des tirs à balles réelles ont également été entendus. Un mort est déjà à déplorer », a-t-il déploré. Olivier Kamitatu Etsu, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi Chapwe estime que Dido Kakisingi est tombé en martyr : «En tête de cortège, Me Dido Kakisingi est tombé en martyr sous les jets de pierres de forcenés embusqués dans la parcelle du gouverneur pour éliminer Moïse Katumbi. Aucune violence ne viendra à bout de l’irrépressible envie de changement qui a gagné le cœur des Congolais», a-t-il réagi sur X. Même douleur pour Christian Mwando Nsimba, ancien ministre du Plan. «A Kindu, ce gouverneur illégitime et meurtrier vient encore de tuer. Dido Kakisingi responsable des jeunes d’Ensemble, vient de tomber sous les balles de l’intolérence dans cette campagne électorale. Il y avait déjà eu par le passé, l’attaque à la machette de l’équipe de SK Della. Bientôt justice sera faite», a-t-il grondé.

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