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[Tribune] – Les inepties d’un pasteur délirant (Jean-Paul Brigode Ilopi)

Qu’il me soit permis, en ma qualité de biographe officiel de feu Papa Wemba d’heureuse mémoire, d’interagir sur les propos que le pasteur Marcelo Tunasi a tenus sur ce dernier, ainsi que sur son meilleur colistier Djo Kester Emeneya, propos que d’aucuns considèrent comme une bourde monumentale.

Jean-Paul Brigode Ilopi Bokanga, poète et biographe officiel de Papa Wemba @Photo Droits tiers.

publié le 22 septembre 2023 à 05:25:00

Pour moi, les salamalecs de ce gourou, un tantinet excentrique, n’ont pas leurs raisons d’être, ni dans la forme, ni dans le fond. Et si leur auteur ne fait pas gaffe, son agir risque de ressembler à bien d’égards à celui d’un chenapan spirituel, qui voudrait tout simplement faire du racolage via ses prêches mirobolants, en vue de faire du buzz sur la toile. A l’ère des chaînes YouTube, le nombre des vues pour se faire un peu de sous vaut son pesant d’or.

La mémoire collective reconnaît d’ailleurs que cet ergoteur patenté n’est pas à ses premières provocations du genre. En fait, quel crédit peut-on donc accorder à un “homme de Dieu” qui a défrayé la chronique en affirmant que l’Eglise catholique serait l’antichambre de l’enfer ?

Que faut-il faire pour arrêter ses délations, sinon lui intenter un procès en bonne et due forme ?, se demandent certains commentateurs désabusés. Mais déjà le fait de dire que King Kester Emeneya, l’homme à la voix pentatonique, “ne savait pas chanter”, peut-être considéré comme un vrai délire spirituel et intellectuel. Pour les fans de “Muntu ya zamani”, ce mécréant n’a qu’à écouter la chanson “Nzila ya velele”, pour comprendre qu’il est vraiment passé à côté de la plaque. Selon plusieurs mélomanes en effet, ce merveilleux cantique peut tenir la dragée haute à une flopée de chansons prétendument chrétiennes, qui sont d’ailleurs, dans la plupart de cas, du simple “copier-coller” de la musique estampillée “profane”, pour les besoins de la cause.

En quoi Papa Wemba a détruit la jeunesse congolaise, alors qu’on sait que celle-ci avait été depuis des lustres, abandonnée à son triste sort par les tenants de la deuxième République, notamment sur recommandation du plan d’ajustement structurel, édicté par les institutions de Bretton Woods, entendez par-là la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui avaient à l’époque demandé au Maréchal Mobutu de se désintéresser du secteur social et éducatif ?

On voit bien que ce fameux farceur, ô excusez-moi, je voulais dire pasteur, a une méconnaissance totale de l’histoire de ce pays. Il ne comprend même pas que le non conformisme du jeune Papa Wemba du début de Viva La Musica était en réalité une forme de résistance indicible, à la Fela Ransome Kuti, à l’ordre inique et dictatorial établi depuis 1965 dans son pays.

Quel est le tort du chef coutumier du village Molokai dans dans cette affaire ? Celui d’avoir voulu, à travers sa musique et son élégance, donné des motifs d’espérance à cette jeunesse laissée-pour-compte ? Dans plusieurs de ses antiennes, où la sapience se mêle à la désinvolture, ce merveilleux barde a eu à rappeler à ces jeunes dans la tourmente qu’il ne fallait pas baisser la garde, et qu’en bossant dur, la chance finira par leur sourire. Avec la sape, il leur a demandé d’être propre, c’est-à-dire bien habillé, bien coiffé et bien parfumé : Un esprit sain dans un corps sain. On note d’ailleurs que parmi ses épigones les plus assidus dans cette direction, on compte plusieurs membres de la corporation pastorale.

Qu’il plaise ou qu’il ne plaise pas, Papa Wemba avait su susciter, à sa manière, chez ses contemporains de différentes générations, un engouement qui a pu les maintenir dans l’espoir d’un lendemain meilleur. Les jeunes desperados voués à l’époque à la perdition ont ainsi pu trouver des raisons de croire en eux et en la vie, grâce à la thérapeutique musico-psychologique made in Village Molokai. C’est ce qui explique son plébiscite permanent comme chantre de la joie, de l’amour, de l’espoir, de l’effort et de la résistance contre l’abattement. Cela lui a valu la sympathie d’un public varié et impénitent, qui a amené dans son entourage des politiciens, des intellectuels de tout bord, des cadres d’entreprises, des hommes d’affaires, des professeurs d’université, des clergés, des pasteurs, des sapeurs, des journalistes, des sportifs, des artistes, des commerçants, des pousse-pousseurs, des vendeurs à la criée, bref des privilégiés de ce monde, ainsi que des “monsieur et madame” “tout le monde”.

Entre nous soit dit en passant, que vaut le fameux pasteur Marcelo, spirituellement et intellectuellement, à côté du Saint-Père Benoît 16, qui avait ouvert les portes du Saint-Siège à Papa Wemba, ce porte-étendard de la musique africaine, dont la date du décès a été décrétée comme celle de la célébration de la “Journée de la musique africaine” par l’Union africaine.

Le Papa Wemba que ce pourfendeur plein de culot veut vilipender n’est pas celui encensé par Mouammar Kadhafi, qui disait être le fan numéro 1 de Bakala Dia Kuba en Libye, encore moins celui que Nelson Mandela avait invité à plusieurs reprises à la nation arc-en-ciel. Laurent Fabius, l’ancien Premier ministre français, avait affirmé à la télé être un grand fan du Kunzi Lele, et qu’il était tenté de lui demander un jour comment il faisait pour nouer sa cravate. Le Papa Wemba de Marcelo n’est pas du tout celui à qui le président français Jacques Chirac avait chaleureusement serré les pinces.

Le Papa Wemba que ce pasteur impromptu veut titiller, en prenant en plus de ridicules raccourcis proches des clichés des envieux, n’a rien à avoir avec celui qui a su imposer la rumba congolaise à l’Empire du soleil levant, au point de se classer juste après Michael Jackson, le roi de la Pop musique, en terme de popularité au Japon. En tout cas, son Papa Wemba n’est aucunement celui que Peter Gabriel avait boosté sur la scène internationale, en vue de mettre sur orbite de la World Music la musique congolaise moderne, au pays de l’oncle Sam, ainsi que dans le monde anglo-saxon.

Les accointances de Mwalimu Papa Wemba avec le monde religieux, culturel et socio-politique occidental et africain, voire asiatique, montrent à quel point cet artiste, en dépit de certaines adversités, avait été adulé par tant d’admirateurs à travers l’univers. Laisser alors des incrédules, si “pasteurs” prétendent-ils être, vouloir déverser leur bile sur cette icône de la musique congolaise et africaine est un tort qu’on fait au patrimoine culturel du continent cher à Cheikh Anta Diop, que le défunt chanteur avait défendu bec et ongles, dans des chansons comme Esclave, Sahel, Longembo, Africains comme toi, etc. Les esprits lucides doivent vraiment s’opposer avec véhémence à ces tentatives de déstabilisation de la mémoire de ce monumental leader de la musique congolaise, toutes tendances confondues. En tout cas, ceux qui, à l’instar de l’abbé Koko, ont bien appréhendé la quintessence philosophique de ce panafricaniste avéré doivent l’expliquer à ces oiseaux de mauvaise augure, qui cherchent à faire la négation de la vérité, pour des raisons non avouées.

Toutefois, on connaît le vrai problème des pasteurs véreux avec le Kuru Yaka : il s’appelle “Elongi ya Jésus”, cette belle ritournelle dans laquelle “100 % Star” avait fustigé ceux qui font du nom du Christ leur fond de commerce, afin de gruger de naïfs croyants. Et lorsque mis à l’épreuve de la démonstration de leur foi, ils ne parviennent même pas à faire arrêter le vent en furie, juste en le blâmant, comme l’avait fait Jésus-Christ lui-même, disait le Grand Mayas.

Est-ce que le fameux pasteur Marcelo fait partie des syconphantes qui cherchent maintenant à s’attirer l’attention du public en lançant des piques au roi de la rumba congolaise, qui semble, même parti ad pâtres, faire ombrage à leurs desseins ? En effet, il y a encore beaucoup de gens qui ne digèrent pas du tout la suprématie multidimensionnelle de la personnalité plurielle de ce poète glamour à la voix éternelle, qui continue à avoir les faveurs du public, plus de sept ans après sa mort. Si c’est le cas pour ce pasteur taquin, on ferait mieux de lui recommander la sagesse de l’abbé Koko, qui disait dans une homélie à la cathédrale Notre-Dame du Congo : Il faut s’abstenir de juger l’œuvre et la personnalité mythique de Bokul dans la superficialité, au risque de paraître comme un insensé. Est-ce le cas pour ce censeur impétueux qui se cache derrière un homme de Dieu grincheux ? Comme le disent les “Bana Viva” : On a tous quelque chose de Papa Wemba. Et ce n’est pas l’évêque Dodo Kamba qui va me contredire sur ce point-là.

Foi de Jean-Paul Brigode Ilopi Bokanga, poète et biographe officiel de Papa Wemba.

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