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“Si Bujakera ne quitte pas Makala”, les institutions de l’État risquent l’embargo

Unis pour la liberté d’expression, plusieurs médias menacent de mettre les institutions de l’État sous embargo si le journaliste Stanis Bujakera n’est pas libéré. Le directeur de publication adjoint d’Actualité.cd a été transféré jeudi 14 septembre à la prison de Makala, 6 jours après son arrestation et détention d’abord à l’inspection provinciale de la police de Kinshasa, puis au parquet général de la Gombe.

Par Patrick Mputu

Stanis Bujakera, correspondant de Jeune Afrique en RDC et directeur de publication adjoint d’Actualité.cd @Photo Droits tiers.

publié le 14 septembre 2023 à 20:43:19

Il lui est reproché de propager des faux bruits à cause d’un article publié par Jeune Afrique (où il est correspondant) autour du meurtre de l’ancien ministre des Transports, Chérubin Okende pour lequel il n’est même pas auteur. En dépit de plusieurs appels pour sa libération, les autorités congolaises continuent à faire fi. “C’est une attitude qui témoigne de la dégradation de l’état de la démocratie à la veille des élections générales”, dénonce un journaliste d’Ouragan.cd.

De ce fait, les professionnels de l’information pressent le pouvoir public pour la libération de leur confrère emprisonné. L’action est un tournant dans le combat pour la liberté de la presse et la défense des droits de l’homme. “Si le gouvernement n’écoute pas, nous allons entrevoir plusieurs activités d’envergure comme des manifestations publiques et à l’extrême, nous allons décréter une période où les institutions de la République seront blacklistées par les médias congolais”, a-t-on appris d’Edmond Izuba, porte-parole du Rassemblement des journalistes pour l’émergence du Congo (RAJEC).

– Le rapport de force –

Les hommes et femmes des médias ont prévenu le pouvoir public des conséquences graves qui découleront de leur décision d’arrêter Bujakera. Les institutions du pays seront sous embargo si leur demande n’est pas satisfaite. “Le blacklist consisterait en une cessation complète de la couverture médiatique des activités du gouvernement. Les médias vont s’engager à ne pas publier des communiqués des structures étatiques, à ne pas interviewer les représentants gouvernementaux et à ne pas donner de visibilité aux politiciens en exercice”, ajoute un autre chevalier de la plume.

Bref, les journalistes vont s’abstenir de jouer leur rôle traditionnel de quatrième pouvoir, ce qui pourrait avoir des répercussions négatives sur la stabilité du pays et la confiance de la population dans ses institutions.

Visiblement, les journalistes ne prennent pas cette menace à la légère, car conscients que leur action aura un impact sur la société dans son ensemble. Ils estiment qu’il est essentiel de faire entendre la voix face aux violations flagrantes des droits de l’homme et aux attaques contre la liberté de la presse. “La libération de Bujakera sera une étape cruciale pour rétablir la confiance entre le gouvernement et les médias, et pour garantir que les journalistes puissent exercer leur métier en toute sécurité et sans crainte des représailles”, analyse un activiste des droits humains.

D’après lui, le gouvernement est maintenant face à un dilemme. “Il doit choisir entre poursuivre sa répression de la liberté de la presse et affronter un isolement médiatique sans précédent. Ou bien opter pour la voie de la libération de Bujakera et rétablir la confiance de la presse vis-à-vis des institutions de l’État”, a-t-il conclu.

A quelques mois des élections, la situation demeure tendue et l’avenir de la liberté de la presse est en jeu. De l’issue de cette crise dépendra la manière dont le gouvernement va respecter les principes démocratiques et garantir la liberté et la sécurité des journalistes.

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Stanis Bujakera est maintenu en détention. La liberté provisoire sollicitée par ses avocats a été rejetée le lundi 25 septembre 2023, par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe.

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