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Primera, Congo Gold dénonce la cabale

Le ministère des Mines vient de retirer l’agrément à Congo Gold Raffinerie Sarl, une entité de traitement d’or basée à Bukavu. La ministre Antoinette NSamba Kalambayi justifie sa décision par l’absence de la due diligence et d’un cahier des charges. L’annonce de cette décision a été faite le 28 août dernier au cours d’un briefing hebdomadaire animé par les ministres de la Communication et médias, Patrick Muyaya, des Finances, Nicolas Kazadi et le directeur de cabinet adjoint du chef de l’État chargé de l’Économie et Finances, André Wameso.

Par Gaby Kuba Bekanga

L’homme d’affaires indien, Karim Somji et l’opérateur économique congolais de renom, Dieudonné Kasembo Nyembo, patron de Gécotrans. Les deux opérateurs économiques sont associés dans la société Congo Gold. @Photo Droits tiers.

publié le 5 septembre 2023 à 15:28:00

Le gouvernement a-t-il choisi une voie dangereuse ? Oui, selon plusieurs experts du secteur. Aucune équité dans sa démarche. Pourtant, Congo Gold est une raffinerie d’or sophistiquée installée récemment à Bukavu. Elle est censée acheter la production aurifère artisanale au Kivu pour la traiter avant toute exportation. Le raffinage du métal jaune au pays permet la création de la valeur ajoutée et des emplois. Le projet consiste aussi à lutter contre l’exportation des minerais à l’état brut. Congo Gold embauche une cinquantaine de travailleurs dans un premier temps. Au fur et à mesure qu’il augmentera ses capacités, il recrutera d’autres employés. L’investissement est évalué à 300 millions de dollars américains.

Congo Gold compte deux associés, dont l’opérateur économique congolais de renom, en la personne de Dieudonné Kasembo Nyembo, patron de Gécotrans et l’homme d’affaires indien, Karim Somji. Chacun de deux actionnaires détient 50 % des parts sociales. Kasembo opère depuis 30 ans dans le transport, la logistique, le transit et le dédouanement. Il s’est aussi lancé dans l’hôtellerie et bientôt dans la production du bitume, un matériau indispensable à la construction des routes. Tandis que son partenaire Karim Somji est dans les affaires en RDC depuis 40 ans. Il a évolué dans l’aviation, dans le secteur bancaire, le commerce et les mines. Les deux associés se respectent et se côtoient depuis des décennies.

Après le briefing du gouvernement, les deux hommes sont passés à la contre-attaque pour défendre leurs droits. Au cours d’un point de presse tenu le samedi dernier à Kinshasa, les associés ont dénoncé une cabale contre leur projet et ont décrié la cacophonie, l’insécurité juridique entretenue par l’État et la sérieuse menace qui pèse sur le climat des affaires.

Le rapport de l’ONU sur lequel le gouvernement s’appuie pour motiver sa décision est nul et non effet pour Karim. L’associé Karim Somji a, certes, été cité dans le rapport des Nations unies en 2013. Ce dernier avait collaboré et fourni toutes les preuves aux enquêteurs de l’ONU quant à ses activités minières dans l’est de la RDC. N’ayant pas été lié aux minerais de sang, il a été blanchi et non sanctionné pour un quelconque délit. D’ailleurs à l’issue de l’enquête de l’ONU, Congo Gold est déclaré “projet structurant”. Plusieurs recommandations lui ont été adressées pour la vérification de la chaîne d’approvisionnement en vue d’éviter l’or issu des conflits armés (minerai de sang). Des recommandations respectées à la lettre par Karim Somji.

L’actionnaire congolais, “une simple couverture ?” Un manque de respect et des propos désobligeants qui dénigrent et énervent au lieu d’encourager “le test pratique”. Dieudonné Kasembo Nyembo, détenteur de 50% des parts sociales, est profondément choqué d’être traité comme “couverture” par un membre du gouvernement. Kasembo n’est pas un prête-nom. Il a un parcours élogieux dans le business au pays comme à l’étranger. « Cela fait plus de trente ans que je me suis lancé dans le business : je ne peux accepter que l’on fasse fi de ce parcours qui a permis à Gécotrans de devenir une grande entreprise avec des milliers d’employés en RDC et à l’étranger. Gécotrans a reçu le certificat ISO. J’ai construit un hôtel de classe, Vivi à Matadi. Bientôt, il aura des extensions dans d’autres villes. Je pense à une chaîne hôtelière. J’investis seul des centaines de millions de dollars américains dans le projet de sable asphaltique de Mavuma. Dire que je suis une simple couverture, c’est mépriser l’entrepreneuriat congolais. Je suis l’exemple d’un test pratique lorsque le président Tshisekedi prône la création des millionnaires congolais. Moi, j’entrevois une classe des milliardaires congolais. Nous devons rêver grand ».

– Le contrat entre Primera Gold et la RDC serait un venin pour la République –

Le député national Maisha fait des révélations troublantes sur ce contrat. Il a même déposé une question écrite contre trois membres du gouvernement à l’Assemblée nationale. En effet, le monopole et l’exclusivité que l’État accorde à la compagnie Primera dans les filières stannifère (3T) et aurifère d’exploitation artisanale pour une durée de 25 ans, ressemblent à une arnaque, selon un expert minier. Il faut lire le contrat, dit-il. La présence de Primera Gold RDC ne peut en aucun cas justifier la disparition de Congo Gold. Le premier est un comptoir d’achat tandis que le second est une raffinerie. Les deux peuvent travailler en harmonie. Ils peuvent cohabiter. Aucun prétexte ne doit stopper cet investissement innovant.

Selon Kasembo, Congo Gold Raffinerie a respecté la procédure pour l’obtention de l’agrément. Il faut éviter toute cacophonie, car, la démarche a été menée en toute transparence auprès des autorités et des institutions qui l’ont validée. Pour rappel, Congo Gold a été agréé en 2020 par le ministère des Mines. L’agrément a, d’ailleurs, été renouvelé par l’actuelle ministre des Mines, Samba Kalambayi. D’après Dieudonné Kasembo, Congo Gold a fait son recours et a foi en l’État congolais puisque les raisons avancées, à savoir, la due diligence sur Karim Somji et l’inexistence d’un cahier des charges, ne tiennent pas parce que le rapport des Nations unies de 2022 a levé toute équivoque sur Karim Somji. S’agissant du cahier des charges, il concerne les détenteurs des droits miniers dont les permis d’exploitation et non les usines qui interviennent dans la chaîne des valeurs.

La raffinerie de Congo Gold devrait être inaugurée cette année en juillet. Il aurait permis la transformation de l’or brut en lingots. Une usine de presque 1200 m² qui a la capacité de traiter 200 kg d’or par jour et 2 à 5 tonnes par mois. Pendant qu’on s’apprêtait à raffiner l’or localement, le gouvernement se dédit, se contredit, inhibe et étouffe les efforts dans un secteur crucial pour le pays. Commencé en 2019, ce projet a été rapidement concrétisé à moins d’un quinquennat. Une compagnie d’aviation pour le transport de l’or est en gestation. La décision du gouvernement n’est ni plus ni moins qu’un blocage.

Le retrait de l’agrément pour absence de due diligence et de cahier des charges est non fondé dans la mesure où tout a été fait dans la légalité. Dieudonné Kasembo signe et persiste : « Concernant la diligence, j’ai fait toutes les vérifications sur la personne et les activités de Karim Somji. Les autorités en ont été informées à temps ». Ce qui est étonnant est qu’un autre sujet indien de Primera Gold était cité dans le même rapport de l’ONU que Karim, mais il ne préoccupe pas le gouvernement. S’agit-il d’un acharnement sur Congo Gold Raffinerie ?

– La justice, le dernier rempart pour Kasembo et Karim –

Congo Gold reste confiant. Il a introduit un recours pour être réhabilité dans ses droits. Si rien n’est fait, la société saisira la justice.

– Ces chiffres révoltants –

Une intervention a fait mouche au cours de la conférence de presse de cette entreprise. L’Ir Raphaël Ngoy, expert minier, a présenté les chiffres officiels de production aurifère artisanale des pays voisins de l’est de la RDC. Comme un scoop, aucun de ces pays ne produit 10 kg d’or par an selon les derniers rapports des banques centrales du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi et un peu plus du Kenya. Mais, leurs exportations sont largement supérieures à la RDC qui regorge d’énormes gisements. Conclusion ? La fraude et la contrebande se sont enracinées en RDC. Bloquer le raffinage de l’or à Bukavu, c’est encourager la maffia et la criminalité.

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