“La liberté de la presse connaît une dérive dégradante”. La réaction au vitriol du porte-parole du RAJEC, Edmond Izuba, est intervenue lundi 18 septembre alors qu’il annonçait un sit-in des journalistes mercredi (dans 2 jours) devant le ministère de la Justice pour exiger l’abandon des poursuites contre Stanis Bujakera, directeur de publication adjoint à Actualité.cd et correspondant de Jeune Afrique.
Stanis Bujakera, directeur général adjoint du média Actualité.cd détenu à la prison de Makala. @Photo Droit tiers.
Le RAJEC conçoit mal que le forfait du pouvoir en place soit commis pendant que les journalistes célébraient la venue de la nouvelle loi sur la liberté de la presse. “Consécutivement à notre ultimatum de 72 heures lancées aux autorités compétentes pour la libération immédiate et sans condition de l’infortuné, nous en appelons à un sit-in ce mercredi 20 septembre devant le bâtiment abritant le ministère de la Justice”, a annoncé Edmond Izuba dans une déclaration.
Il a précisé que cette première manifestation sera marquée par le dépôt d’un mémorandum exigeant l’abandon du harcèlement judiciaire contre le correspondant du magazine Jeune Afrique en détention depuis le 8 septembre. Voilà pourquoi le rapporteur du RAJEC appelle les journalistes à la solidarité, à l’appui des étudiants en journalisme ainsi que des organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse. “Nous lançons un appel à la solidarité entre nous confrères journalistes et tous les organes corporatifs des journalistes. Cet appel est également lancé aux ONG, structures de défense de promotion des droits de l’homme et de la liberté de la presse, aux étudiants des institutions universitaires qui enseignent le journalisme et la communication de s’associer à cette démarche qui va de l’intérêt de notre jeune démocratie”, a-t-il insisté.
Stanis Bujakera a été transféré jeudi 14 septembre à la prison centrale de Makala, 6 jours après son arrestation et détention d’abord à l’inspection provinciale de la police de Kinshasa, puis au parquet général de la Gombe. Il lui est reproché de propager des faux bruits et diffuser des fausses informations pour un article publié par Jeune Afrique (où il est correspondant) autour du meurtre de l’ancien ministre des Transports, Chérubin Okende pour lequel il n’est même pas auteur.