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Museveni, les derniers jours du monarque

Mardi 6 juin 2023, le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a jeté une épaisse frayeur sur ses compatriotes lorsqu’il leur a adressé un message aux apparences testamentaires. Museveni souffre d’une dure épidémie de Covid-19 qui le ronge et le déstabilise. Le chef de l’Etat ougandais évoque sa fragile santé, ses rendez-vous manqués et son ambition de vouloir prendre part à certains événements historiques de son pays ralentie par la maladie et même sa vision du monde qu’il ne souhaite pas voir s’estomper du fait de cette pathologie.

Par Landry Amisi

Le président ougandais, Yoweri Museveni est l’un des plus vieux dirigeants africains @Photo Droits tiers.

publié le 13 juin 2023 à 04:29:00

L’homme qui parait compter ses derniers jours sur terre veut lutter à tout prix contre une maladie à qui revient finalement le dernier mot de vie ou de mort du vieillard de 78 ans. Jeudi dernier, il s’était mis en “congé forcé” après avoir été testé positif au Covid-19. Yoweri Kaguta Museveni est contraint à une mise en quarantaine prolongée pour sa santé. Même s’il a donné l’air de reprendre en exécutant quelques pompes matinales pour le besoin médiatique, le vieux commandant en chef des armées s’est obligé de communiquer avec sa population, message qu’il a posté symboliquement sur les réseaux sociaux : « Hier matin, j’ai remarqué des symptômes ressemblant à une grippe légère », a-t-il écrit dans un communiqué, affirmant qu’un test avait confirmé qu’il avait été infecté par le virus du Covid-19. Alors que deux de trois échantillons prélevés sur lui en début de semaine se sont révélés négatifs, l’un d’entre eux a donné un résultat positif. « Je me suis donc isolé… (et) j’ai délégué mon travail d’aujourd’hui et de demain au Premier ministre Robinah Nabbanja », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : « Grâce à Dieu tout va bien, et je ne ressens que des symptômes légers. Toutefois, je préfère toujours prendre des précautions et m’isoler pour le moment », a encore précisé le président ougandais.

Sa situation représente une vive préoccupation pour son peuple, même si au niveau gouvernemental rien n’indique des dispositions visibles d’un changement de régime. Alité, le président bavarde longuement sur sa santé : « J’ai donc obtenu mon deuxième congé forcé au cours des 53 dernières années, depuis 1971, lorsque nous avons commencé à lutter contre Idi Amin », a-t-il déclaré, citant le dictateur qui a gouverné l’Ouganda dans les années 1970. Yoweri Kaguta Museveni, âgé de 78 ans, a délégué ses fonctions au Premier ministre Robinah Nabbanja. Museveni, l’un des plus anciens présidents de la planète, qui dirige son petit pays d’Afrique de l’Est d’une main de fer depuis plusieurs décennies, est un individu fatigué. La nouvelle de la maladie de Museveni a suscité des réactions mitigées au sein de la population ougandaise. Si certains lui souhaitent un prompt rétablissement, d’autres, sur les médias sociaux, n’ont pas été aussi aimables envers le chef de l’État.

Longtemps considéré comme un réformiste, il a pris les rênes de l’Ouganda en 1986, en aidant à mettre fin aux régimes autoritaires d’Idi Amin Dada et Milton Obote. Mais l’ancien chef rebelle a depuis réprimé toute dissidence interne et changé la Constitution pour pouvoir se maintenir au pouvoir. Très autoritaire, son pouvoir dépend des forces de sécurité pour se maintenir. Museveni use de la répression contre la société civile, les avocats et militants des partis politiques. Une répression qui s’est accrue ces dernières années, selon de nombreuses organisations de défense des droits humains. D’après son ministère de la Santé, l’Ouganda a enregistré officiellement 170 255 cas d’infection au coronavirus et 3 632 décès depuis le début de la pandémie en 2020. « La santé n’est pas seulement une richesse, mais aussi une partie des armes de la lutte », a-t-il reconnu.

Les Congolais insensibles

Pour plusieurs personnalités congolaises interrogées sur l’état de santé du président ougandais, « sa retraite serait une bonne chose pour la RDC, tant la lutte de succession au sommet du pouvoir qui s’en suivra (notamment entre le clan familial sous la férule de Muhoozi Kainerugaba et celui des généraux de l’armée) affaiblira considérablement l’Ouganda ». D’autres pensent le contraire. « Museveni a souvent une vision plus économique que militaire de la stabilité régionale contrairement à Kagame », estime un professeur de l’Université catholique du Congo (UCC) de Kinshasa. Étant donné que son fils, le général Muhozi Kainerugaba semble adorer Kagame, son oncle, sa probable prise de pouvoir ne changerait pas la position agressive de l’Ouganda. Mais seulement, « une fois Museveni mort, l’Ouganda sera affaibli par une lutte de succession intense et peut-être même violente, si bien que le fils Museveni Kainerugaba est loin de faire l’unanimité aussi bien au sein de l’armée ougandaise que des élites du pays », analyse un expert des Grands lacs. L’Ouganda est traversé par des clivages ethniques et régionaux importants, et qu’un Muhoozi Kainerugaba alcoolique et instable mentalement aura du mal à s’imposer, surtout face à des élites plus responsables que les nôtres (RDC).

Muhoozi et Kabarebe, les deux conseillers héritiers des régimes autocratiques

Le général Muhoozi Kainerugaba, conseiller présidentiel principal chargé des opérations spéciales, a présenté ses condoléances aux soldats de la paix de l’UPDF (armée ougandaise) servant dans le cadre de la Mission de transition de l’Union africaine en Somalie (ATMIS) pour l’incident tragique de Buulomareer survenu le 26 mai 2023. Rencontrant des officiers et des hommes de l’UPDF au camp de base de Mogadiscio, le général Muhoozi a déclaré : « Je suis venu vous présenter mes condoléances pour la mort de nos combattants tombés au combat. Ayons une minute de silence pour prier pour leurs âmes. Que leurs âmes reposent en paix et un prompt rétablissement pour les blessés », a-t-il déclaré. Le général fils de Museveni a informé les soldats de la paix que la direction stratégique a identifié les faiblesses qui ont poussé Al-Shabaab à attaquer et à envahir le camp de Buulomareer, affirmant qu’il s’agissait de facteurs à la fois tactiques et externes qui devaient être traités. Il a averti les troupes de ne pas se détendre à cause du retrait d’ATMIS, mais d’être plutôt plus agressives.

L’officier amoureux des réseaux sociaux a, en outre, noté que les opérations de retrait, si elles ne sont pas bien planifiées, peuvent causer beaucoup de dégâts plus que toute autre phase de l’opération. Pendant ce temps, le président Faustin-Archange Touadéra a fait un aller-retour vers Kigali dernièrement pour s’entretenir avec son homologue Paul Kagame, alors que dans le même temps, le général James Kabarebe, un des plus proches collaborateurs du président rwandais, entamait une visite de trois jours à Bangui pour y rencontrer les troupes rwandaises déployées dans le pays. Le Rwanda est devenu le plus sûr partenaire sécuritaire de la Centrafrique, mais cette proximité affichée interpelle alors que le pays se dirige vers un référendum constitutionnel. Conseiller à la défense et à la sécurité de Paul Kagame, le général James Kabarebe est un des hommes de confiance historiques du président rwandais, qu’il sert depuis l’époque de la rébellion, avant le génocide de 1994.

Sa venue pour trois jours à Bangui est donc un signal fort de l’intérêt du Rwanda pour ce pays, d’autant qu’elle coïncide avec un aller-retour express du président Touadéra auprès de son homologue à Kigali. James Kabarebe et Muhoozi Kaneurigaba se prépareraient à prendre la relève de leurs parents respectifs, l’un succédant à son père et l’autre à son oncle. Il s’agit de deux officiers qui ont toujours convoité les immenses ressources de la République démocratique du Congo pour s’en être follement enrichis depuis toutes les rébellions de l’histoire récente de la région des Grands lacs. Leur investiture au sommet des deux Etats questionnerait les chances de stabilisation pérenne de la République démocratique du Congo.

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