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Malgré les difficultés, les femmes restent déterminées à participer massivement aux élections de 2023

En RDC, c’est depuis le 25 décembre que le processus électoral a été véritablement lancé avec à la clef le démarrage de la révision du fichier électoral. Motivées par l’article 13 de la loi électorale qui exige aux partis politiques de respecter le “genre” lors de la confection des listes des candidats, les femmes et filles, potentielles candidates, affichent cette fois-ci la détermination de participer massivement aux élections.

Par Lydie Matadi

Des femmes politiques en pleine formation @Photo Droits tiers.

publié le 2 mai 2023 à 04:54:00

Bien que pour la plupart, elles sont confrontées au problème financier pour des actions de visibilité, les femmes ne se résignent pas. Elles foncent avec les moyens de bord. Sophia Mangasa, pense que c’est maintenant l’occasion de communiquer avec les femmes de différents réseaux, des enjeux électoraux, d’échanger sur les visions politiques. Pour cette fois, insiste-t-elle, il est important de sensibiliser la femme à soutenir la femme.

Je prépare une activité avec les femmes de ma Fondation en marge du mois de la femme. Je leur ai déjà fait part de ma décision de postuler à la députation nationale et provinciale. C’est une ambition qui date de longtemps. Je me suis préparée et j’ai bataillé dur pour que ma candidature soit retenue au sein de mon parti. Je suis déterminée à aller jusqu’au bout, a déclaré la future candidate.

Pour cette activité avec les mamans de sa structure, Mme Mangasa a misé sur ses propres moyens. D’après elle, c’est depuis des années qu’elle économise pour réaliser son rêve politique.

Si Sophia Mangasa a pu économiser pour financer ses actions, Dany Pur, potentielle candidate, membre d’un parti politique de la coalition au pouvoir, peine encore à réunir les moyens pour commencer des actions de terrain. Pourtant, après une âpre bataille, elle a réussi à faire accepter sa candidature au niveau de la direction de son parti. « Je suis potentielle candidate députée nationale de mon parti politique. Malgré les nombreux obstacles, mon profil a été finalement accepté. Je prévois de sensibiliser la population de me voter au moment opportun pour que je plaide sa cause. Pour cela, je compte descendre dans tous les coins et recoins de mon fief », explique Dany Pur, carte d’électeur à la main et fière de s’être fait enrôlée. Cependant, la future candidate avoue ne pas encore disposer des moyens pour concrétiser son projet.

Faire face à un mur de coalition masculine

Le chemin de la croix que vit Mme Dany n’est pas un cas isolé. Malgré leur détermination, plusieurs femmes et filles font face aux multiples problèmes tant au niveau de leurs partis que des moyens financiers. Ces genres de situations empêchent parfois aux femmes et filles de réaliser leurs ambitions politiques et retardent leurs projets électoraux.

Maître Alain Kihanda Tamfumu, secrétaire général du Parti pour l’Action (PA) reconnaît l’existence du mur de la coalition masculine qui empêche aux femmes de s’épanouir dans les formations politiques, au-delà des moyens financiers. À haute voix, il appelle les femmes à ne pas reculer et surtout à profiter des opportunités qui se présentent. « La femme ne doit pas se laisser faire, elle doit se trouver une place dans le monde des formations politiques. Chez nous, la femme a une place considérable. Nous encourageons les femmes futures candidates, porteuses des valeurs de se faire enregistrer dans les partis et de se préparer pour les élections prochaines. Elles doivent saisir les opportunités comme ce que propose l’actuelle loi électorale qui donne la chance aux femmes », explique le secrétaire général du P.A.

En effet, la loi électorale en son article 13 encourage les formations politiques à présenter des listes d’au moins 300 candidats, mais que la moitié soit des femmes avec l’avantage pour les organisations politiques qui vont se conformer, d’être exemptées à payer la caution.

La loi prend donc en compte la dimension “genre” dans l’espoir de renverser la tendance actuelle, caractérisée par la faible représentation de la femme. L’objectif poursuivi est d’élever le nombre des femmes au sein des institutions. Sur la question, l’expert électoral, Jean-Baptiste Itipo, salue les réformes enregistrées dans la nouvelle Loi électorale. Toutefois, il plaide pour le renforcement de la démocratie au sein de partis politiques où les leaders accordent toujours de l’importance aux candidatures masculines que celles féminines. Et même lorsqu’il faut financer les activités, se désole-t-il, ce sont les hommes qui sont les plus favorisés.

La loi électorale actuelle est bénéfique pour les femmes, mais aussi pour les partis politiques. Les femmes doivent profiter de cette discrimination positive que propose cette Loi électorale. Elles doivent aussi faire preuve des capacités managériales et intellectuelles pour se faire classer en ordre utile dans les partis politiques. Avec le phénomène “autorité morale” qui décide seul au sein du parti, c’est difficile pour les femmes de s’épanouir. Voilà pourquoi les partis politiques doivent instaurer la démocratie et la méritocratie, pense le formateur électoral.

Pour aider les femmes à briser ces barrières, le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) mène des plaidoyers auprès de différentes instances pour mettre fin à cette injustice qui empêche aux femmes de briguer des mandats politiques, mais surtout d’atteindre leurs objectifs. Grace Lula assure que « son organisation CAFCO s’implique pour accompagner les femmes candidates à travers des formations sur des programmes de coaching de leadership féminin, comment battre campagne, comment parler, comment se constituer en réseaux ».

Il y a aussi un travail qu’on fait pour rehausser la confiance en soi, car la politique, argumente-t-elle, ce sont aussi les attaques, comment vaincre la peur et la timidité. Concernant les moyens financiers, CAFCO renforce les capacités des femmes pour qu’elles soient en mesure de mobiliser l’argent étant donné que l’ambition politique doit être préparée et construite. Ce n’est pas une improvisation. Il y a un travail à faire sur le terrain lorsqu’on commence un parcours en politique. Il y a un réseau à constituer en amont pour réussir son objectif. Elle ajoute aussi que l’autonomie financière est très importante pour une femme qui s’engage en politique.

L’actuelle législature compte 20% des femmes au Sénat, 12% à l’Assemblée nationale et 28% au gouvernement. Le plus grand souhait, selon la société civile, est de voir ce pourcentage être revu à la hausse après les élections de cette année dont le processus est déjà amorcé par la Commission électorale nationale indépendante.

La détermination des femmes à vaincre ces difficultés permettra de faire évoluer positivement la problématique de leur représentativité dans les différentes institutions du pays.

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