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Kabuya recadré par Bolengetenge

L’opposant Dieudonné Bolengetenge a été intraitable au sujet de la dernière sortie médiatique du secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya Tshilumba. Le secrétaire général d’Ensemble pour la République était rouge comme un guépard lorsqu’il a appris les propos polémiques de son homologue de l’UDPS incriminant gratuitement son leader Moïse Katumbi Chapwe de tribalisme. Sans mâcher les mots, le député Bolengetenge a accusé le chef intérimaire du parti présidentiel de chercher à disculper son régime qui brille par des actes tribalistes notoires au risque de sacrifier tant d’efforts de quête d’une véritable démocratie.

Par Landry Amisi

Dieudonné Bolengetenge, le secrétaire général d’Ensemble pour la République renvoie dans les cordes Augustin Kabuya, le chef intérimaire du parti présidentiel @Photo Droits tiers (Montage Ouragan).

publié le 30 mai 2023 à 05:10:00

L’arrestation de l’élu Ensemble Mike Mukebay Nkoso pour des propos jugés incitateurs de haine est un véritable acte de provocation chez les katumbistes. Dieudonné Bolengetenge Balela a tout de suite convoqué une séance de communication afin de corriger cette dissimulation malveillante. Le SG Ensemble qui avait assisté à la toute première audience de comparution de Mike Mukebay à la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe a dénoncé d’entrée de jeu, la maltraitante et brutale interpellation du député provincial we l’opposition doublée d’un enlèvement. « J’ai assisté au premier jour du procès de l’honorable Mike Mukebayi et aujourd’hui il y a une surséance de ce procès pourquoi ? Parce qu’en agissant par émotion, ceux qui sont allés l’appréhender ont marché même sur la procédure légale de notre pays », fera-t-il remarquer devant la presse. « Ils sont allés le cueillir comme un bandit, ils l’ont cagoulé, ils ont agi comme des hors-la-loi. Ils ont utilisé des méthodes dignes de trafiquants qui veulent se régler des comptes ou des tueurs à gages. Et quand les avocats ont évoqué cela devant les juges, la Cour a estimé qu’il faut surseoir et demander à la Cour constitutionnelle d’interpréter ces genres de faits », a indiqué le SG d’Ensemble pour la République.

Non à la culture des machettes

On ne gère pas une République avec des états d’âme, a ensuite interpellé le secrétaire général du parti de Katumbi. Pour ce haut cadre du principal parti de l’opposition, la compétition électorale voulue par tous les Congolais doit être une démarche saine, où chacun vient avec des arguments et des attitudes civilisés pour démontrer au peuple congolais qu’il peut faire mieux pour son bonheur. Et sur ce chapitre-là, a-t-il épinglé, « Moïse Katumbi Chapwe sera imbattable ». Quant à la radicalisation de certaines formations politiques du pouvoir, cas de l’UDPS, Bolengetenge n’est pas allé par le dos de la cuillère : « Notre démocratie deviendra-t-elle une démocratie à la machette ? Et les machettes maintenant, ça se vend dans les magasins, ça coûte 5.000 francs congolais. Croyez-vous que nous soyons incapables d’acheter des machettes ? On est tout à fait capable d’en acheter, d’acheter même tous les stocks de machettes qui sont dans les magasins, de vider celles qui sont déjà entre les mains de leurs premiers bénéficiaires, à un prix trois fois supérieur. Je crois que nous aurions plus de machettes que tout le monde. Mais cela avancera notre nation en quoi ? », a conseillé Bolengetenge. L’opposant estime que certains leaders de la famille politique au pouvoir donnent l’impression de ne même plus avoir la mémoire historique. Car, du temps de la lutte, avec l’UDPS et les autres partis avec lesquels ils combattaient le régime passé contre un troisième mandat, le régime précédent avait recouru quasiment aux mêmes méthodes, mais ils n’avaient jamais réussi à stopper la lutte démocratique. « Emprunter ce genre d’idiotie, je ne vois pas en quoi ça va avancer la République », a martelé le numéro 2 d’Ensemble.

Ces phrases assassines de Kabuya

La sortie médiatique d’Augustin Kabuya Tshilumba, secrétaire général de l’UDPS au cours d’une matinée politique à Kinshasa a fait mouche. Le patron du parti présidentiel a franchi le rubicon en agitant la fibre ethnique, celle-là même qui risque d’embraser la République. « Félix Tshisekedi n’est pas combattu parce qu’il gère mal le pays, mais il est combattu tout simplement parce qu’il est Muluba », a déclaré la plus haute autorité de l’UDPS. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, le monde doit retenir une chose. Moïse Katumbi combat Félix Tshisekedi parce qu’il est Muluba. J’étais en Europe et j’ai suivi tout ce qui s’est passé au pays. C’est à cause de ses origines que Félix Tshisekedi est combattu. Je demande à toutes les organisations internationales de sanctionner Katumbi », a fustigé Augustin Kabuya à son arrivée à Kinshasa le vendredi 26 mai juste après sa descente d’avion à l’aéroport de N’Djili.

Le chef intérimaire du parti présidentiel réagissait hâtivement aux déclarations faites sur une chaîne de télévision de la capitale par les députés Daniel Safu et Mike Mukebayi, tous deux cadres du parti politique Ensemble pour la République. Lors d’une prestation télévisée, les deux stars de la télé avaient apostrophé les dirigeants baluba de l’Union sacrée pour leur comportement excessif. Kabuya qui y voyait la main de Katumbi a vite été recadré. « Puisque monsieur Augustin Kabuya cherche un tribaliste à s’offrir comme bouc émissaire, il ferait peut-être mieux de passer devant un miroir et aussi se remémorer qui sont les dirigeants de son parti, il en trouvera certainement un de vrai. Le peuple congolais est mûr, il ne va pas se laisser distraire ou se laisser induire en erreur par ceux qui veulent donner de Moïse Katumbi une mauvaise publicité. Lorsque viendra la compétition électorale, le président Moïse Katumbi et ses collaborateurs seront tout à fait capables de mener à bien leur propre campagne électorale » a solidement fixé Bolengetenge. Katumbi ne demande de l’aide sur cette question et il n’a pas besoin que quelqu’un lui fasse une publicité gratuite, a-t-il renchéri.

Katumbi le nationaliste modèle

Bolengetenge conçoit très mal que Kabuya compare les propos dénonciateurs des députés à ceux d’incitation à la haine, il y a 29 ans au Rwanda avec la radio des Mille collines de triste mémoire. “Les élus d’Ensemble pour la République qui se sont exprimés ne sont pas investis des charges de porte-parole de Moïse Katumbi Chapwe ou du parti Ensemble pour la République. Il s’agit des élus qui représentent la nation, qui ont une base, qui ont des électeurs, qui sont à l’écoute de leurs électeurs. Et ils n’ont pas commencé aujourd’hui à lever le doigt sur ce qui ne va pas”, a replacé le débat le secrétaire général Bolengetenge. Il condamne cette tendance qui s’invite à la politique aujourd’hui dans notre pays consistant à “considérer que celui qui a posé des actes de tribalisme n’est pas tribaliste, mais que c’est celui qui l’a indexé en disant que ce que vous faites est mauvais, c’est celui-là que l’on a tendance à présenter comme le tribaliste”.

Les actes de tribalisme ne sont pas posés par les élus d’Ensemble pour la République, dit-il. “Les actes de tribalisme sont posés par ceux qui ont le pouvoir politique de mener à bien la destinée du peuple congolais”, précise Bolengetenge. Et ces actes ont été décriés par d’autres personnalités de ce pays, a-t-il étayé. Mais comme on a une hantise pour Moïse Katumbi, un député même qui exprime son opinion en tant qu’élu du peuple, on cherche le moyen d’établir un lien entre lui et Moïse Katumbi. Mais encore faut-il le démontrer, enfoncera-t-il. Lorsqu’il revient sur les actes de charité posés par Katumbi en faveur des leaders politiques de l’opposition d’hier, Bolengetenge déballe qu’après les déboires du programme des 100 jours, les dérives du programme Tshilejelu, l’escroquerie de la fausse taxe RAM, les fausses promesses de l’Allemagne d’Afrique, des universités imaginaires à coup de millions de dollars partis en fumée, l’insécurité généralisée aux quatre coins du pays, les brimades, bastonnades et vexations policières de ces derniers jours jetant définitivement aux oubliettes la rhétorique du “Peuple d’abord” et celle de “l’État de droit”, “le secrétaire général de l’UDPS vient de reconnaître que son bilan est désastreux”, a fusillé Bolengetenge. Sans hésiter, il affirme que Kabuya vient de commettre une erreur fatale en reconnaissant que “le président gère mal le pays”. En invitant le peuple et le monde entier à reporter le jugement sur Moïse Katumbi au lieu de s’en prendre au chef de tribu, Bolengetenge y voit une lourde bassesse de Kabuya : “Il y a là la démonstration d’une nullité absolue”, décrit-il. Hier, Moïse Katumbi avait financé Genval (visas, titres de voyage et de séjour) et même le Rassop qui était la conséquence de ce grand rendez-vous historique. “Katumbi avait-il été tribal ?”, s’est-il demandé. “Notre frère Moïse Katumbi avait gouverné le Katanga, y a-t-on trouvé des actes de tribalisme dans sa gestion?”, a-t-il questionné l’opinion, avant de souligner que Katumbi compte de nombreuses réalisations personnelles à travers le pays, même dans l’espace kasaïen. Il ne manque pas quelque part un hôpital réhabilité ou un auditoire construit. “Est-ce cela des réalisations d’un tribaliste ?”, s’est-il interrogé.

Aujourd’hui Moïse Katumbi Chapwe est le président national d’Ensemble pour la République. Le secrétaire général de ce parti est un député originaire de la Tshopo ; le président du comité des sages est un sénateur de l’Équateur ; son directeur de cabinet est une personnalité bien connue, ressortissant du Kwilu, son haut représentant du grand Kasaï, le porte-parole du parti, le coordonnateur national de la jeunesse, tous sont du grand Kasaï. Et ce n’est pas tout, il y a même des secrétaires nationaux aussi. Il y a deux délégués généraux qui sont du Kivu, le directeur des services juridiques et d’autres sont du grand Kasaï. Aucun délégué général du parti parmi les douze qui ont été nommés n’est du Haut-Katanga, la province d’origine de Katumbi. L’assistant personnel de monsieur Katumbi (le premier et le dernier à le voir dans une journée), monsieur Henri Kongolo Diaka est du Kasaï oriental. “Combien de partis politiques pourraient-ils affirmer une telle diversité ?”, a-t-il renvoyé à ses adversaires politiques en tête Kabuya dans les cordes.

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