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Sonahydroc SA : Bilomba désavoué, la fille Bahati prend les commandes

Marcellin Bilomba ne peut plus engager la Sonahydroc SA jusqu’à nouvel ordre. Le Conseil d’administration a presque déchu l’ancien conseiller économique du chef de l’État. Plusieurs griefs sont retenus contre le directeur général dont l’opacité dans la gestion est décriée. Grande gueule lors du procès Kamerhe, le prétendu économiste a violé, selon le Conseil d’administration, l’article 48 du règlement intérieur de l’entreprise.

Par Patrick Mputu

Marcelin Bilomba, directeur général de la Sonahydroc SA @Photo Droits tiers.

publié le 14 avril 2023 à 05:56:00

La décision prise lors de la réunion du 12 avril porte la signature du président du Conseil d’administration, Michel Eboma. La correspondance du PCA Eboma Ablavi Michel a été adressée à la ministre du Portefeuille, Adèle Kahinda, avec copie réservée au chef de l’État, au 1er ministre…et surtout au VPM de l’Économie, Vital Kamerhe. Bien qu’ayant été invité, Bilomba a brillé par son absence. À l’unanimité, les administrateurs de la Sonahydroc SA ont décidé de limiter, momentanément, les pouvoirs du DG et charger la DGA d’assurer la gestion quotidienne de la société de manière intérimaire. Pour être plus précis, “la direction générale est donc confiée à la DGA, Bahati Arlette”, la fille du président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo.

Eboma charge lourdement Bilomba

Même pas 5 mois à la tête de l’ex-Cohydro, tout le monde, en fait tout le Conseil d’administration en a ras-le-bol et conclut que Bilomba est un “mauvais coucheur”. Il est reproché au patron de la Sonahydroc SA d’avoir signé plusieurs contrats sans passer par le Conseil d’administration alors que cet organe a rappelé Bilomba à maintes reprises. À cela s’ajoute le refus de transmettre les documents, pièces et informations, et ce, en violation de l’article 18 des statuts de l’entreprise.

Donneur de leçon, Marcellin Bilomba est accusé également d’avoir pris des engagements financiers au-delà des limites de la direction générale telles que décidées par l’actionnaire unique. Pire encore, le mandataire a manifesté “des attitudes irrespectueuses et infamantes” à l’endroit du Conseil d’administration (l’article 5 du règlement intérieur violé). Enfin, l’organe suprême de la Sonahydroc SA désapprouve l’insubordination de Bilomba vis-à-vis de la ministre d’État chargée du Portefeuille, Adèle Kayinda. L’ancien conseiller Écofin du président de la République n’a aucune considération à l’égard de la ministre de tutelle. “Refus d’exécuter les ordres de la ministre d’État, ministre du Portefeuille”, s’offusque le PCA de la Société nationale des hydrocarbures qui évoque également son refus de surseoir au mouvement du personnel.

Le Conseil d’administration a constaté qu’après plus de 4 mois de fonction, il (Marcellin Bilomba) n’est pas informé sur les comptes de l’entreprise, ni sur les mouvements financiers de celle-ci; le Conseil d’administration est mis dans les conditions de ne pas exercer son rôle conformément à la loi. De ce qui précède, il devient difficile de relancer cette société d’État lorsque le directeur général refuse toute collaboration, a détaillé Michel Eboma dans la décision transmise à la ministre du Portefeuille.

Par conséquent, M. Bilomba est interdit de poser des actes au nom de la Sonahydroc SA ni de la représenter jusqu’à ce que l’Assemblée générale de l’entreprise va se prononcer quant à ce. Voilà sans doute pourquoi même les banques commerciales, dont UBA et FNBank, ont été également informées de la neutralisation de Bilomba désormais interdit d’engager la Sonahydroc SA à quelque titre que ce soit.

Imbu de sa personne, Bilomba excelle par son attitude méprisante vis-à-vis de ses collaborateurs, témoigne un cadre de la direction générale. Les membres du Conseil d’administration se plaignent du climat irrespirable instauré par le DG désavoué. “L’homme aux 50 notes techniques par jour” va fondre comme la glace au soleil, ironise un agent de la Sonahydroc. Relégué au second plan, il aura difficile à sortir la tête de l’eau. Tous ne jurent que par son départ. Un appel est lancé au chef de l’État pour que Bilomba soit totalement mis à l’écart. Un cadre de l’UDPS a tancé le DG sanctionné : “Si la question Bilomba figurait à l’ordre du jour de la réunion du gouvernement et que la séance était retransmise en direct comme le procès de cent jours, l’opinion serait ravie d’écouter en live ce que Kamerhe dirait à propos de l’homme aux 50 notes techniques au quotidien”.

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