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Fraudes électorales à Masi, l’alerte de Kin-Kiey Mulumba

Candidat malheureux aux dernières législatives nationales, Kin-Kiey Mulumba ne veut plus revivre le scénario de tricherie de 2018. Lors de sa récente conférence de presse axée sur les fraudes électorales massives dans la première zone opérationnelle, province du Kwilu, circonscription électorale de Masi-manimba, le leader du Parti pour l’action a rappelé qu’il faut de la responsabilité, mais surtout il a conseillé d’éviter la voie de l’indignité, la voie du sabotage dans la conduite du processus électoral. Car, dit-il, “la voie de la décrédibilisation de ce cycle hausse le niveau du crime”.

Kin-Kiey Mulumba, le président du Parti pour l’Action dénonce une fraude massive en préparation à Masi-manimba dans le Kwilu @Photo Droits tiers.

publié le 3 mars 2023 à 05:20:00

Après trois missions dans les dix secteurs qui forment son territoire d’origine, Tryphon Kin-kiey Mulumba affirme avoir été mis au courant sur les “possibles irrégularités et des tentatives de planification des fraudes électorales massives à Masamuna, première cité administrative du territoire de Masi-manimba, secteur de Kinzenga, porte d’entrée de la province du Kwilu, quand vous venez du Kwango ou de Kinshasa”.

D’autres suspicions pèseraient dans d’autres sites. Soupçonnant ce qui se passait souvent dans ces processus électoraux, avec des candidats tapis dans la capitale dans des salons capitonnés, opérant par agents et individus aux ordres, le leader du PA a voulu exercer une vigilance accrue. Se mettre à l’écoute des individus qui disaient avoir vécu ces scènes eux-mêmes. “Nous avons entrepris de recueillir des témoignages directs. Nous avons appris qu’une quarantaine d’autocars appartenant à un membre du gouvernement de la République transportant des centaines de personnes venues de Kinshasa, inondaient la cité. Ces personnes étaient inconnues dans la contrée”, raconte le l’ancien professeur de l’ISTI. D’autres électeurs importés seraient même des étrangers, ajoute-t-il.

7.000 intrus (électeurs) venus de nulle part

Si, au départ, le Parti pour l’action avait parlé de 6.000 personnes, il semble qu’elles seraient, selon des documents en sa possession, 7.000 voire plus arrivés dans la circonscription. Avec la complicité active d’agents de la CENI à Kinshasa, à Bandundu Ville, à Masi-manimba, le plan était de s’assurer deux ou trois élus dans chaque scrutin et dans chaque circonscription. Pire que ça, “ces personnes arrivées de Kinshasa par autocars entiers empêchaient les autochtones à s’inscrire sur les listes électorales de leur contrée naturelle”, gronde encore l’ex-élu de Masi-manimba. Il y a aujourd’hui encore beaucoup de cas de ces personnes qui n’ont pas réussi à disposer d’une carte d’électeur, déclare-t-il. “Nous avons appris qu’à la nuit tombée, une dizaine de kits électoraux étaient continuellement déplacés d’un lieu dit centre de Kamu, à Masamuna, pour être installés dans l’une des résidences de ce ministre, le long de la nationale n°1”, précise le président national du Parti pour l’action. Là, dans une pièce, des individus offraient à boire à certains requérants considérés comme des naïfs avant de les inscrire sur les listes électorales. Les cartes émises leur étaient confisquées contre des duplicatas. “Le plan était de transformer, le jour des scrutins, ces centres d’inscription fictifs en centres et bureaux de vote. Ce jour des scrutins, ces criminels qui disposent de ces cartes d’électeurs n’auraient qu’une chose à faire : les introduire dans les machines amenées à leurs résidences et s’assurer des sièges au sein des assemblées”. En clair, le même mode opératoire observé en 2018.

Un ministre fait disparaître 350 cartes d’électeurs vierges

Dans la foulée, il détaille les faits. Kin-Kiey explique qu’une rumeur a fait état de la disparition d’un lot de 350 cartes d’électeurs vierges au centre de Kamu et que des équipes de l’Antenne de la CENI/Masi-manimba s’étaient déployées sur place pour des enquêtes. Plus grave, dit-il, des cartes d’électeurs vierges étaient effectivement introuvables à ce centre et le chef du centre avait même écopé d’une suspension. Problème : le chef de ce centre suspendu est notoirement connu par les habitants de la contrée comme membre actif de l’une des ailes d’un parti politique à Kinshasa, parti dont est membre ce ministre cité par la population. “C’est ce même ministre qui avait fait nommer ce chef de centre suspendu à la Direction générale des recettes de la province du Kwilu, au poste de Masamuna, en récompense des services rendus lors des élections de 2018 dans ce même centre où il avait été chef de centre. Nous apprendrons plus tard que cet individu suspendu a, après sa suspension, informé son ministre de cette mesure qui le frappait en lui faisant part des informations qu’il avait sur la destination prise par ces cartes d’électeur vierges et sur la personne qui les avait saisies, sollicitant une intervention financière d’urgence afin d’envoyer depuis la cité de Masamuna quelqu’un qui connaissait cet homme et qui avait saisi ce lot de cartes, parti à Kinshasa avec ces cartes, furieux de ne s’être pas retrouvé dans le partage du gâteau”, explicite Tryphon Kin-Kiey Mulumba. Mission de cet envoyé spécial : récupérer ces cartes d’électeurs vierges, les ramener à Masamuna, poursuivre l’opération criminelle. Selon des sources dignes de foi confirmées par divers documents mis à la disposition du PA, pour ce voyage à Kinshasa, une somme de 50.000 francs congolais a été envoyée à travers le réseau téléphonique MPSA par le directeur adjoint de la Direction générale des recettes du Kwilu, un autre membre connu dans la contrée de l’aile de ce parti et proche du ministre.

Arrivé à Kinshasa, selon le chef historique du PA, le jeune Darius Mukika Maba – c’est l’envoyé spécial choisi – est effectivement entré en contact avec les équipes du ministre fraudeur. Le jeune garçon d’à peine trente ans va se rendre dans la commune de Ngaba à la rencontre de l’homme qu’il recherchait. Le jeune de Masamuna a convaincu ce Kinois de se rendre avec lui à la Gombe au domicile du ministre avec ces cartes d’électeurs et là, le Kinois mécontent se reconnaîtrait les droits qu’il réclamait à la base de l’extorsion des cartes d’électeurs qu’il avait voulu mettre en lieu sûr aussi longtemps qu’il n’avait pas perçu son paiement. Arrivés non loin de la place Super Lemba, les deux hommes qui se déplaçaient sur une moto reçoivent un coup de fil des services du ministre leur demandant de ne pas poursuivre leur chemin et de s’arrêter là, à Super Lemba, en mettant les mains en l’air afin d’être reconnus.

Quand, ils le font, six policiers en civil au service du ministre et un autre individu, un avocat de l’équipe du ministre, se jettent sur Darius Mukika Maba accusé d’avoir fait des déclarations sur une radio à Kinshasa alors qu’ils avaient arraché le sac contenant le lot des cartes d’électeurs recherché que portait le Kinois sur son dos, mais celui-ci plus avisé avait réussi à s’éclipser et à disparaître dans la nature.

Le Parti pour l’action alerte la CENI

Ayant documenté toutes ces informations, le Parti pour l’action, par le biais de son secrétaire général, Me Alain Kihanda Tamfumu, au nom du président historique national en mission, vient d’alerter le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans un courrier avec copies aux autorités directement concernées. Il s’agit du courrier daté du 10 février 2023 portant « dénonciation des irrégularités perpétrées dans les opérations d’identification et d’enrôlement en cours, cas de la cité de Masamuna, territoire de Masimanimba, province du Kwilu ». Dans ce courrier, le PA demandait au président de la CENI l’ouverture “d’enquêtes sérieuses” au niveau de la circonscription de Masi-manimba dans le but de «retracer ces faits»; le courrier demandait aussi de savoir si “d’autres cas similaires existent dans la circonscription qui n’auraient pas été révélés”, écrit-il. Le courrier PA demandait à la CENI de communiquer sur la question en vue “d’apaiser la population fortement remontée contre la classe politique”.

Le Parti pour l’action réclamait enfin à la CENI d’« auditionner toutes les personnes impliquées dans cette affaire et d’en établir les responsabilités judiciaires et politiques selon les lois de notre pays». Il y allait «de la crédibilité de ce processus électoral et de notre Congo ». D’autre part, le PA a diligenté une mission d’enquête à la cité de Masamuna conduite par son président national historique et autorité morale accompagné du conseiller politique du parti, Me Bienvenu Bakomba Muzama – afin de requérir des informations et des témoignages directs au sein de la population de Masimanimba.

Kin-Kiey Mulumba lui-même sur le terrain pour enquêter

Par son communiqué n°007/CÉNI/2023 du 14 février 2023, signé quatre jours après la lettre de dénonciation du Parti pour l’action qui lui avait été adressée, la CENI reconnaît « le détournement » de ses matériels. Le communiqué annonçait que la commission électorale « a mis fin aux prestations contractuelles de certains de ses cadres et agents pour atteinte à l’intégrité du processus électoral », sauf que cela se passe à Kinshasa et dans deux provinces de l’ancien Équateur. Le Parti pour l’action attend la suite de ce dossier judiciaire et les réponses de la CDNI. Tryphon Kin-Kiey Mulumba veut savoir comment du matériel sensible appartenant à la seule CENI a pu être détourné sans des complicités internes. “Pourquoi la commission électorale a installé un centre d’inscription clairement fictif dans une ferme qui n’est ni une école, ni un hôpital, ni un centre de santé, comme c’est le principe proclamé par la CENI elle-même”, s’interroge utilement cette formation politique. Le PA souhaite que la CENI dise si la loi autorise le déplacement des matériels électoraux sensibles (cartes d’électeurs vierges, kits électoraux, batteries, etc.) dans une résidence d’un individu pour enrôler des candidats électeurs et quelles sont les heures d’ouverture des bureaux d’inscription et si ces heures vont jusqu’à 4h00’ du matin, comme cela a pu être constaté à Masamuna, pendant des jours et des jours. Après avoir documenté toutes ces informations qui glacent le sang à tout démocrate, le P.A réitère les demandes faites dans son courrier du 10 février 2023 et sollicite que ce dossier soit géré avec célérité par les cours et tribunaux. Afin de tenter de décourager des candidats à ces actions inciviques et criminelles, le parti de Kin-Kiey fait siennes les demandes de « procès publics voire des audiences foraines » formulées par la Mission d’observation électorale CÉNCO-ÉCC. “Ce qui intéresse notre parti plus que jamais, c’est notre dignité, la dignité du Congo, la dignité des Congolais ; c’est notre respect, le respect du Congo, le respect des Congolais ; c’est notre honneur, l’honneur du Congo, l’honneur des Congolais ; c’est notre image, l’image du Congo, l’image des Congolais. Le Congo et les Congolais doivent être fiers de leur pays ; ils doivent être fiers d’eux-mêmes. Mais cela a un prix.”, fin de citation.

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