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Tshisekedi-Kagame, guerre éternelle !

Les deux chefs d’État s’affrontent et s’affronteront encore pendant de très longs mois si les intervenants internationaux ne pèsent pas sur les deux gouvernements dans le sens de l’apaisement et du dénouement. L’hypocrisie rwando-ougandaise ayant heurté toutes les réprimandes internationales, Kigali et Kampala sont entre le marteau et l’enclume. Les deux régimes autoritaires sont appelés à revoir leurs ambitions à la baisse, faute de quoi Kinshasa qui ne jure que par la vengeance militaire sera obligée de faire feu pour retrouver son honneur longtemps désacralisé. Toquer à n’importe quelle porte favorable pour endiguer définitivement la menace d’agression, d’invasion territoriale et de pillage des ressources abondantes dont dispose son sous-sol.

Par Landry Amisi

Anciens amis devenus des pires ennemis, Félix Tshisekedi, le président congolais et Paul Kagame, le président rwandais @Photo Droits tiers.

publié le 3 février 2023 à 05:57:00

Après le raté de Doha au Qatar, il est clair que Félix Tshisekedi ne semble pas sérieusement disposé à rencontrer celui qui occupe arbitrairement une bonne partie de son territoire et dont les troupes armées massacrent impunément sa population. Devant le pape, il a pointé le régime de Paul Kagame qui, à ses yeux, est le cancer de la région. Félix Tshisekedi zappe Paul Kagame étant donné que ce dernier ne cesse de multiplier des actes de déstabilisation non seulement du grand Congo, mais aussi de son régime. Le fils d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba s’arme désormais de beaucoup de fermeté vis-à-vis du bourreau et s’occupe de rassembler toutes les précautions pour défendre sa nation, défendre son peuple et protéger son territoire.

Kagame, la grenouille qui se veut plus grande que le bœuf

La faute est lourde. Pour avoir tenté de jouer “la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf”, Kigali a tout oublié de son pays pour consacrer tous ses plans expansionnistes sur la mastodonte République démocratique du Congo. Paul Kagame n’est pas seul dans cette chimère. Plusieurs États occidentaux l’ont pensé, planifié et testé. La théorie utopique de balkanisation de la RDC a déjà connu cinq échecs. Déjà sous le Maréchal Mobutu, les premières tentatives essuyèrent revers et étouffement. La rébellion muleliste de 1961 à 1964; les guerres du Shaba avec le soutien de l’Angola en 1977 furent matées ainsi que la guerre de 80 jours de mai à juin 1978 entre des séparatistes katangais aidés par le Cuba et l’Angola.

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Cette première vague de déstabilisation de la République démocratique du Congo ne put aboutir en raison de la flamme nationaliste des Congolais allumée par le leadership national de Mobutu. Après tant d’échecs dans l’espace Grand Katanga, les instigateurs du morcellement du Congo vont changer de stratégie. Ils opteront pour l’affaiblissement de la situation sécuritaire dans les provinces du Kivu à partir des pays frontaliers. C’est ainsi que naîtra une dynamique des conflits ethniques au Nord-Kivu. Afdl, RCD, CNDP et M23. Les quatre derniers projets ont été lourdement soutenus par l’Ouganda et plusieurs autres pays voisins couverts de la même hypocrisie régionale. L’échec de l’actuelle guerre du M23 complique toutes les équations aux stratèges occidentaux étant donné que les troupes rwandaises ne font nullement la preuve de la discipline attendue dans les zones occupées. La disgrâce des Occidentaux vis-à-vis de Paul Kagame est grandement alimentée par les bavures des Forces de Défense du Rwanda (RDF) sur les populations congolaises. Comme Mzee Laurent-Désiré Kabila en 1996, Paul Kagame a son propre agenda de la guerre qui ne cadre pas avec la vision des impérialistes occidentaux. Kagame veut profiter de sa puissance pour injecter des peuplades à sa solde sur le territoire congolais et annexer les riches terres congolaises à son État. Tandis que ses parrains ne veulent que des meilleures conditions de pillage des ressources naturelles.

La paix en RDC, c’est le chaos au Rwanda

D’après une tribune de maître Assani Longhe, analyste de la géopolitique de la région des Grands Lacs publiée lundi 23 janvier, le Rwanda construit son développement sur l’insécurité créée en République démocratique du Congo. “Raison pour laquelle, vous trouverez que le tourisme, le réseau de transport des marchandises qui transitent par ce pays, contribuent inlassablement au budget rwandais, acte qui leur constitue un béat”, affirme l’analyste Longhe. La présence du M23, sur une partie du territoire congolais, est une recette du pouvoir de Kigali pour pousser le gouvernement congolais à négocier avec les rebelles et pérenniser ainsi une infiltration au Congo, au nom et pour le compte du Rwanda, écrit-il. Ce que la paix nous rapporte en RDC contre ce que l’insécurité nous fait, le choix est clair. “On a fait plus de 30 ans d’embargo, geste qui nous a constitué un souci majeur dans l’engagement militaire. Heureusement pour nous aujourd’hui, le chef de l’État a levé le verrou de l’embargo”, s’est réjoui Assani Longhe. Pourquoi cette conflagration a perduré chez nous, se demande-t-il. Et de répondre que “c’est parce que la guerre est économique”. Le fait de signer un contrat avec l’Ouganda pour l’asphaltage des routes Kasindi, Bunagana etc., a suscité une réaction rwandaise, au point de faire ressusciter le mouvement terroriste du M23 pour pousser Kinshasa aux arrangements obscurs. Le fait pour le Kenya de se porter garant en premier pour aider la RDC à préserver la coopération bilatérale gagnant-gagnant dans les affaires, avant de faire intervenir la question de l’EAC a courroucé Paul Kagame. C’est ce qui a poussé le Rwanda à créer la diversion en faisant porter à Bertrand Bisimwa (chef politique du M23), une tenue kényane pour vouloir victimiser la force régionale de l’EAC via le Kenya, révèle Assani Longhe. Bref, Kigali, à travers le M23, défie la communauté internationale et la sous-région dont il connaît toutes les faiblesses dans le pourrissement programmé de la République démocratique du Congo.

Le M23 vermoulu de l’intérieur ?

Patrick Ricky Paluku, défenseur des droits humains et coordonnateur provincial du mouvement citoyen “Véranda Mutsanga”, a déclaré que plusieurs éléments du M23-Rwanda ont fait défection de ses rangs et se seraient rendus à la Monusco à Kiwanja le week-end dernier. Ceci justifierait les nouveaux renforts militaires des Forces de Défense du Rwanda (RDF) qui continuent à être déverser vers le volcan Nyamulagira et Bwiza. “C’est la cause d’un échange des tirs la nuit de samedi à ce dimanche entre 23h00 et 00h le dimanche à Kiwanja”, a-t-il annoncé. Deux armes à feu abandonnées par les éléments du M23 (Rwanda) ayant fait défection. Plusieurs habitants contactés par Patrick Ricky Paluku dimanche dernier indiquaient qu’il y a malaise au sein du groupe terroriste M23. Ils seraient divisés en raison du comportement esclavagiste des militaires rwandais qui imposeraient aux ressortissants congolais d’aller se battre aux côtés du M23 pour des objectifs flous et criminels. “Les Congolais pris en otage n’acceptent plus de continuer à se battre dans des conditions qui les exposent à la mort à tout moment avec la résistance populaire dans la région de Rutshuru où les groupes des patriotes résistants s’en prennent aux terroristes du M23-Rwanda par des embuscades chaque jour qui passe et où les militaires rwandais envoyés par Paul Kagamè sont en train d’être massivement tués”, affirme-t-il.

S’agissant des nouveaux renforts du Rwanda venus en appui au M23, une nouvelle brigade a traversé Buhumbu samedi soir et s’est installée vers le volcan Nyamulagira et Kibumba dans l’objectif de tenter un assaut sur la ville de Goma. L’objectif serait d’imposer une négociation avec le régime de Kinshasa. D’autres troupes rwandaises du M23 ont quitté Kiwanja le samedi pour se rendre à Bwiza renforcer leurs positions dans la chefferie Bwito où les groupes des patriotes d’autodéfense résistent à l’ennemi qu’ils (patriotes) ont attaqué vendredi passé vers Kabaruzi, non loin de Bwiza. Cette attaque aurait coûté la vie à plusieurs territoristes du M23-Rwanda et plusieurs munitions emportées.

Le HCR interdit d’envoyer les réfugiés hutus au Rwanda

Kulihoshi Musikami Pecos, chargé des réfugiés et étrangers de l’Ong COJESKI/RDC, Coordination du Nord-Kivu, invite la Monusco, le HCR et la CNR au Nord-Kivu à cesser immédiatement d’envoyer des réfugiés hutus au Rwanda car, ces personnes sont directement expédiées en République démocratique du Congo pour aider Paul Kagame dans sa guerre du M23. Dans une alerte lancée à Goma, Kulihoshi Musikami Pecos informait : “Ce matin encore du lundi 23/01/2023, Esther Safi de la Monusco qui habite ici à Goma a commencé encore sa propagande sur Radio Okapi dans l’émission Ogutahuka qui sensibilise les réfugiés hutus rwandais à rentrer au Rwanda pour se faire recruter par Paul Kagame afin de rejoindre le M23, ceci en complicité avec UNHCR et la CNR”, a-t-il décrié. Les témoignages de certains réfugiés rwandais au Nord-Kivu indiquent que leurs frères rapatriés au Rwanda par le HCR/CNR combattent actuellement dans les rangs du M23 et n’ont aucune possibilité de s’enfuir. Eux et d’autres réfugiés en provenance du Nord-Kivu sont victimes de recrutements forcés pour rejoindre les terroristes du M23, explique-t-il.

L’activiste fait observer que comme le M23 manque d’effectifs, la Monusco, UNHCR, et la CNR s’activent pour envoyer dans la précipitation vers le Rwanda tout réfugié candidat au rapatriement pour se faire former militairement et redéployer en RDC au service criminel. “Depuis septembre 2022, nous avions demandé à la Monusco de mettre fin à cette émission Ogutahuka. L’émission fut, momentanément, stoppée. À notre grand étonnement, ils viennent encore de reprendre ce programme de propagande de Paul Kagame”, s’est étonné Kulihoshi Musikami Pecos. Pour lui et son organisation, la solution aux problèmes des réfugiés hutus rwandais qui sont ciblés par Paul Kagame existe en RDC et cela passe par l’identification de chaque réfugié, l’octroi d’une carte pour réfugié, leur cantonnement et une aide humanitaire adéquate.

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La cheffe de la Monusco a prévenu mardi le Conseil de sécurité de l’ONU sur le risque d’une extension du conflit à l’échelle régionale si les efforts diplomatiques en cours visant à apaiser les tensions et à trouver des solutions politiques durables aux problèmes qui opposent la RDC et le Rwanda, échouent.


Sécurité

Le chef de l’épiscopat congolais, Mgr Marcel Utembi a suggéré l’introduction d’une prière spéciale pour la paix à la fin de chaque messe à partir du deuxième dimanche de carême. L’initiative vise à mobiliser les fidèles dans une démarche de prière et de réflexion au regard de la situation qui prévaut dans l’est du pays.

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