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“20 ans de marche sur les œufs”, Innocent Olenga immortalise sa plume

Pas que sa belle plume, mais aussi sa splendide voix qui nous réveillait chaque matin. Avec son timbre vocal particulier, il officiait les 06h00, 07h00 et 08h00 de la Radio onusienne.

Par Jeanric Umande

Aux côtés de l’auteur, Innocent Olengha, Nicolas LIyanza, le dircab du ministre de la Communication et médias baptise le livre “20 ans de marche sur les œufs” @Photo Ouragan.cd

publié le 24 janvier 2023 à 06:00:00

Grâce à son talent, Olenga s’imposa aux éditions culte. D’ailleurs, c’est sa voix qui annonça aux millions d’auditeurs le 02 juin 2010 aux premières heures, la mort de l’ex-militant des droits de l’homme, Floribert Chebeya. Les médias nationaux et internationaux relayèrent la nouvelle. Un record d’audience. Cette célèbre annonce des titres de son journal parlé est reprise au début du film documentaire “L’affaire Chebeya, un crime d’État ?” du cinéaste belge, Thierry Michel. La séquence (avec la voix d’Olenga), on l’écoutera à jamais parce qu’elle est liée à l’histoire de la marche démocratique du Congo-Kinshasa.

Un livre plein d’anecdotes

« 20 ans de marche sur les œufs. Le parcours de combattant d’un journaliste congolais », publié aux éditions Edilivre en France et porté sur les fonts baptismaux le samedi 23 juillet 2022, à Kinshasa plonge les lecteurs dans la vie du journaliste Innocent Olenga Lumbahee. Ses 27 ans de métier, il les raconte dans 335 pages dans cet ouvrage préfacé par Tshivis Tshivuadi, le secrétaire général de l’Ong Journaliste en Danger (JED). Le livre est un témoignage sur lui-même et sur le métier de journaliste dans son cher pays.

Le titre est aussi évocateur que son contenu accrocheur. Quand on y entre, on ne quitte plus. Les épisodes passionnants s’enchaînent. Olenga relate l’expérience d’un journaliste au parcours atypique. Dans sa peau d’écrivain, il fait revivre aux lecteurs les récits les plus marquants de sa riche carrière. L’auteur retrace de bout en bout son parcours professionnel dans la presse. De la Radiotélévision Kasaï Horizons, en passant par la Radiotélévision Kananga-Malandji, la Radio-télé Amazone, le journal L’Observateur, le journal Le Sapeur-pompier, la Radiotélévision Digital Congo et enfin la renommée Radio Okapi. Professionnel tout craché, Olenga a vécu des beaux, mais surtout des pires moments de sa carrière. Des brimades, arrestations et intimidations, il les a subies et vécues dans sa chair. Mais jamais, il n’a cédé. Sa force de caractère est inégalée. Il l’a rappelé à haute voix. Ce livre est un “souvenir qu’il lègue aux chercheurs sur la défense et la promotion de la liberté de la presse”, aux passionnés de la lecture pour un plus de savoir sur l’exercice du métier de journaliste en République démocratique du Congo, “mais surtout aux jeunes et futurs journalistes qui embrasseront ce métier qui m’a pris presque la moitié de ma vie, à la date de la dernière touche de sa rédaction”.

Un vrai téméraire

De la recension de cet ouvrage faite par le brillant Bienvenu Bakumanya ex-responsable du bureau local de l’Agence France-presse à Kinshasa, actuellement DG de l’Agence congolaise de presse (ACP), on retient que devant les faits, cet ancien de l’IFASIC n’édulcore rien. À son passage à la KHRT à Kananga, il a eu un courage exceptionnel d’annoncer la relégation de feu Étienne Tshisekedi à Mupompa, son village natal. Pareil courage, il fallait être d’une autre planète, pas vraiment du Congo de Kabila père. Des zélés du régime ont envoyé des malabars le happer au studio. En pleine animation d’une émission de détente musicale, Olenga fut sorti du local ceinturé comme un malfrat. A la question lui demandée sur les motivations de la diffusion de cette sensible information, le journaliste botta en touche. En réalité, il sait que la première sécurité d’un journaliste, c’est d’abord lui-même. Il sait mesurer le risque dans des pays à démocratie expérimentale. Lui-même le dit. Le journaliste a l’obligation de s’éviter la foudre pour ne pas partir en martyr de lorsque la société a encore besoin de lui. Intelligent devant ses bourreaux, il s’en sortira indemne. Nulle part après la fouille, par les éléments de la police, le papier sur l’info de Mumpopa n’a été repéré. Toujours prudent et expérimenté, il avait pris soin de le subtiliser avant.

Autre exemple de ce professionnel au courage exceptionnel, c’est son toupet de proposer, défendre et diffuser sur les antennes de la Radio Okapi contre la ligne éditoriale tacite des Nations unies, une information contredisant Mary Robinson (première femme présidente d’Irlande 1990 -1997, Haute commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de 1997 à 2002), l’ancienne envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, sur un rapport documenté des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en RDC. Il l’a jugé tronqué. Personne à la radio, même l’ancien directeur Amadou Ba, n’avait eu cette audace de s’avancer sur ce terrain rocailleux qui pouvait lui attirer les ennuis. Mais tenace, lui l’a fait.

À Kampala, ses deux sons de cloche

Envoyé spécial de Radio Okapi dans la capitale ougandaise lors des négociations gouvernement – M23 ayant abouti à la signature de l’accord cadre d’Addis-Abeba dont la rébellion pro-rwandaise exhume les revendications aujourd’hui, il était le rare, si pas le seul journaliste congolais présent à donner la parole aux rebelles en version croisée avec les délégués du pouvoir. Il l’a fait au nom de l’équilibre de l’information. Mais, c’était à ses risques et périls parce que le chef des renseignements de l’époque, Kalev Mutond n’épargnait aucun journaliste qui tançait le régime même ceux de la Radio Okapi. Pour preuve, il ordonnait parfois la coupure du signal de Radio Okapi bien que parrainée par l’ONU. Olenga ironise dans son récit que “la très célèbre Radio Okapi, présentée comme bien des Nations unies, donc intouchable, a connu des durs moments jusqu’à voir son signal brouillé ou coupé. Il fallait être à l’intérieur de la structure, pour vivre et sentir les pressions exercées par l’ancien patron Kalev Mutond de l’Agence nationale des renseignements sur cette radio, pour s’en rendre compte”. Bref, tous ces exemples démontrent que par sa témérité de fois mesurée, dans son souci de vouloir mieux informer, l’auteur inspire de modèle aujourd’hui aux jeunes journalistes.

Un livre qui inspire

Très impressionné par la richesse de cette œuvre d’esprit, le professeur Emmanuel Kabongo, a, au nom du préfacier, attiré l’attention des jeunes journalistes congolais sur la nécessité d’écrire des ouvrages sur eux-mêmes et sur leur métier. Il a rappelé que “toutes les anecdotes évoquées, les différents récits peuvent aider les jeunes journalistes congolais à ne pas céder à la facilité et/ou aux intimidations”. Même parole répétée par Me Nico Lianza, le directeur de cabinet du ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya qui a baptisé le livre. Son message a été une simple interpellation. “Que l’écriture ne reste plus derrière les rédactions, que l’écriture soit la voie de l’expression, de la compétence. Que ce livre nous enseigne encore davantage”. Lors du vernissage de son premier bébé “20 ans de marche sur les œufs. Parcours d’un journaliste congolais”, l’auteur a annoncé déjà un deuxième livre en chantier. Il s’agit de « RDC : Tous les “i” sont-ils chez nous ? ».

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