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Un plan de défense robuste qui inquiète terroristes et agresseurs

Le docteur Gilbert Kabanda Kurhenga, ministre de la Défense nationale et anciens combattants a signé une sortie médiatique historique en présentant à la nation, aux côtés de son collègue de la Communication et médias, Patrick Muyaya, un document synthèse de la politique de défense de la République démocratique du Congo. Une brochure de 32 pages qui va des réalités contextuelles de la défense nationale aux stratégies de mise en œuvre en passant par les fondements légaux et réglementaires de la politique de défense à ses objectifs et options fondamentales logistiques et administratives. Une véritable révolution militaire dont l’ambition est de bâtir une puissance au cœur du continent africain.

Par Jeanric Umande

Gilbert Kadanda, le ministre de la Défense et son collègue de la Communication et médias, Patrick Muyaya présentant le document de politique de la Défense nationale @Photo Droits tiers

publié le 29 décembre 2022 à 10:39:00

Les agresseurs et terroristes qui écument la République démocratique du Congo auraient très mal accueilli la nouvelle politique de défense rendue publique mardi à Kinshasa. Un dispositif de défense suffisamment dissuasif qui marque une rupture avec les failles organisationnelles et stratégiques des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). D’après le ministre de la Défense qui faisait l’économie du document de politique de défense devant la presse aux côtés de son collègue, Patrick Muyaya Katembwe de la Communication et médias, “de 1960 à ce jour, la République démocratique du Congo ne s’est pas dotée d’une défense à la hauteur à la fois de son statut naturel de puissance africaine et de sa vulnérabilité multiforme qui en est le corollaire”. Le document de politique de défense établit les piliers majeurs sur lesquels sera ensuite défini et bâti le tronc organisationnel et fonctionnel de l’armée congolaise.

Revoir l’arsenal juridique de défense

Les lois et textes réglementaires actuels de la défense et des Forces armées devront être revus en conséquence, formule le ministre Kabanda Kurhenga. Dans cette perspective, les passerelles entre la défense militaire et la défense civile (services de sécurité et diplomatie) devront être clairement définies en vue d’une défense globale performante. Le ministre a fait savoir que la mise en œuvre de la politique de défense devra se faire dans un cadre logique des 6 fonctions stratégiques classiques qui sont : la connaissance, la prévention, l’anticipation, la dissuasion, la protection et l’intervention. Six fonctions qui devront être mises en œuvre chaque fois dans leurs deux volets. “Le volet défense militaire (Forces armées) et le volet défense civile (Police nationale, DGM, ANR, DGDA et Diplomatie)”. Kabanda Kurhenga qui a passé quinze ans comme fonctionnaire à l’Etat-major général des FARDC a évoqué des passerelles fonctionnelles permanentes formelles qui devront être établies entre la défense militaire et la défense civile à inscrire dans une programmation budgétaire dénommée Loi de programmation militaire (LPM).

Une programmation militaire financièrement alimentée

L’objectif est de minimiser les risques d’improvisation et les aléas dans la mise en œuvre de la politique de défense, en vue de maximiser ses performances. “La programmation militaire sera financièrement alimentée”, a annoncé le ministre de la Défense qui en a étalé les différentes rubriques. La quote-part Défense du budget général de l’Etat ; un compte d’affectation spéciale à la Défense défini dans la loi de finances et les recettes de l’industrie de Défense.

Qui veut la paix prépare la guerre

Face aux agressions aussi bien internes qu’externes, il faut impérativement appliquer, au propre comme au figuré, l’adage latin de « Quis vult pacem para bellum, (Qui veut la paix prépare la guerre) ». Préparer valablement la guerre dans un pays sous-continent avec toutes ses caractéristiques et implications géostratégiques et socio-économiques exige l’observance de quelques conditions essentielles. Il s’agit de chefs militaires nantis d’une éthique et d’une déontologie professionnelles élevées et couplées à une bonne formation technique et scientifique militaire ; de troupes bien formées, entrainées et en nombre suffisant ; une logistique et des finances à la hauteur de l’opération ; une opération civilo-militaire (alliance armée-peuple) permanente et bien conduite ; une défense civile performante et une bonne diplomatie de défense techniquement animée par des officiers maitrisant à la fois les langues française et anglaise ainsi que l’informatique.

Contrer les menaces sur 10.307 km de frontières solides

Pour contrer les menaces et assurer la défense, il faut préalablement définir les objectifs nationaux et internationaux à défendre ainsi que les grandes options fondamentales sur lesquels reposeront ensuite l’organisation et le fonctionnement du système de défense. Les objectifs nationaux frontaliers tournent autour de la dissuasion externe sur toutes les neuf (9) frontières solides et d’une (1) frontière liquide. “Les 9 frontières solides totalisent une longueur de 10.307 kilomètres répartis comme suit : Angola 2.511 Km, Zambie 2.140 Km, RCA 1.577Km, République du Congo 1.544 Km, Ouganda 817Km, Soudan du Sud 787 Km, Tanzanie 498Km, Burundi 220 Km et Rwanda 213 Km tandis que la frontière liquide couvre 40 Km le long de l’océan atlantique”, a révélé le ministre congolais de la Défense. Et d’ajouter que la géographie infrastructurelle de la République démontre que la plupart des grandes villes et donc les épicentres socio- économiques de la RDC sont bâties sur les frontières à moins de 100 Km des pays voisins respectifs : Kinshasa, Matadi, Muanda, Boma, Lubumbashi, Bukavu, Goma, Beni, Kalemie, etc.

Surveiller les amitiés, risques et menaces vis-à-vis des voisins

Pour le ministre de la Défense, “les amitiés, les risques et les menaces liés à chaque frontière devront constituer une conduite de défense à définir dans le temps et dans l’espace. Des forces de défense et/ou de sécurité devront être déployées à chaque frontière selon le degré de risque, de menace ou de défense requis”, a-t-il indiqué. Dans ce contexte, les risques, menaces et agressions à ces 10 frontières devront être pris en charge par un dispositif conséquent et mixte de défense militaire et de défense civile, dissuasif et/ou offensif.

Faire face aux rébellions internes

Selon le document de politique de défense, les espaces intérieurs susceptibles de menaces provenant de forces ennemies intérieures pouvant entrainer rébellions, sécessions ou conflits communautaires doivent être contenues principalement par la dissuasion interne. “Toutes les tendances sécessionnistes ou séparatistes ou des rébellions ou encore des conflits communautaires se manifestent sporadiquement dans certains espaces intérieurs de la République ainsi que les groupes armés, florissants principalement dans l’Est et tendant à émerger au Sud et à l’Ouest de la République, appellent à des structures spécifiques de défenses militaire et/ou civile adaptées à chaque contexte”, a-t-il affirmé.

Sécuriser les sites miniers et les installations stratégiques

Certains sites miniers et installations stratégiques nécessitent une sécurisation ou une défense armée robuste spécifique en plus de la défense civile. La nouvelle politique de défense prévoit également que les parcs nationaux soient protégés contre les braconniers internes mais aussi contre les braconniers étrangers pour les parcs nationaux frontaliers avec les pays voisins.

Protéger la population contre les catastrophes naturelles

Le même document souligne que la population doit être protégée contre les effets des catastrophes majeures. La RDC étant un « pays à catastrophes » (connaissant au moins une catastrophe majeure par mois), des unités militaires du génie, de la santé et de l’aviation devront être créées et spécialisées dans les secours à la population, qui est fréquemment frappée par des calamités diverses (éruptions volcaniques, tremblements de terre, effondrements de galeries minières souterraines, catastrophes ferroviaires, routières, aériennes, fluviales et lacustres, inondations, etc.)”.

Lutter contre la cyberguerre et la cybercriminalité

La défense congolaise sera préparée à mettre en place un système informatique national à l’abri de la cyberguerre et de la cybercriminalité par un dispositif de défense multisectoriel. Dans la diplomatie de défense, la RDC est appelée à faire émerger son leadership sous-régional et régional notamment par la participation aux opérations de maintien de la paix dans le cadre de l’ONU et des organisations sous-régionales (CEEAC, SADC, CPGL, EAC) et aux opérations humanitaires. Une diplomatie de défense dynamique avec un volet robuste de dissuasion et de coopération militaire avec les 9 pays frontaliers et contre la piraterie maritime.

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