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Tshisekedi et Kagame s’égratignent

Les deux présidents congolais et rwandais ont choisi le même jour et le même lieu symbolique dans leurs pays respectifs pour parler chacun de l’autre. Aux sièges de leurs Parlements nationaux, Paul Kagame et Félix Tshisekedi se sont adressés, l’un à ses députés nationaux et l’autre à la représentation nationale de la jeunesse de son pays.

Par Jeanric Umande

Félix Tshisekedi, le président congolais et Paul Kagame, le président rwandais à couteaux tirés @Photo Droits tiers

publié le 2 décembre 2022 à 07:33:00

Un mercredi très politique en République démocratique du Congo et en République du Rwanda. Si Paul Kagame a choisi de s’adresser à la nation rwandaise à travers la représentation nationale de son pays, Félix Tshisekedi lui, a réuni les structures les plus représentatives de la jeunesse de la République démocratique du Congo afin de les mobiliser contre l’agression rwandaise et de la préparer à une relève utile dans la gouvernance de demain.

Tshisekedi arme sa jeunesse d’un sens élevé de patriotisme

À l’initiative du Conseil national de la jeunesse, le président de la République démocratique du Congo s’est adressé à la jeunesse congolaise le mercredi dans la salle de congrès du Palais du Peuple à Kinshasa. “Le président de la République face à la Jeunesse”, tel était le thème retenu pour cette activité organisée le 30 novembre 2022 et qui a connu un engouement hors du commun. On y a noté la présence de plusieurs jeunes leaders d’opinion venus de toutes les 26 provinces. Occasion pour Félix Tshisekedi de remobiliser sa jeunesse, lui inculquer les notions de patriotisme et la préparer à assumer les charges de la gouvernance de l’État dans l’avenir. “J’aimerais que lorsque je ne serai plus à ce poste, que vous puissiez noter que nous avons apporté un changement palpable à notre pays”, a-t-il déclaré devant des milliers de jeunes attentifs et surexcités de communier avec le garant de la nation congolaise.

Pour Tshisekedi, “la jeunesse est, et a toujours été la première ressource, si ce n’est la force motrice de toute action posée dans la vie d’une nation”, a-t-il rappelé. Il a expliqué que “notre jeunesse a toujours été à la manœuvre des grands changements qui ont marqué notre histoire politique”. De la lutte contre la colonisation à la dérive dictatoriale post-coloniale ou à la deuxième guerre d’agression menée par le RCD-Goma en 1998, cette jeunesse a toujours su défendre, au prix de grands sacrifices, les idéaux de liberté, d’égalité des nations ainsi que de notre quête pour plus de démocratie, dira-t-il. “Aujourd’hui, encore, cette même jeunesse porte haut l’étendard de notre chère nation dans les différents théâtres des opérations qui opposent nos vaillantes forces de défense et de sécurité aux ennemis de la paix, de la stabilité et de la prospérité”, a martelé Félix Tshisekedi. Visiblement, le président congolais a voulu mobiliser la jeunesse de son pays face au danger de la balkanisation pilotée par le Rwanda de Paul Kagame. C’est avec la jeunesse que Tshisekedi veut résister à l’agression, faire face à la guerre et triompher de la déstabilisation de son pays.

Kagame plaintif et alarmant

Le même jour et au même lieu, cette-fois à Kigali, capitale de la République rwandaise, le président Paul Kagame réunissait, pour sa part, tous les élus nationaux. Pour leur expliquer finalement pourquoi et comment il s’est introduit dans la guerre en République démocratique du Congo. Malheureusement, Kagame n’a pas tout dit à son peuple, préférant plutôt lancer des piques à son homologue Félix Tshisekedi. Kagame a donné l’impression de connaître une saison d’évaluation politique. Mercredi à la cérémonie de prestation de serment de deux ministres nouvellement nommés par lui, le président rwandais a affirmé que “la paix pour la RDC est la paix pour le Rwanda”. Paul Kagame qui a toujours véhiculé l’image de belliciste, a finalement fait remarquer que son pays est “intéressé par un voisin stable”. “Nous ne créons pas de terrain de conflit, pas du tout. Nous sommes intéressés à construire et à construire jusqu’à ce que nous soyons là où nous voulons être”, a-t-il affirmé.

Pour lui, le Rwanda n’a aucun désir de faire la guerre parce que, rappelle-t-il, il y a goûté et sait à quel point c’est mauvais et coûteux, et ne devrait donc pas être celui qui crie à la guerre. “Nous savons ce que signifie la guerre. Si vous cherchez quelqu’un qui s’y connait, n’hésitez pas à me contacter”, a-t-il insinué. Paul Kagame est revenu sur sa chanson fétiche, les FDLR.

Kagame se mêle un peu trop de la RDC

Le président rwandais ne s’est pas empêché d’aborder de manière brute la question de la sécurité dans l’Est de la RDC. Une problématique qu’il alimente à dessein et qu’il a fini par internationaliser à partir des richesses que lui et ses alliés puisent au pays de Félix Tshisekedi.
“Le problème doit être abordé dans le bon contexte. Il y a plus de 120 groupes armés en RDC. Le problème ne peut pas être seulement le soi-disant M23. La Monusco est déployée en RDC pour faire face à la situation depuis plus de 20 ans. Il n’y a pas un seul jour où ces forces de l’ONU ont combattu les FDLR, mais elles ont été si désireuses de combattre le M23”, a indiqué Paul Kagame. Pourtant, le même chef de l’État ferme toutes les portes à un dialogue interwandais avec les FDLR. Devant le Parlement de son pays, il a consacré son speech à la situation de la RDC. Kagame s’est encore expliqué jusqu’à verser dans le débordement verbal. “On peut trouver une solution à ce problème. Un pays va organiser les élections l’année prochaine et il essaie de créer les conditions d’une force majeure pour que les élections ne se tiennent pas. Comme nous le savons, il n’a pas gagné la dernière élection [présidentielle], que ce frère cherche d’autres excuses de postposer les élections, mais pas nous”, a-t-il taquiné son homologue Félix Tshisekedi. Décidément, le plus grand problème de Paul Kagame devient avant tout la personne de Félix Tshisekedi.

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