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Washington peut-il se “dékagamiser” face au conflit rwando-congolais ?

La voix de Washington a commencé à retentir de manière très audible en République démocratique du Congo. Pour la première fois depuis l’intensification des combats entre les deux pays, la RDC et le Rwanda, Washington a haussé le ton demandant à Kigali notamment de cesser tout soutien aux rebelles du M23. Si en 2012, le Rwanda n’avait obéi qu’à l’appel de Barack Obama pour ordonner à son contingent chargé de la déstabilisation de la RDC de quitter la ville de Goma, les Congolais continuent de compter sur l’influence des États-Unis d’Amérique pour faire taire les armes en République démocratique du Congo.

Par Jeanric Umande

Le président américain, Joe Biden et son homologue rwandais, Paul Kagame dont le pays a été sérieusement sermonné par les États-Unis pour son soutien aux terroristes du M23 @Photo Droits tiers

publié le 7 novembre 2022 à 21:54:25

Le communiqué historique est celui du département d’État américain publié le 31 octobre 2022 demandant la cessation immédiate des hostilités et le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans le territoire de Rutshuru. “Les États-Unis appellent à la cessation immédiate des hostilités et au respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire”, avait-on lu dans cette communication tardive mais responsable de la plus grande puissance mondiale. Car, en RDC, il est établi dans la compréhension du commun des mortels que c’est Washington qui entête Paul Kagame. Non seulement que les USA apportent une aide financière directe aux Forces de Défense du Rwanda (RDF). Depuis 28 ans, Washington soutient solidement Kigali sans jamais évaluer son comportement belliqueux et déstabilisateur dans la région des Grands lacs.

L’année dernière, en 2021, les États-Unis ont octroyé 147 millions de dollars d’aide au Rwanda, et projetteraient d’accorder au même État 145 millions pour 2023. Ce qui a irrité raisonnement le sénateur Robert Menendez en s’opposant très farouchement à une aide de plusieurs millions de dollars destinée aux casques bleus rwandais, craignant qu’un soutien à l’armée rwandaise, accusée de soutenir la rébellion du M23 dans l’Est du Congo, ne laisse entendre que les États-Unis approuvent et soutiennent la déstabilisation régionale. Ces dernières années, Kigali a multiplié des conflits politiques et frontaliers avec Kampala, Bujumbura et Kinshasa. Les deux premiers pays semblent avoir harmonisé avec Paul Kagame depuis quelques mois pour participer au méga concert de désintégration de la RDC. C’est donc à la satisfaction générale que Washington a pris cette position de fermeté en faveur de la paix dans les Grands lacs. “Nous appelons le groupe armé M23 sanctionné par les États-Unis et l’ONU à se retirer de ses positions, à désarmer et à rejoindre le dialogue intercongolais (processus de Nairobi) en préparation du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration communautaire offerts par le gouvernement de la RDC”, a déclaré le département d’État.

Washington condamne le M23

Les États-Unis condamnent fermement la reprise des combats par le groupe armé dit Mouvement du 23 mars (M23) en République démocratique du Congo (RDC), ajoute le communiqué. Pour la première puissance mondiale, “la reprise des hostilités depuis le 20 octobre a causé d’importantes souffrances humaines, notamment des morts et blessés parmi les civils et un nombre important de personnes nouvellement déplacées”. Les Américains appellent tous les acteurs de la région à “cesser tout soutien ou coopération avec le M23 ou d’autres groupes armés non étatiques. Nous restons profondément alarmés par l’augmentation des discours de haine et appelons à mettre un terme à la rhétorique violente”, a-t-il indiqué. L’administration Biden va plus loin en réitérant que l’implication dans la planification, la direction, le parrainage ou la conduite d’attaques contre les Casques bleus de l’ONU constitue une base pour la désignation de sanctions conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Des mots qui n’ont certainement pas plu à Kigali. Washington fonde de l’espoir pour le dialogue entre les parties engagées dans le conflit. “Nous appelons à une reprise immédiate du processus de Nairobi et du processus de médiation trilatérale de Luanda pour trouver une solution durable. Tous les États parties de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) doivent respecter les principes convenus lors du Conclave des chefs d’État d’Afrique de l’Est et du processus de médiation de Luanda”, affirme le gouvernement des États-Unis d’Amérique.

Éternel rebelle, Kagame ne lâchera jamais la RDC

Depuis qu’il avait participé à la prise du pouvoir à Kampala par Yoweri Kaguta Museveni en 1986, Paul Kagame a évolué comme un maquisard. Arrivé au pouvoir à Kigali en 1994, Kagame travaille à l’exportation des troubles vers la République démocratique du Congo. Malgré le soutien à l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), le président rwandais rêve encore de s’éterniser avec kalachnikov à la main. Pourtant, des soldats congolais et rwandais sont morts pendant les différentes batailles successives du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie), le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), le M23 (1) et M23 (2) actuellement, Paul Kagame nourrit toujours le goût de la violence et de la guerre. Or, d’après des experts militaires, “Kigali n’a jamais gagné une guerre en RDC. Il s’appuie toujours sur trois choses : la corruption des officiers congolais engagés au front, la victimisation liée au génocide rwandais et la très mauvaise publicité du Congo”. Depuis le génocide rwandais, Kigali est suffisamment armée et Kinshasa très sciemment frappée d’embargo. “L’opération Pomme Orange a été la première vraie victoire de notre armée sur l’armée Rwandaise”, a déclaré un haut fonctionnaire du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication. Depuis 2013, Kigali n’avait plus jamais osé attaquer ouvertement l’armée congolaise, affirme la même source. Pour ce haut conseiller de l’audiovisuel congolais, “la résurgence des M23/RDF procède de la stratégie d’usure et de pas feutrés du Rwanda pour arriver à réaliser son rêve : contrôler une partie du territoire congolais et maintenir la prédation et la violence pour servir son économie”. Car, dit-il, le Rwanda ne peut survivre économiquement sans la prédation actuelle et la fraude qu’il exerce sur les richesses de l’Est du Congo avec la bénédiction de ses mentors et clients occidentaux qui lui garantissent armes et impunité.

Kigali n’a jamais osé attaquer, ni faire une guerre classique aux FARDC

Cette armée congolaise est classée tout de même 11ème en Afrique, malgré ses difficultés actuelles de commandement et de moyens. Kigali avance toujours masquée depuis l’AFDL et ses avatars (les innombrables RCD), en passant par le CNDP, M23-1, M23-2, Androïds, Ngumino Twirigwaneho, MDC-Renové et autres groupuscules comme les Nyatura, alliés des FDLR que Kigali vient de recruter pour combattre les FARDC, explique-t-il. Pour ce haut cadre originaire de l’Est de la RDC, “Kigali a toujours utilisé des proxy, soi-disant congolais pour atteindre son but et il agite très bien l’épouvantail de son génocide depuis 30 ans pour émouvoir le monde sur ce qu’il appelle des minorités ethniques en danger imaginaire menacées d’extermination en vue de maintenir la belligérance et la violence permanente dans l’Est du Congo. C’est après que les Congolais ont compris ce jeu sempiternel de scisciparité des pseudos rebellions pro-rwandaises sous le prétexte de “protection des minorités et de retour des réfugiés” ainsi que la stratégie de “Fight and Talk, Talk and fight” avec des dialogues et négociations où ce sont les mêmes revendications qui revenaient (De Lusaka à Addis-Abeba, de Bruxelles à Libreville, de Sun-City à Luanda et Entebbe, de Nairobi à Goma, de Kampala à Nairobi etc, on compte 26 accords), qu’au retour à la table des négociations de Kampala en 2012, l’ex-président Kabila (à l’époque) décida de stopper le cycle des négociations inutiles et utilisa la force, rappelle-t-il. “Il obtint le soutien de ses alliés de la SADC et malgré les manœuvres dilatoires des Nations unies qui exigèrent le commandement de la FIB, la Brigade internationale d’intervention, les commandos du colonel Mamadou Ndala, formés par les Belges à Kindu et Kisangani , sous le commandement de feu général Bauma et la supervision du général Didier Etumba, frappèrent les soldats rwandais du M23 et mirent un terme à cette aventure militaire de Kigali”, révèle-t-il.

La “Déclaration de Nairobi” en 2013 vint sceller le démantèlement définitif des M23 qui devenait très officiellement un mouvement politique.

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