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Mukwege pour déjouer le plan de Kagame

A l’heure de briser les interdits politiques, certaines lourdeurs bloquent encore la machine de la cohésion nationale. Les égos, les rancoeurs, les frustrations et les distances entre acteurs majeurs de la République. Félix Tshisekedi a lancé un appel patriotique qui doit avant tout mobiliser ses adversaires, challengers et ennemis politiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Contexte qui place Denis Mukwege en position d’oiseau rare, seul capable de secouer tectoniquement l’univers de Paul Kagame.

Par Landry Amisi

Denis Mukwege, prix Nobel de la paix et médecin directeur de l’hôpital de Panzi @Photo Droits tiers

publié le 7 novembre 2022 à 16:44:21

L’appel de Félix Tshisekedi a bel et bien été entendu. Seul problème, plusieurs obstacles se dressent devant le président de la République dans ses propres influences personnelles et politiques. Tshisekedi s’est annoncé candidat à sa propre succession, mettant systématiquement tous les autres prétendants au poste de la magistrature suprême dans une contenance d’adversité. La prolifération des candidatures à la présidentielle de 2023 est la conséquence de cette annonce précocement inopportune lorsqu’il est constitutionnellement établi que “le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois” (article 70 de la Constitution). Ce qui suppose que le chef de l’État n’avait pas vraiment besoin de s’auto-annoncer en candidature dès lors que la Constitution l’y fonde de plein droit. Qu’à cela ne tienne, une dizaine de candidats se bousculent déjà au portillon du Palais de la Nation. Tous ou presque de la grande opposition politique congolaise. Martin Fayulu Madidi, Moïse Katumbi Chapwe, Augustin Matata Ponyo, Adolphe Muzito Mfumu MPa, Frank Diongo Shamba, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, Charles Mushizi Mugagga etc. Pourraient s’ajouter à la liste Denis Mukwege, Seth Kikuni, Delly Sesanga, Gabriel Mokia Mandembo et tant d’autres. Autant de candidats qui se placent en challengers éventuels de Félix Tshisekedi et devraient saisir l’appel de l’actuel président de la République pour affronter dans la cohésion, l’agression rwandaise.

Frustrations et distances entre leaders politiques et sociaux

Le régime Tshisekedi n’aura pas la tâche facile dans le programme de rassemblement lancé par le président de la République. Plusieurs reproches sont attribués principalement au parti présidentiel (l’UDPS) qui aurait conçu son pouvoir dans une logique égocentrique aux tendances fondamentalement exclusionistes. Certains opposants se surprennent de constater que les acteurs au pouvoir vilipendent à longueur de journée tous ceux qui ne partagent pas leur vision de la République. Et tant d’autres observations évoquées quotidiennement dans les différents cercles politiques. S’ajoutent à ces épiphénomènes le fléau dévastateur du tribalisme qui charcute toutes les fibres de la réconciliation nationale. C’est dans cet écosystème politique que Félix Tshisekedi est appelé à tanguer pour construire un seul esprit, un seul bloc, un seul objectif, une seule force et une seule nation.

Denis Mukwege, la plus grande machine à broyer Kagame

A bien considérer les tapis rouges lui déroulés très continuellement dans les plus grandes capitales occidentales, Denis Mukwege est la voix qui porte et qui compte pour faire fléchir les multinationales rangées derrière les injustices, les violations intempestives de droit de l’homme et les agressions terroristes rwandaises en République démocratique du Congo. Ceux qui lisent l’orgueil de Paul Kagame se convainquent utilement de ses accointances très prononcées avec les acteurs et les institutions qui gouvernent le monde. “Il se trouve que Mukwege sait où frapper, qui téléphoner et où aller pour obtenir la fin de la guerre en République démocratique du Congo”, a confié un chercheur congolais basé en Belgique. C’est d’ailleurs ce qui justifierait l’acharnement de Paul Kagame contre la personne du Nobel, un homme qu’il juge trop introduit dans les institutions internationales. “Si Kagame se tape la poitrine pour son système de défense et sa logistique de guerre, c’est parce qu’il avait tout fait pour affaiblir militairement la RDC en imposant un mécanisme de surveillance sur toutes les acquisitions de matériels militaire à destination de la RDC”, explique un expert militaire diplômé du Collège des Hautes études de stratégie et de sécurité de Kinshasa. Dans cet environnement fortement miné par les soutiens de Paul Kagame, seuls Denis Mukwege et l’ex-président Joseph Kabila peuvent très efficacement booster la stratégie de défense nationale.

Tshisekedi et Mukwege pour isoler Paul Kagame

A 65 ans et plus de 38 ans d’activisme militaire, Paul Kagame donne actuellement ses derniers coachings à son pays. Il a eu des succès mais aussi des revers. Si Kagame a réussi à maîtriser un pays post-génocide, il a surtout péché en cherchant à se faire plus grand que la RDC. C’est là qu’il a induit le monde en erreur. “Vouloir à tout prix tirer le prestige de sa prospérité politique sur le dos de la République démocratique du Congo aura été la plus grosse plongée historique de son règne”, analyse un journaliste indépendant de Kinshasa. Dans sa tribune publiée le dimanche 30 octobre 2022 axée sur la situation sécuritaire dans l’Est et la mobilisation du peuple derrière le président de la République pour la défense de l’intégrité territoriale, le chercheur et politologue congolais Freddy Mulumba Kabuayi précisait que “l’opinion doit savoir que ce qui se passe sur le terrain au Nord-Kivu à l’instant est une lutte pour la deuxième indépendance pour le contrôle de nos richesses”, disait-il.

A l’en croire, le recul que subit les FARDC sur le terrain face au M23 est consécutif à la traîtrise et au sabotage de certains officiers de l’armée, proches du Rwanda contre la nouvelle mise en place de commandement opérée par le président Félix Tshisekedi. “Leur plan a lamentablement échoué. Surtout l’histoire de 1998 montée par le Rwanda derrière le RCD pour la déstabilisation du pays sous Mzee ne se répétera jamais dans notre pays. Le peuple est avec le chef de l’État car il est des rares qui visent que les intérêts de l’État. Kagame et son régime doivent retenir une fois pour toute que le monde a basculé, il n’a qu’à lire les signes des temps pour comprendre que c’est déjà fini pour lui”, avait-il insisté. Au vu des éléments de terrain, deux lobbying restent à déclencher : un lobbying accéléré pour stopper le soutien intense des multinationales au gouvernement de Kigali et le deuxième qui devrait symboliquement mobiliser les forces vives de la Nation. Dans les deux cas, Félix Tshisekedi devrait compter sur Denis Mukwege pour couper Paul Kagame de ses fournisseurs d’armes et d’argent. Car pour une fois, les deux leaders convergent d’objectif sur la nécessité de stabiliser la RdCongo.

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