Le Direct
Radio

Invasion de la RDC, Félix Tshisekedi seul contre tous

Depuis 1994, la RDC est en proie à une multiplicité de crises : insécurité chronique, instabilité institutionnelle, invasions récurrentes des pays voisins, pillage systématique des ressources naturelles, destruction du tissu économique, prolifération des groupes armés, guerres à répétition, déplacement des populations, etc. Avec ce tableau très sombre, le président Tshisekedi doit se battre seul contre cette crise multidimensionnelle.

Par Gaby Kuba Bekanga

Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo toujours en première ligne contre l’agression rwandaise @Photo Droits tiers

publié le 25 novembre 2022 à 09:27:12

La tragédie du Congo a comme conséquence, 15 millions de morts. Aucune guerre depuis 1945 n’a fait autant de victimes. C’est dans un contexte de chaos que Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir en 2018. Attendu comme le Messie, le nouveau président issu de l’alternance démocratique (élections) devrait apporter des solutions aux problèmes des Congolais. Aucun délai de grâce, aucune excuse, aucune clémence ne lui ont été accordés. Félix Tshisekedi le savait.

Ayant fait un long parcours (37 ans) dans l’opposition avant d’accéder à la magistrature suprême, Fatshi a été souvent virulent vis-à-vis de ses prédécesseurs concernant la gouvernance du pays. Il a donc hérité de plusieurs défis dont les plus importants sont l’intégrité et la sécurité du pays.

Tshisekedi seul contre tous

Le président a prêté serment pour défendre l’intégrité territoriale, l’unité et la souveraineté du pays. Il est le garant de la nation selon la Constitution. De ce fait, on attend de lui des réponses idoines à tous les problèmes. Cependant, il n’est pas un “magicien”, disait le Maréchal Mobutu. La construction d’un Etat exige la conjonction des efforts de chacun et non l’œuvre d’un deus ex machina. La RDC fait face à une sérieuse menace d’implosion. Son existence en tant qu’Etat-nation ne tient que sur le fil du rasoir à cause de sa fragilité. Sa position géostratégique, ses innombrables richesses mais aussi son atypique organisation suscitent les convoitises du monde entier. Pour déjouer cette menace, il faut de l’intelligence associée à la conscience avec des hommes dévoués.

Fatshi a haussé le ton et donné le go pour sauver la patrie; mais, est-il suivi ?

Le président est-il ce Jean-Baptiste qui crie dans le désert ? Des conflits latents existent entre la RDC et les neuf pays limitrophes. En agressant la RDC maintes fois, le Rwanda a toujours donné l’exemple aux autres. Il a une visée expansionniste. Son objectif ultime : occuper la RDC. Pourtant, il n’est pas si grand et n’a pas de moyens pour envahir le Congo. Le Rwanda n’est qu’un cheval de Troie de grandes puissances. Il est un pays de transit des forces déstabilisatrices du Congo. Il mène la guerre par procuration. Un sous-traitant qui bénéficie de l’aumône de la virtuelle communauté internationale. Le Rwanda est un miroir aux alouettes.

Face à l’humiliation de la RDC, tous les regards sont rivés sur Tshisekedi. Le chef de l’Etat est sur plusieurs fronts. Au-delà de la guerre du M23, une force d’occupation téléguidée par le Rwanda et l’Ouganda, le président avait déjà des insomnies quant à la présence des FDLR, des ADF et des Mbororo sur le sol congolais. A cela s’ajoutent de nombreuses milices locales. Ainsi, Tshisekedi doit-il se battre contre les commanditaires invisibles de la guerre dont les multinationales encouragées et soutenues par les Etats car, ce sont elles qui créent la prospérité. Il doit se battre contre les sous-traitants (pays voisins) chargés de l’éclatement du Congo. Le président doit se battre contre les forces négatives chargées de la mise en œuvre du chaos.

Derrière le vocable communauté internationale, se nichent des puissances obscures. La RDC en est d’ailleurs membre, alors qu’elle est combattue et doit se battre seule. Tshisekedi dénonce l’agression dont la RDC est victime. Il a même lancé un appel à la mobilisation générale pour défendre la patrie. Mais quel degré d’adhésion des Congolais à la cause commune ? L’appel à la mobilisation n’est pas une opportunité mais un engagement patriotique. La défense de la patrie passe avant les revendications manducatoires.

L’exclusion de la mangeoire engendre des frustrations

La situation de la RDC est une équation à plusieurs inconnues. Pendant que le président de la République se bat pour rétablir la paix, il doit gérer des frustrations des aigris. Dans un pays où la politique est devenue la voie la plus sûre d’enrichissement, les dernières ordonnances du président Tshisekedi portant nomination des mandataires, ont fait des remous. N’ayant pas accédé à la mangeoire, bien de militants de son propre parti politique- l’UDPS et ceux de l’Union sacrée sont mécontents. Ils accusent leurs leaders d’avoir monnayé et trafiqué des postes. Sans être associé à la gestion du parti, Fatshi fait face à une opposition originelle et devrait répondre aux aigris. Là encore, un autre front dont il faut limiter la fissure et recoller les morceaux.

Pendant que l’existence de l’Etat-nation est gravement menacée, le premier mandat de Tshisekedi tend à sa fin. Du coup, l’opposition politique réclame les élections dans le délai constitutionnel. On est devant un dilemme : Faut-il des moyens conséquents pour l’organisation des élections ou des moyens colossaux pour la reconquête de la souveraineté et de l’intégrité du pays ?

Par ailleurs, la situation socio-économique n’est guère reluisante à cause de la guerre qui absorbe l’essentiel des revenus de l’Etat. Cela ouvre un autre front appelé grogne sociale. Le président doit trouver des solutions.

Heureusement, le gouvernement tient encore le coup. En définitive, le président Tshisekedi se bat sur tous les fronts. Il n’est certes pas un cavalier solitaire mais, il est le porte-étendard du pays. Il se bat pour la sécurité, la souveraineté et l’intégrité du pays. Il se démène pour la prospérité économique. Il se bat pour l’organisation des élections. Il se bat contre la balkanisation de la RDC. Il se bat contre l’occupation, le pillage des ressources naturelles, les envahisseurs, les traîtres, les prédateurs, la corruption, la pauvreté.

Ne jamais compter sur les autres

Le drame du Congo concerne les Congolais. Il est illusoire de croire que la solution à la tragédie au Congo viendra de la communauté internationale. Les grandes puissances, les multinationales et les pays sous-traitants sont tous membres de cette communauté. La tragédie a lieu au Congo sous le regard complice de la communauté internationale. Même « l’allié stratégique » de la RDC ne veut pas blâmer les agresseurs. Les principaux acteurs du chaos sont des puissances étrangères. Conclusion : Celui qui ne soutient pas la RDC est contre la RDC. L’indifférence est une complicité. Laurent-Désiré Kabila avait raison de dire que la RDC était « victime d’un complot international ».

Au lieu de laisser un seul homme se battre contre tous, président de la République soit-il, tous les Congolais doivent se battre contre leurs ennemis. Le pays vaut plus que des individualités. Au lieu que Félix Tshisekedi soit seul contre tous, il faut que tous les Congolais se battent contre les conspirateurs. Tous contre tous et non seul contre tous. C’est le sens de l’appel à la mobilisation contre la guerre. Rien n’attendre des négociations entre l’agresseur rwandais et la RDC. Tout est question des rapports de force. Rien n’attendre d’une quelconque force multinationale. La sûreté d’un Etat est une question nationale et non régionale ou internationale. Il faut changer d’approches.

Nos tags

Politique
Ceni
Expo Dubaï
Femme
Élection
GUERRE

Le procès de quatre des accusés de l’attentat jihadiste de la ville balnéaire de Grand-Bassam en 2016, le premier commis en Côte d’Ivoire, qui avait fait 19 morts civils dont des ressortissants européens, s’est ouvert mercredi à Abidjan.


Appel d'offres

Maintenance des splits des sites d’Equity BCDC de l’Est, du Nord et du Centre


offres d'emploi

logo

2022© Ouragan.cd Tous droits réservés.

Ouragan cd




2022© Ouragan.cd Tous droits réservés.