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Drame de Melilla : Madrid persiste et signe après une nouvelle enquête de médias

Attaqué de toutes parts, le ministre de l’Intérieur espagnol a réaffirmé une nouvelle fois mercredi devant les députés qu’il n’y avait eu “aucun” mort du côté espagnol de la frontière avec le Maroc lorsqu’au moins 23 migrants ont péri en tentant de pénétrer en juin dans l’enclave de Melilla.

Par AFP avec Ouragan

Des policiers anti-émeutes bouclent la zone après l’arrivée de migrants sur le sol espagnol et traversant les clôtures séparant l’enclave espagnole de Melilla du Maroc à Melilla, en Espagne, le 24 juin 2022. Le Premier ministre espagnol le lundi 27 juin 2022, défendu la façon dont les policiers marocains et espagnols ont repoussé les migrants la semaine précédente alors qu’ils tentaient de traverser la frontière commune vers l’enclave nord-africaine de Melilla, décrivant la tentative au cours de laquelle au moins 23 personnes sont mortes comme “une attaque contre les frontières de l’Espagne” @AP Photo/Javier Bernardo

publié le 30 novembre 2022 à 17:20:59

Cette deuxième comparution du ministre devant le Parlement, à la demande de plusieurs groupes parlementaires, intervient au lendemain de la publication d’une enquête de plusieurs médias européens, dont le quotidien espagnol El Pais, indiquant au contraire qu’il y a eu au moins un mort du côté de la frontière contrôlé par l’Espagne.

“Je l’ai déjà dit et je le répète de nouveau: nous parlons de faits tragiques qui ont lieu en dehors de notre pays. Il n’y a eu aucune perte de vie humaine sur notre territoire national”, a déclaré, sur un ton offensif, Fernando Grande-Marlaska, en accusant l’opposition de “mensonges”.

“Cette tragédie n’aurait jamais dû se produire” mais elle a pour “origine une tentative violente d’entrer dans notre pays”, a poursuivi le ministre.

“Je peux avoir de l’empathie pour les causes” ayant poussé ces personnes à vouloir émigrer en Europe comme “les guerres (…) mais cela ne justifie pas l’attaque violente des frontières d’un pays”, a-t-il encore dit en défendant de nouveau la réponse “proportionnelle” des forces de l’ordre.

Une enquête publiée mardi, notamment par El Pais et le quotidien français Le Monde, montre des images d’un migrant sur le sol du côté espagnol du poste-frontière. Un membre des forces de l’ordre marocaines prend son pouls et assure qu’il est mort. Un autre migrant, qui était à ses côtés, a confirmé sa mort, selon cette enquête.

La BBC avait déjà évoqué le 1er novembre, dans un documentaire pointant la violence des forces de l’ordre marocaines et questionnant l’action des gardes civils espagnols, une vidéo montrant “au moins un mort sur le sol de l’entrée” du poste-frontière séparant le Maroc de la petite enclave espagnole “et “d’autres corps sans vie sortis de là par les forces de sécurité marocaines”.

La chaîne britannique avait alors indiqué avoir eu la confirmation par les autorités espagnoles que cette zone était “sous leur contrôle”. Le ministère espagnol de l’Intérieur avait dénoncé des “accusations” formulées “sans aucune preuve”.

– “Lâche” –

Sur la sellette depuis ce drame, M. Marlaska est appelé à démissionner par l’opposition de droite mais aussi par certains alliés habituels du gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, dont il est l’un des poids-lourds.

Le traitant de lâche, Ana Vazquez, députée du Parti Populaire (droite), l’a accusé mercredi de prendre “les Espagnols pour des imbéciles”.

“Vous avez essayé depuis le début de nous cacher la vérité avec vos manœuvres crasses” mais “nous savons maintenant qu’il y a eu au moins un migrant mort en territoire espagnol”, a-t-elle affirmé.

“M. Marlaska, vous êtes encore ministre car les personnes mortes sont noires et pauvres. Si elles avaient été blanches, vous ne seriez plus ministre, j’en suis absolument certaine”, a lancé pour sa part Maria Carvalho du parti indépendantiste catalan ERC, soutien habituel du gouvernement au Parlement.

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