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2023 : les raisons de douter

Face à un déficit de confiance des acteurs politiques et de larges franges du peuple congolais, la CENI s’essouffle sans aucune visibilité populaire. Aucun plan de financement du processus électoral présenté, une logistique opérationnelle trébuchante et déficitaire et une crise politique qui se cristallise autour d’elle. Le calendrier Kadima est tombé telle une météorite étant donné que personne n’en cerne avec clarté, les garanties de mise en œuvre.

Par Jeanric Umande

Denis Kadima, le président contesté de la commission électorale nationale indépendante @Photo Droits tiers

publié le 29 novembre 2022 à 07:44:00

L’équipe Kadima a raté son rendez-vous avec le peuple congolais. L’administration électorale aura passé tout son temps enfermée, cloisonnée et monologuant tout en multipliant des indices d’inexpérience avant de se réveiller dans la précipitation. Certes, le calendrier était très attendu. Acteurs politiques et activistes de la société civile s’en préoccupaient. Malheureusement, sa publication vient renforcer l’incertitude quant à la tenue effective des élections en 2023.

D’après de nombreux experts, la CENI a péché par vice de procédure en amont de la grande annonce du calendrier. Elle n’a pas suffisamment préparé la nation congolaise sur les réponses pertinentes aux contraintes dudit calendrier. Car, un calendrier sans garantie de mise en œuvre est une paperasse qui ne rassure personne, eu égard au financement du processus électoral en cours. Il s’agit également des garanties logistiques claires et visibles. Si l’équipe Nangaa avait bénéficié de la logistique des Forces armées de la RDC (FARDC) avec des centaines de camions transporteurs des kits notamment mis à sa disposition par le gouvernement congolais, rien de concret ne s’annonce chez Denis Kadima. Les questions sécuritaires et les arriérés législatifs que la CENI semble minimiser constituent tout autant des obstacles non négligeables dans la conduite du processus électoral.

Un calendrier dictatorial et irréaliste

L’élaboration d’un calendrier électoral devrait obéir à une méthodologie de quête de plus de consensualiste du processus électoral en amont. Pour une CENI manchote installée en toute rébellion constitutionnelle, elle se devait de prendre des précautions raffinées dans l’étoffement du principal outil de son action. Le calendrier étant pris comme le gouvernail du cycle électoral complet. Dans son élaboration, l’expérience renseigne que l’administration électorale devrait consulter toutes les parties prenantes au processus électoral. Partis politiques de gauche comme de droite, société civile proche du pouvoir ou non et les différentes institutions impliquées dans l’opérationnalisation des élections. Discuter, partager sa vision et promettre aux uns et aux autres un outil à même de construire la confiance et régenter un consensus autour du processus électoral. “Ils nous ont invité le mercredi pour nous informer qu’ils prévoyaient de publier le calendrier électoral le samedi. Il y a un problème de transparence”, a réagi un mandataire de parti politique à l’issue d’une réunion de concertation avec le leadership de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Denis Kadima a raté toute la phase préparatoire censée offrir des piliers de confiance au calendrier électoral. Dans ces conditions, la CENI opère comme une dictature électorale qui ne tient compte ni des partis politiques, ni de la société civile moins encore des forces vives de la nation.

Un calendrier électoral à sens unique

L’équipe Kadima croit qu’avec le seul soutien de l’Union sacrée, elle ferait triompher sa manigance. Croyant coincer l’opposition et l’ensemble de la société civile, la Centrale électorale plante dangereusement les germes d’un conflit post-électoral âpre et étouffant, a alerté un proche de Martin Fayulu. Dans ce décor, la CENI actuelle risque d’être pire que celle dirigée jadis par Corneille Nangaa. Or, l’Union sacrée de la nation elle-même connaît de profondes dissensions internes, si l’on en croit les dernières déclarations du secrétaire général de l’UDPS. La CENI Kadima est en train de passer de sa posture d’une institution imposée à celle d’une administration électorale qui impose tout. Le calendrier électoral du 26 novembre 2022 souffrira de manque d’adhérents étant entendu qu’il ne se place ni au milieu du village, ni à la disposition de toutes les sensibilités sociopolitiques de la République démocratique du Congo.

Absence d’un plan de financement des élections

Le calendrier Kadima qui souligne officiellement le retard dans le décaissement des fonds électoraux et le souci de l’autonomie de gestion par la CENI, lance à la nation un message de détresse. Ce qui laisse présager un blocage des opérations électorales dans le futur avec conséquence de faire glisser très professionnellement ledit calendrier. Pour un autre opposant contacté par Ouragan.cd, “ce calendrier est une distraction politique pour tenter de tendre le piège de son rejet par l’opposition. Ils savent qu’ils ne seront jamais capables de l’exécuter car la feuille de route elle-même a été régulièrement violée par la CENI”. Un avis qui force l’incertitude d’un lendemain électoral rassurant en République démocratique du Congo.

Crise politique et guerre du M23

Jusqu’à présent, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) esquive les acteurs politiques les plus importants. Si elle a rencontré certaines formations politiques de la majorité et celles qui ne s’opposent pas vraiment à sa nature illégitime et à son action de faible impact populaire, elle a mis toutes ses énergies à contribution pour se dérober du débat électoral avec les candidats présidents de la République. Ayant utilisé la Commission d’intégrité et de médiation électorale (Cime) pour tenter d’arracher un avis favorable à Martin Fayulu, la délégation a été rabrouée et traitée avec rudesse au quartier général de l’Écidé. La mission de ces confessions religieuses fut stoppée nette sans expliquer à la nation quels en seraient les véritables bénéfices dans l’avancement du processus électoral. La CENI actuelle demeure grippée d’une crise de confiance sévère. Presque tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2023 lui tournent strictement le dos. Martin Fayulu, Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund, Adolphe Muzito, Frank Diongo, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Denis Mukwege, Lisanga Bonganga et les autres ne cessent d’exiger le renouvellement des animateurs de la centrale électorale pour susciter un début de confiance vis-à-vis de cette institution d’appui à la démocratie. D’autre part, la guerre qui embrase les provinces de l’est de la République démocratique du Congo n’offre pas du tout toutes les chances de bon déroulement des élections. L’enjeu ayant trait à l’identification et enrôlement des électeurs est déjà boudé par plusieurs acteurs congolais. Non seulement la cartographie des centres d’inscription des électeurs n’inspire aucune confiance chez les politiciens, mais aussi les mouvements incessants des populations sont susceptibles d’ouvrir la voie à l’infiltration d’étrangers dont l’ambition demeure de contrôler le système de gouvernance de la République démocratique du Congo.

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