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Fripouillerie, Vidiye veut régler des comptes à ses faux partenaires d’affaires

Il regrette d’être trempé dans une affaire scandaleuse qui a fini par l’emporter. Dans sa lettre adressée vendredi au président de la République pour lui annoncer sa démission, le conseiller stratégique rappelle que “suite au scandale suscité par l’article orienté de l’OCCRP, daté de ce jeudi 15 septembre 2022, je me vois dans l’obligation éthique de vous présenter ma démission de la fonction de conseiller spécial du chef de l’État”.

Par Landry Amisi

Le conseiller stratégique du chef de l’État, Vidiye Tshimanga éclaboussé par un scandale de rétrocommission a démissionné vendredi de son poste @Photo Droits tiers

publié le 16 septembre 2022 à 20:27:03

Tshimanga explique qu’il va se consacrer désormais à faire la lumière sur les commanditaires de ce montage grossier dont “nous détenons un enregistrement qui contredit le sens qu’ils ont voulu donner à mes propos sortis de leur contexte”. A haute voix, l’ancien président du DCMP assure au président Félix Tshisekedi qu’en aucun cas, il n’a cessé de défendre sa vision quant à la lutte contre la corruption ainsi que les antivaleurs qui ont longtemps gangrené le pays. En jetant l’éponge, le démissionnaire dit espérer servir toujours son pays et son peuple aux côtés du président Félix Tshisekedi avec conviction, dévouement et loyauté. “Je vous remercie de la confiance que vous avez placée en moi”, a-t-il conclu à la fin de sa correspondance.

Aussitôt que l’affaire a éclaté au grand jour, Félix Tshisekedi a rappelé ses troupes à l’ordre

Le communiqué du directeur de la cellule de communication présidentielle a désapprouvé tout comportement désobligeant, cas de la vidéo de l’ex-conseiller stratégique Vidiye Tshimanga en circulation sur les réseaux sociaux. Félix Tshisekedi ne sera pas complaisant vis-à-vis de toute personne qui enfreindra la loi et les règlements fonctionnels du cabinet présidentiel. Conséquence, l’incriminé a rendu le tablier.

La nouvelle fait scandale. Une affaire de retrocommission dans un contexte suspectement de trafic d’influence et dabus de pouvoir. Vidiye Tshimanga a été pris la main dans le sac, discutant d’une rétrocession financière illégale avec des faux investisseurs. Le spécial du chef en matière stratégique, a été piégé par un homme et une femme qui prétendaient travailler pour un conglomérat basé à Hongkong en Chine. Ces faux investisseurs en mines ont pris soin de filmer, en cachette, toutes leurs rencontres avec Vidiye Tshimanga. Le conseiller se serait livré à des incantations d’excès de pouvoir dont il jouirait aux côtés de Félix Tshisekedi. Ce qui trouble le bon sens du cabinet présidentiel. D’après Erick Nyindu Kibambe, directeur de la Cellule de communication du chef de l’État, “toute personne, y compris au sein du cabinet du président de la République, dont le comportement avéré aura enfreint la loi, la déontologie de sa fonction ou le règlement d’ordre intérieur du cabinet présidentiel, subira la rigueur de leurs effets”, précise son communiqué rendu public vendredi. L’attrape-nigaud a été tendu à Vidiye Tshimanga en juillet dernier notamment par le consortium d’investigation OCCRP, spécialisé dans la lutte contre la corruption.

Deux personnes ont donc été choisies pour jouer le rôle d’investisseurs imaginaires. Vidiye Tshimanga qui a échangé à trois reprises à Londres, dont deux fois en présentiel, avec ces interlocuteurs, a dit offrir aux intéressés “un accès aux mines du pays, en contrepartie d’une retrocommission”. Les deux agents de la duperie d’affaires qui prétendent s’intéresser aux mines de la RDC, voulaient d’abord en savoir un peu plus sur les relations que Tshimanga entretient avec Félix Tshisekedi. Y répondant, le stratège a exhibé sa proximité avec le président de la République. “Moi, c’est le président. Le président ne fait pas les affaires directement Si je demande [au président] quelque chose, il donne”, avait-il répondu avec toute assurance dans un anglais insoupçonnable.

Le toupet débordant de VT : Affaires, influence et pourcentage

Les propositions faramineuses de l’ancien conseiller stratégique du chef de l’État à ses interlocuteurs de créer avec eux une société à une participation déguisée par des prête-noms et des montages offshores opaques, étaient trop osées. Il parle clairement de pourcentage au cas où il s’engageait dans une affaire avec les prétendus investisseurs. “Si nous faisons des affaires ensemble, je prendrai mon pourcentage de l’investissement et je gagnerai de l’argent”, se permet-il “jusqu’à affirmer qu’il usera de son influence pour obtenir des licences d’exploitation minière, protéger leur investissement contre les fonctionnaires indiscrets… avant de promettre d’agir pour le compte du chef de l’État”.

Tshimanga est allé beaucoup trop loin avec ses affirmations pour avoir, dit-il, “financé la campagne électorale de Félix Tshisekedi”. Officialisant sa combine, le spécial de Tshisekedi a avoué coordonner une cabale qui protégerait les magouilleurs. “Nous avons différentes façons de faire. La société ne sera pas en mon nom, car je suis un PEP [politically exposed person, ndlr]. Nous avons des trusts qui sont sur l’île Maurice, nous avons différentes façons de le faire. Mais généralement, nous mettons les noms des personnes que nous contrôlons dans le pays. Mais c’est nous qui dirigeons. […] Je suis toujours derrière”, s’est-il encore permis. Lors de leur première rencontre, Vidiye Tshimanga avait proposé à la fausse firme de s’associer à sa société congolaise COBAMIN. Pour rendre le projet un peu plus alléchant, il a détaillé un accord conclu entre sa société et Ivanhoé Mines. “Avec Ivanhoe, ils ont 80%, j’en ai 20. Mes 20% sont divisés en deux, donc vous avez 10%, c’est COBAMIN, ma société. Les autres 10%, parce que dans la loi minière, vous avez l’obligation d’avoir une personne congolaise [dans la société]… [Cette] personne congolaise est quelqu’un que nous avons choisi”, a-t-il ostensiblement révélé.

Dans sa perdition affairiste, Vidiye Tshimanga s’est bombé la poitrine en affirmant avoir d’autres partenaires et que l’un d’eux lui aurait même promis un hélicoptère pour l’emmener de Londres à Paris afin de discuter d’une concession et aurait promis d’injecter la bagatelle de “200 millions”.

Vidiye vomi par Félix Tshisekedi

Face à l’étendue du scandale, le cabinet du chef de l’État a tenu à rappeler à l’opinion publique que la lutte contre la corruption est un des piliers de l’action du président de la République, Félix Tshisekedi, depuis son accession à la tête du pays en janvier 2019. “La création de l’Agence nationale de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), la réhabilitation de l’Inspection générale des finances (IGF), la redynamisation de la Cour des comptes ainsi que le processus de désignation de l’administration publique en sont les preuves tangibles”, souligne Érick Nyindu Kibambe, le patron de la presse présidentielle. La défense de l’intérêt général, le respect strict de la loi et la promotion de l’état de droit sont au cœur de la vision du président Tshisekedi pour édifier une justice sociale profitable à tous les Congolais.

“Le chef de l’État a constamment fait montre de fermeté pour combattre ce fléau qui a appauvri notre pays depuis des décennies”, poursuit le communicateur de Félix Tshisekedi. Cela ne se fera qu’au prix de l’exigence d’exemplarité de la part de chaque congolais, à commencer par ceux qui dirigent le pays, souligne-t-il.

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